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Le président d’Elysis, Vincent Christ, affirme que la coentreprise formée d’Alcoa et Rio Tinto sera en mesure de vendre la technologie des anodes inertes à compter de 2024 pour son installation dans les alumineries.
Le président d’Elysis, Vincent Christ, affirme que la coentreprise formée d’Alcoa et Rio Tinto sera en mesure de vendre la technologie des anodes inertes à compter de 2024 pour son installation dans les alumineries.

La construction d’Elysis complétée

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
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La société Elysis, qui planche sur la phase industrielle de la technologie des anodes inertes pour la production d’aluminium, a complété la construction de son centre de recherche à Jonquière au coût de 50 M$.

Les sociétés Rio Tinto et Alcoa ont créé cette entreprise afin de passer à la phase industrielle de cette technologie d’électrolyse qui permettra d’éliminer l’empreinte carbone de la production d’aluminium. Le nouveau laboratoire industriel de Jonquière comprend tous les équipements de production nécessaires à l’électrolyse et le président d’Elysis Vincent Christ estime qu’il faudra attendre encore quelques mois avant de couler le premier lingot.

Les anodes inertes ont été développées au centre de recherche d’Alcoa à Pittsburgh. Les deux entreprises ont décidé de se regrouper au sein de la nouvelle entité Elysis pour procéder à la commercialisation de la technologie. Vincent Christ explique qu’avant de débuter la production d’aluminium, l’entreprise doit procéder à la formation du personnel et vérifier si tous les équipements installés dans cette nouvelle usine fonctionnent correctement.

« Au départ, la commercialisation d’Elysis visait le marché de la construction des nouvelles alumineries. Mais comme ce marché est visiblement au ralenti en ce moment, nous allons travailler sur les projets de transformation à l’intérieur des usines qui sont en production. Ce qui implique de conserver les mêmes immeubles ainsi que les conduites électriques et toute l’infrastructure de béton qui entoure les cubes », affirme Vincent Christ.

Le principe de base de la nouvelle technologie est le remplacement des systèmes d’anodes et cathodes fabriquées en carbone par des systèmes en céramique. La composition de ces nouveaux éléments qui permettent de créer la réaction électrique pour la production d’aluminium est évidemment un secret industriel. Le premier avantage de ce procédé est que les nouveaux conducteurs durent au moins deux ans, alors que les anodes de carbone sont remplacées pratiquement tous les mois. Le second avantage, c’est que le système actuel libère des quantités importantes de carbone pendant la production, tandis que le nouveau système produit uniquement de l’oxygène.

Le patron d’Elysis est prudent quand il fait des projections pour la phase de commercialisation. Les usines d’aluminium construites en remplacement des technologies Söderberg et précuites exploitent les technologies AP15 (Laterrière et La Baie), AP30 (Alma), et la nouvelle cuve AP60 dans le complexe Jonquière.

Chacune de ces technologies est basée sur une intensité de courant différente. La dimension des cuves varie et ces différents éléments entreront dans la commercialisation de la technologie Elysis.

« Nous allons établir une dimension de cuve qui va nous permettre de répondre aux particularités du marché », a ajouté le président de la société. L’usine de Jonquière sera dotée de plus d’une cuve, mais Vincent Christ est demeuré discret sur la capacité de production ainsi que sur le nombre de cuves, leurs dimensions et l’alimentation électrique requise.

La transformation d’une aluminerie avec la nouvelle technologie permettra d’améliorer la performance environnementale du procédé. Il y aura des impacts importants sur l’emploi puisque les changements d’anodes dans les salles de cuves font partie des tâches des travailleurs. Les usines de production d’anodes devront aussi fermer et rien n’assure qu’Elysis choisira de construire son usine d’anodes inertes dans la région. Les anodes utilisées par l’usine pilote de Jonquière sont fabriquées par une division d’Elysis à Pittsburgh.

Si tout fonctionne comme prévu, M. Christ estime que l’entreprise pourra vendre sa nouvelle technologie pour une utilisation dans une grande aluminerie en 2024.