Mathieu Girard et Sarah Tremblay coupent beaucoup sur les sorties en famille parce qu’ils doivent toujours penser aux imprévus reliés aux hospitalisations d’Élyrose.

La communauté appuie Élyrose

Depuis le 6 novembre 2018, Sarah Tremblay ne voit plus le monde de la même façon. « Je n’ai pas de mots pour décrire ce que je ressens », souligne la jeune maman de Jonquière.

Mardi dernier, devant l’impasse financière, elle a pilé sur son orgueil en créant un événement sur la plateforme de sociofinancement gofundme. Sa fille de trois ans aura éventuellement besoin d’une prothèse oculaire qui nécessite un investissement de 2000 $.

En quelques heures, l’objectif de 2000 $ était dépassé. « Je ne connais pas la moitié des donateurs », poursuit-elle. Plusieurs personnes ayant des commerces à Saguenay lui ont aussi suggéré, en messages privés, de vendre certains de leurs produits au profit de la petite Élyrose. Le lendemain matin, le montant frôlait les 3000 $.

« Nous allons poursuivre la campagne, car le montant qu’on demandait était un minimum », ajoute Sarah.

Les patrons de Sarah, Philippe Caissie et Maxime Garant-Théberge, les propriétaires de la compagnie Weed Man Saguenay, ont versé 1000 $ via la plateforme pour la campagne « Prothèse oculaire pour Élyrose ». « Je suis tellement reconnaissante envers mes employeurs. Ils n’ont pas d’enfant et pourtant ils sont très compréhensifs quand je ne peux pas rentrer plusieurs jours de suite parce que je dois me rendre à Québec pour ma fille », raconte Sarah.

Les parents ont ouvert un compte pour déposer l’argent prévu pour leur fille et désengorger leurs cartes de crédit. « On coupe beaucoup dans nos sorties en famille parce qu’on doit toujours penser aux imprévus reliés aux hospitalisations d’Élyrose », mentionne-t-elle.

Financièrement, Sarah et Mathieu ne peuvent pas se permettre de prendre congé tous les deux de leur travail pour accompagner leur fille à l’hôpital. C’est donc Sarah qui se déplace seule avec sa fille pendant que Mathieu travaille comme monteur d’acier.

Grâce à la générosité des gens, un stress énorme vient de s’envoler pour la famille Girard de Jonquière qui pourra se concentrer sur la santé de leur petite Élyrose Girard, née avec une malformation à l’oeil.

Complications

Atteinte d’une maladie de la cornée et d’une malformation à la rétine de l’œil gauche, Elyrose a subi 11 opérations. Évidemment, la petite fille a perdu l’usage de son œil et ne le retrouvera jamais.

La dernière complication, qui arrive toujours de façon imprévue, remonte au début du mois de novembre alors que la fillette s’est réveillée en pleine nuit avec des douleurs à la tête et l’œil problématique qui démangeait. Évidemment, l’état de son œil rougi et enflé avait de quoi inquiéter ses parents.

« C’était la première fois qu’elle souffrait autant », se remémore Sarah. Une douzième opération est prévue à la fin du mois pour enlever une accumulation de calcium dans son œil. Par la suite, selon l’expertise de leur ophtalmologue, ils pourront possiblement envisager la prothèse oculaire.

Toutes ces interventions ont lieu au CHUL à Québec. « Quand on part avec nos valises, on ne sait jamais quand on reviendra », précise la femme de Jonquière qui doit manquer du travail, payer l’essence, l’hébergement, les repas...

Avec cette entrée d’argent, c’est un stress énorme qui s’envole pour la famille Girard qui aura l’argent nécessaire pour les prochaines interventions d’Élyrose.

Élyrose vient tout juste d’avoir trois ans le 2 septembre. Elle ne remarque pas encore que les gens, surtout les enfants, portent un regard différent sur elle quand ils voient son œil voilé par un ombrage blanchâtre.

« Présentement, c’est plus dur pour les parents que pour elle », souligne Sarah. Heureusement que son autre œil, tout de même plus petit que la normale, est en pleine santé et même très puissant.

« Je n’étais pas à l’aise et gênée de demander de l’aide à la communauté, mais cette plateforme permet aux gens de donner volontairement, sans se faire solliciter », conclut la maman d’Élyrose. Appuyée par ses proches, Sarah peut aussi compter sur sa sœur Lydia Tremblay, qui a lancé une collecte de fonds grâce aux produits Scentsy.