La ministre Andrée Laforest, accompagnée de son collègue à l’Agriculture André Lamontagne, prend la photo officielle avec le président de l’UPA, Mario Théberge, le président du conseil de Nutrinor, Dominic Perron et le préfet de la MRC du Domaine-du-Roy Yannick Baillargeon.
La ministre Andrée Laforest, accompagnée de son collègue à l’Agriculture André Lamontagne, prend la photo officielle avec le président de l’UPA, Mario Théberge, le président du conseil de Nutrinor, Dominic Perron et le préfet de la MRC du Domaine-du-Roy Yannick Baillargeon.

La coopérative de travailleurs agricoles voit le jour

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Le président de l’UPA du Saguenay-Saint-Jean, Mario Théberge, a finalement eu la confirmation pour la réalisation de son projet de coopérative de travailleurs agricoles avec une aide financière de 202 500 $ annoncée par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), André Lamontagne.

Le titulaire du MAPAQ était en tournée dans la région mardi. Il a procédé à une série d’annonces concernant des projets spécifiques au secteur agricole, qui fait face à des défis de taille. Le projet de coopérative de travailleurs est en chantier depuis quelques années et l’aide financière provenant du ministère de l’Économie et de l’Innovation et du MAPAQ donnera le coup d’envoi à sa mise en place.

Pendant son allocution, André Lamontagne a fait le lien entre le projet de la coopérative parrainé par l’UPA et l’annonce, la semaine dernière, d’une aide financière de 400 000 $ pour doter chaque région du Québec d’un «travailleur de rang» dont le rôle serait d’apporter une aide psychologique aux agriculteurs vivant des moments difficiles. Le projet de coopérative vise à créer une banque de candidats qui seront en mesure de prendre la relève du propriétaire de la ferme quand ce dernier devra s’absenter pour différentes raisons.

«Ça ne se voit pas toujours du chemin quand ça ne va pas bien dans une ferme. C’est pas juste quand l’étable passe au feu qu’un agriculteur a des problèmes. Moi-même, il m’est arrivé dans le passé de retarder un traitement médical puisque je n’avais personne pour me remplacer. Non pas que l’ouvrier agricole n’est pas important, mais la banque de travailleurs que nous allons créer concerne surtout des personnes qui détiennent une expertise ou une formation qui leur permettra de prendre la relève à la direction de la ferme pendant que l’agriculteur est absent», a indiqué M. Théberge. 

La coopérative compte en ce moment 30 membres dans la région. Le président de l’UPA est convaincu qu’avec la publicité entourant le financement du projet, d’autres agriculteurs vont vouloir joindre ses rangs afin de bénéficier de ce service. Il a déjà eu un premier contact avec un travailleur intéressé à faire partie de cette aventure. Au total, la nouvelle coopérative aimerait compter sur les services de six à huit travailleurs répartis dans le secteur du Saguenay, de Saint-Bruno et dans le haut du Lac-Saint-Jean. Il s’agit, dans le jargon de la nouvelle organisation, des trois îlots de main-d’œuvre.

«Les candidats doivent avoir une bonne expérience ou une bonne formation comme technicien. Ils doivent être en mesure d’assister les ouvriers  dans leur travail et prendre une décision quand un problème survient, comme louer un tracteur ou de la machinerie quand il y a un bris. C’est un peu comme un contremaître qui prend des décisions pour que les chantiers fonctionnent», reprend Mario Théberge.

Il enchaîne en identifiant comme candidat des jeunes qui ont une bonne formation en agriculture et qui n’ont pas la capacité financière de s’installer sur une ferme. Chaque année, des agriculteurs expérimentés se retirent et ce sont également des candidats intéressants pour la coopérative.

Mario Théberge est convaincu que la mise en place de la coopérative permettra de régler un certain nombre de problèmes pour les producteurs agricoles de la région. La «travailleuse de rang» qui est en ce moment à pied d’oeuvre a confié au président de l’UPA qu’elle était surprise de constater le nombre de consultations qu’elle doit planifier. «L’entreprise agricole doit bien faire vivre le producteur. Celui-ci ne doit pas uniquement vivre pour son entreprise. Nous ne sommes plus à l’époque de nos parents qui travaillaient sans arrêt», a conclu Mario Théberge.

Transport intrarégional
Toujours dans le cadre de son passage à Chicoutimi, le ministre André Lamontagne a confirmé une deuxième aide financière totalisant près de 240 000 $. Une somme de 90 000 $ est tirée du programme Territoires: priorités bioalimentaires du MAPAQ et un autre montant de 159 000 du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Il s’agit du financement d’un projet qui va permettre la création d’un réseau de transport intrarégional pour offrir aux producteurs agricoles des ouvertures sur le marché interne. Selon le ministre, il n’y a pas d’enjeu pour le transport vers l’extérieur de la région, mais la situation diffère pour les échanges à l’intérieur du marché régional.

Le projet a été piloté par la MRC du Domaine-du-Roy. Le préfet Yannick Baillargeon était évidemment ravi d’entendre la confirmation de ce financement. En période d’achat local, ce réseau prend une grande importance puisque les consommateurs pourront ainsi avoir accès à des produits régionaux sans devoir faire de grandes distances entre les sites de production.

La ministre responsable de la région et députée de Chicoutimi, Andrée Laforest, a assisté à l’annonce des deux projets. Elle a salué le travail de ceux et celles qui ont élaboré ces projets tout en soulignant l’étroite collaboration  des acteurs du milieu agricole pendant la pandémie.