Le chef Carl Murray pose en compagnie de la gagnante de la Coupe des chefs, Catherine Gagné.

La Coupe des chefs à Catherine

Fait cocasse, vendredi soir, à la première édition de la Coupe des chefs. Catherine Gagné, qui n’est pas chef dans la « vraie vie », a remporté les grands honneurs devant le cuisinier Luc Duchesne, du Bistro JM. Quatre cent cinquante personnes étaient réunies, vendredi soir, au Restaurant du Moulin au Village historique de Val-Jalbert afin de participer à cet événement culinaire inusité. Un rendez-vous unique puisque la saison estivale débute officiellement aujourd’hui.

Les nombreux convives présents avaient la lourde tâche de noter chacune des créations des deux finalistes de cette compétition.

Lors de leur arrivée en cuisine, vendredi midi, les deux vedettes du duel ont pris connaissance des aliments avec lesquels ils devaient travailler. Ils ont brodé leurs menus autour d’un osso buco de la Charcuterie LF, de bacon de dos et de boudin de la Boucherie Charcuterie Perron, de saumon du Nouveau-Brunswick et de pétoncles des Îles de la Madeleine. À ces éléments obligatoires s’ajoutent la poudre de camerise, la bière de la microbrasserie Beemer, les produits du Domaine Le Cageot, des épices boréales et des champignons du Lac-Saint-Jean.

Lors du premier plat, les deux participants ont créé un tartare avec le saumon imposé. Catherine Gagné a offert une version au gingembre, aneth et mayonnaise épicée alors que Luc Duchesne a inclus le citron et la courgette à sa préparation. Le boudin a été travaillé de deux façons bien différentes par les chefs. La finaliste l’a servi en mousse aux épices boréales tandis que l’autre finaliste a présenté le boudin sous une forme de beignet accompagné d’un ceviche de pétoncle. Enfin, l’osso buco était accompagné d’une sauce aux bleuets, poivre des dunes et zeste de citron par l’équipe de Catherine Gagné. Du côté de l’équipe de Luc Duchesne, la pièce de viande s’est retrouvée sur un risotto au lait de caille.

Les finalistes, aidés par une dizaine de personnes, avaient accès à un garde-manger constitué de produits régionaux. La débrouillardise était au rendez-vous alors que les chefs devaient élaborer les trois services sans perdre de temps. Loin de leurs repères, leur environnement de travail et leurs outils, les concurrents ont mis leur ingéniosité à l’avant-plan. Les quelques heures de préparation ne se sont pas déroulées sans découragement. Heureusement, les solutions étaient au rendez-vous. 

Rien n’a été laissé au hasard lors de cet affrontement. Les tests de goûts furent nombreux. Les questionnements et propositions de l’équipe étaient également les bienvenues. Tout était pensé, même la couleur du chou et la taille de celui-ci. Et pourtant, il ne s’agissait que d’une garniture.

En pleine compétition, le finaliste Luc Duchesne a confirmé l’intensité du concept. « C’est rushant. Nous ne sommes pas chez nous. C’est déboussolant. Heureusement, nous sommes bien entourés. Au final, c’est une belle expérience pour les jeunes. »

Quant aux ingrédients imposés, Luc Duchesne assure être meilleur dans ce contexte. Le stress était quasi inexistant pour lui. Catherine Gagné, quant à elle, est du même avis quant à l’intensité. Elle a ressenti un certain stress devant les ingrédients imposés, surtout le boudin. 

Critères d’évaluation

Les trois créations de Catherine Gagné et Luc Duchesne ont été évaluées selon des critères bien précis. Les juges d’un soir ont attribué des points selon la présentation visuelle, la cuisson des aliments, l’utilisation des produits, le goût et l’originalité. 

Catherine Gagné et Luc Duchesne sont les finalistes de la première Coupe des chefs.
La finaliste a préparé une mayonnaise épicée pour son tartare au saumon.

Des chefs d'ici jugés par des gens d'ici

Le chef cuisinier Carl Murray ne compte plus les compétitions culinaires auxquelles il a participé au fil de sa longue carrière. Ces rendez-vous avec les plus grands chefs du monde se sont déroulés, derrière les fourneaux, un peu partout sur la planète.

Le propriétaire du Bistro JM de Roberval s’est rendu en Allemagne, en France et aux États-Unis dans le but de se mesurer à ses pairs. Peu importe où il se rendait, les concours étaient, en grande majorité, jugés par de réels juges. 

C’est ainsi que l’idée lui est venue de créer une compétition jugée par le public. « À l’époque, lorsque je compétitionnais, j’aurais aimé ça que les notes soient données par monsieur et madame Tout-le-Monde. Avec cette compétition qui se déroule à Roberval, je voulais des gens d’ici », explique le créateur de la Coupe des chefs. 

Au cours des derniers mois, plusieurs chefs de la région ont participé au concours culinaire. Deux chefs s’affrontaient dans un duel culinaire devant public. Les participants devaient concocter un menu trois services avec des produits régionaux mystères. Semaine après semaine, près de 70 personnes se retrouvaient au Bistro JM afin de goûter et juger le travail des participants. 

Le chef Murray ne cache pas que le recrutement a été difficile pour cette première édition. Quelques chefs ne croyaient pas tellement au concept ou étaient occupés par leur propre travail.

Le rendez-vous culinaire qui s’est déroulé sur quelques mois fut l’occasion pour le chef de remplir les 66 places de son restaurant. Un pari réussi puisque les jeudis soirs ont affiché complet pendant plusieurs semaines. Carl Murray affirme qu’environ 50 clients habitués du concours étaient de retour semaine après semaine. La compétition culinaire fut l’occasion de découvrir plusieurs nouveaux visages. Le chef est d’avis que certains clients sont impressionnés par la cuisine ouverte.

À l’approche de la grande finale, Carl Murray s’est retrouvé devant un beau gros problème. Trop de gens souhaitaient y assister. Le bouche-à-oreille a fait son effet. Ainsi, le duel s’est déroulé devant 450 personnes lors de la finale qui avait lieu au Restaurant du Moulin à Val-Jalbert, où il est le chef cuisinier.

En pleine finale de la première édition, le créateur Carl Murray a confirmé au Progrès que la Coupe des chefs sera de retour pour une deuxième édition.

Le Chef Carl Murray a eu l’idée de créer ce concours afin de remplir son resto.

Ingrédients obligatoires

Osso bucco de la Charcuterie LF

Bacon de dos et de boudin de la Boucherie Charcuterie Perron

Saumon du Nouveau-Brunswick

Pétoncles des Îles de la Madeleine 

Épices boréales et champignons du Lac-Saint-Jean

Lait de caille

Luc Duchesne du Bistro JM prépare un tartare de saumon aromatisé au citron.