Optania est au coeur du concept de ville intelligente. L’entreprise se spécialise dans la conception d’interfaces logicielles interactives et intelligentes destinées principalement aux secteurs de l’éducation, des ressources humaines et de la santé.

La compagnie Optania a le vent dans les voiles

L’intelligence artificielle n’est pas que l’apanage des grands centres. Ici même, à Saguenay, à un jet de pierre de l’hôtel de ville, une entreprise se spécialise dans le domaine. Et si tout se déroule selon le souhait de ses dirigeants, Optania est en voie de révolutionner les domaines de l’éducation, des ressources humaines et de la santé grâce à des plateformes Web.

Le terme « technologie bienveillante » est carrément né dans la région, entre les murs d’Optania, une firme qui se trouve au cœur même de la notion de ville intelligente.

Optania, c’est l’entreprise dirigée par Louis-Raphaël Tremblay, Roxanne Bélanger et Dominic Martineau. Jusqu’à tout récemment, la compagnie s’appelait Ellipse Synergie, un nom impossible à traduire et à exporter, de l’avis du PDG. Et comme la PME de 27 employés, fondée en 2009, a le vent dans les voiles, un nom plus universel était de mise pour partir à la conquête de la planète.

Il aura fallu quatre ans de discussions entre la compagnie et la GRICS (gestion du réseau informatique des commissions scolaires du Québec) avant que les deux parties puissent conclure une entente, laquelle s’est soldée par l’achat d’une licence de 10 ans par l’organisme, lequel regroupe une cinquantaine de commissions scolaires québécoises.

« On frappe un grand coup. Ça nous positionne. On ne pensait pas prendre l’ensemble du marché aussi rapidement. Au Québec, on va bientôt passer d’un système destiné à l’élève très peu avancé au système le plus avancé au monde. Tout ça nous force à nous exporter. Déjà, on a été approchés par la France, où un projet pilote sera bientôt lancé avec notre technologie », note le président-directeur général, Louis-Raphaël Tremblay.

Le PDG convient que « quand tu es premier, tout est à faire », puisqu’il n’existe pas de référentiel dans le domaine. Les technologies de bienveillance basées sur l’intelligence artificielle présentent un éventail de possibilités, particulièrement en soutien de première ligne. D’ailleurs, Optania a récemment vendu son logiciel Epsylio à la Sûreté du Québec, pour ses policiers. Desjardins Assurances en a aussi fait l’acquisition pour ses employés qui œuvrent en collectif.

Les programmes d’aide aux employés (PAE) sont peu utilisés lors d’épisodes de détresse psychologique ou lorsque surviennent des situations personnelles nécessitant l’intervention d’un professionnel. Louis-Raphaël Tremblay pointe que les mécanismes de défense, chez l’humain, l’empêchent souvent de s’ouvrir. Il est contre nature de vouloir interagir avec un étranger pour parler de ses drames, de ses dépendances ou de ses facteurs de stress.

Louis-Raphaël Tremblay et Roxanne Bélanger, cofondateurs d’Optania, ont récemment remporté un prix OCTAS pour leur module Intimidation.

« Comment parler à quelqu’un qui ne veut pas parler ? Toutes nos premières lignes actuelles sont, en fait, nos dernières lignes. Comment peut-on interagir avec chaque personne individuellement, en prendre soin, lui offrir les bons soins et les bons services ? Tu ne peux pas faire ça avec les moyens actuels, de façon humaine. C’est là que l’intelligence artificielle, qui est en fait l’expression d’un paquet d’intelligences naturelles, devient essentielle », note Louis-Raphaël Tremblay.

Un programme pour tous
Le PDG rêve donc de voir entrer en scène, au Québec, un programme de première ligne en santé qui s’appuie sur l’intelligence artificielle. Cette plateforme serait offerte gratuitement à la population.

En fait, Optania est très avancée dans ce domaine et a déjà développé un produit. Lorsqu’une personne vit une situation particulière, elle peut se rendre sur une interface Web, où un premier dépistage est effectué de façon rapide, conviviale et confidentielle. Par la suite, un système de géolocalisation peut diriger l’individu vers la bonne ressource et un système de relance permet d’interagir avec l’internaute qui a manifesté son désir d’obtenir de l’aide.

L’équipe d’Optania a de grandes visées pour ce type d’application, et déjà, certaines rencontres avec des acteurs décisionnels ont suscité l’espoir des entrepreneurs.

« Ça n’a pas toujours été facile pour nous, mais là, on se rend compte qu’on peut être rentable à faire du bien et que c’est possible de le faire, même si on est au privé. On commence à être épaulés par les gouvernements et des accélérateurs de croissance comme Investissement Québec et la Banque de développement du Canada offrent leur soutien », fait valoir le PDG, qui est heureux d’assister à la création d’une « grappe » en intelligence artificielle à Saguenay. L’arrivée récente d’Ubisoft l’a bien sûr réjoui, et selon lui, il y en aura d’autres.

« On est très chanceux de pouvoir faire ce que l’on fait ici en région. C’était important pour nous d’offrir des espaces de qualité à nos employés. La qualité de vie et l’environnement de travail, c’est super important, quand on pense que 5/8 de la vie consciente se passe au travail. En neuf ans d’existence, on a un facteur de rétention de 100 pour cent. La moyenne au pays est de 18 mois », fait remarquer Louis-Raphaël Tremblay.

Optania veut offrir un environnement de travail agréable et stimulant à ses employés, qui oeuvrent dans de grands bureaux à aire ouverte au centre-ville de Chicoutimi.

Les bureaux d’Optania font en effet rêver, avec des espaces modernes à aire ouverte notamment dotés de salles de divertissement, d’entraînement, de repos et de douches.

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DES OUTILS NOVATEURS ET BIENVEILLANTS

Optania, spécialisée dans la conception d’interfaces logicielles interactives et intelligentes, fait dans la technologie bienveillante, un concept pas toujours facile à vendre, mais qui gagne à être connu. 

Sont réunis sous un même toit, dans des locaux aérés et dignes de ceux que l’on retrouve dans la Silicon Valley, des psychologues, des orthopédagogues, des enseignants et des programmeurs. Bientôt, une enseignante spécialisée en troubles d’apprentissage se joindra à l’équipe. Tout ce beau monde oeuvre à la même entreprise : développer des solutions en ligne qui s’appuient sur l’intelligence artificielle pour améliorer la santé et le bien-être des jeunes. 

On parle ici de jeunes, parce que le premier projet d’envergure d’Optania, celui qui lui a valu un important contrat avec la GRICS, est une solution en trois modules qui offre un suivi à l’élève, fournit un soutien et un accompagnement aux victimes et aux témoins d’intimidation, et permet une veille active chez les enseignants. Le module Intimidation a été primé, le 13 juin, lors du 32e gala du Réseau Action TI. L’entreprise a raflé un OCTAS dans la catégorie Fournisseur de solution. 

« Dénoncer l’intimidateur, c’est bien. Soutenir les victimes, c’est mieux. C’est pourquoi nous avons développé un outil novateur, la première plateforme au monde à permettre un accompagnement virtuel sécurisant et bienveillant aux jeunes qui sont victimes ou témoins d’intimidation », explique le PDG, Louis-Raphaël Tremblay, qui a troqué l’enseignement pour fonder l’entreprise il y a une dizaine d’années.

Il explique que la plateforme Intimidation interagit dans l’isolement des jeunes pour les mobiliser et les préparer à communiquer avec un intervenant du milieu scolaire. Les ados sont aussi accompagnés dans la dénonciation et le signalement d’événements, quand ils sont prêts à le faire. 

Mozaïk

Dès l’automne, ce module sera intégré au portail Mozaïk, lancé par la GRICS, afin de faciliter la gestion de tous les éléments qui gravitent autour de l’élève. Le portail Web est destiné aux parents, aux enseignants et aux élèves du primaire et du secondaire. Le volet consacré aux élèves offre une intelligence artificielle appelée ISA (Interface de soutien assistée). Elle permet d’offrir un service personnalisé à chaque élève.

« On est intégrés dans le module d’intelligence artificielle. La technologie permet de parler aux jeunes à partir de la première année, avec un langage adapté à leur âge. Ça peut être textuel, comme un chat par exemple, ou sonore », explique Louis-Raphaël Trembla