La pandémie a coûté 4M$ à Saguenay.
La pandémie a coûté 4M$ à Saguenay.

La COVID-19 a déjà coûté 4M$ à Saguenay

Stéphane Bouchard
Stéphane Bouchard
Le Quotidien
La première vague de COVID-19 aura coûté un peu plus de 4M$ à Saguenay, principalement en raison de l’annulation complète de la saison des bateaux de croisières et par la baisse du nombre de contraventions remises par les policiers.

Le président de la Commission des finances et conseiller municipal de Saguenay, Michel Potvin, n’a pas été étonné par l’ampleur de la facture, qui fait état des pertes jusqu’au 31 août.

«Ce n’est pas une surprise. On savait que les policiers allaient être plus sollicités. Durant deux mois, ils ne pouvaient pas donner d’amendes et de pénalités. Il y a eu deux mois au début de la pandémie où ils n’ont rien donné à personne. On voulait laisser respirer le monde», explique-t-il, à propos de ce manque à gagner de 2M$.

De grosses pertes proviennent aussi de l’absence de bateaux de croisière, qui transportent des milliers de touristes qui visitent la région. Cette saison touristique qui n’a pas eu lieu a fait un trou d’environ 536 000$ dans les poches de Saguenay.

Le secteur immobilier, qui a tourné au ralenti tout le printemps, a entraîné une baisse de revenus de 500 000 $ en droit de mutation, indique un document préparé de la Ville.

Malgré tout, Saguenay est financièrement prête pour affronter la deuxième vague de COVID-19, selon M. Potvin. La Ville pourra présenter un budget équilibré en 2020, croit-il.

«On avait les réserves nécessaires pour l’année 2020. Et on a tout ce qu’il faut pour l’année 2021 aussi», précise celui qui est aussi président de Promotion Saguenay.

Mais l’an prochain comporte quand même son lot d’incertitudes. Le poids financier du coronavirus pourrait faire mal aux commerçants de la plus grande ville de la région.

«L’élément sur lequel on se questionne le plus, c’est les faillites. Il n’y en a pas eu encore beaucoup en 2020 et il n’y en aura probablement pas beaucoup. Tout le monde a payé ses taxes, mais on sait que les hôtels sont en difficulté, les bars, les restaurants vont fermer [lundi], le commerce au détail en général est en difficulté», prévoit M. Potvin, précisant que Saguenay reçoit 51 M$ en taxes du secteur commercial chaque année.

Saguenay a en sa possession des fonds qui proviennent de Québec, 11 M$, qui pourraient servir à éponger d’éventuelles pertes «si jamais une catastrophe arrive».

Les contribuables de Saguenay ne doivent donc pas s’attendre à une hausse de taxes élevée en décembre.

Un enjeu électoral

Cette reddition de comptes arrive pendant que les élus de Saguenay sont en train de préparer le prochain budget de la municipalité. Si Michel Potvin se veut rassurant sur la santé financière de la Ville, il anticipe avec quelques inquiétudes les années qui suivront la prochaine élection.

«On voit la tangente. Les remboursements des capitaux et des intérêts des dettes augmentent. Le début des échéances commence en 2022, 2023. Il va y avoir des questions à se poser.»

Cet enjeu, croit Michel Potvin, devra être central lors de la prochaine campagne électorale municipale.

«Les conseillers ont eu une présentation de ce qui s’en venait pour les années futures. Ceux qui vont faire campagne, il va falloir qu’ils se positionnent là-dessus», affirme M. Potvin.

Retour des huis clos

Par ailleurs, il est à noter que les prochaines séances du conseil municipal et des arrondissements seront tenues à huis clos. L’augmentation du nombre de cas de COVID-19 dans la région force Saguenay à refermer les portes de l’hôtel de ville.

Les conseillers participeront aux séances par visioconférence, comme c’était le cas pendant les premiers mois de la pandémie. Les citoyens pourront y assister sur le Web et devront transmettre leurs questions par écrit à l’adresse suivante: greffe@ville.saguenay.qc.ca.

La séance du conseil municipal du 2 novembre est la première touchée par ce changement.