Chantale Cyr

La Commission scolaire des Rives-du-Saguenay sous enquête

Le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur du Québec (MEESQ) commande une enquête portant sur la gouvernance à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, a appris Le Quotidien.

Les travaux, menés par la Direction des enquêtes ministérielles et réseaux, regroupée sous l’égide du MEESQ, débuteront lundi, comme en fait foi une lettre acheminée à la directrice générale de la commission scolaire, Chantale Cyr. Dans le document, dont nous avons obtenu copie, le directeur des enquêtes, Dany Roy, écrit qu’un mandat a officiellement été confié jeudi par le ministre Sébastien Proulx dans ce dossier. 

« L’intervention portera sur la gouvernance et la gestion générale de la commission scolaire. Elle vise notamment à dresser un état de situation concernant les rôles et responsabilités des commissaires et des administrateurs », est-il écrit dans la correspondance envoyée en copie conforme à la secrétaire générale, Sarah Tremblay. La missive, plutôt laconique, précise que les travaux débuteront dans les locaux de la CS le lundi 16 octobre.

L’ouverture d’une enquête en bonne et due forme, visant autant les rôles, devoirs et responsabilités des commissaires que ceux de l’administration, témoigne du climat tendu qui règne au sein de l’organisation depuis la nomination de Chantale Cyr l’an dernier. La Commission scolaire des Rives-du-Saguenay se trouve dans une période de grande turbulence. 

En avril, la direction a commandé une enquête juricomptable en lien avec l’acquisition de matériel informatique et la conformité des processus en vertu de la Loi sur les contrats des organismes publics. Le 26 septembre, lors d’une assemblée du conseil des commissaires, les élus ont adopté une résolution proposant de révoquer neuf pouvoirs conférés à la direction générale. Il s’agissait de pouvoirs liés à l’octroi de contrats juridiques ou de service (avec une personne physique ou morale) inférieurs à 100 000 $, au recrutement, à la sélection, à l’embauche et à la nomination de personnes figurant dans la banque de relève en direction et à la sélection de personnel-cadre. Le pouvoir d’octroyer des contrats juridiques liés aux activités des diverses unités administratives a aussi été révoqué au secrétariat général et aux directions des services éducatifs, des ressources humaines et des ressources matérielles. Au moment de l’adoption de la résolution, la présidente, Liz Gagné, a fait part du désir des commissaires de se rapprocher de la prise de décisions et de garder un oeil sur les dépenses. Le conseil devenait ainsi l’unique détenteur de l’ensemble de ces pouvoirs décisionnels. 

Une première 

Selon ce que nous avons appris, c’est la première fois qu’une commission scolaire québécoise se retrouve dans la mire du Bureau des enquêtes ministérielles et réseaux. Le tout serait considéré de façon très sérieuse par l’ensemble des parties impliquées. 

Il n’a pas été possible de questionner la présidente de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, Liz Gagné, puisqu’elle n’a pas rendu l’appel du Quotidien. La porte-parole de l’organisation, Hélène Aubin, n’avait aucun commentaire à formuler dans ce dossier. 

Du côté du ministère de l’Éducation, Bryan St-Louis a précisé qu’il était trop tôt dans le processus pour divulguer des informations aux journalistes. 

Un style contesté

Le style de gestion de la directrice générale de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay a été contesté par des membres du personnel à moult reprises depuis sa nomination. Sa décision de provoquer un mouvement de rotation dans les directions d’écoles au printemps a suscité beaucoup de mécontentement à l’interne. 

Des projets d’envergure mis de l’avant par la DG comme le regroupement de tous les programmes de formation professionnelle à Chicoutimi et l’implantation d’une école primaire trilingue à La Baie (Au Millénaire) ont notamment été remis en question par le Syndicat de l’enseignement du Saguenay.

Plus récemment, dans un contexte de relations de travail extrêmement tendues, le conseil des commissaires a commandé un diagnostic sur le climat organisationnel. La semaine dernière, il a été rapporté que la directrice générale aurait claqué la porte de son bureau du centre administratif et ne se serait pas présentée au travail le lendemain. L’information a toutefois été démentie par la Commission scolaire.