La commission scolaire des Rives-du-Saguenay remet un premier rapport

Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Myriam Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Le Quotidien
Les commissaires de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay ont adopté mardi un premier rapport trimestriel en réponse aux mesures correctrices imposées à la fin du mois de novembre par le ministre de l’Éducation, au terme duquel la présidente de l’organisation, Liz S. Gagné, conclut que la commission scolaire est l’une « des plus proactives » en matière de pratiques de gestion et se questionne sur la démarche du ministre.

Les commissaires, réunis lors d’une séance ordinaire du Conseil des commissaires, tenue en soirée au centre administratif de la commission scolaire à Chicoutimi, ont adopté le rapport trimestriel d’une dizaine de pages qui sera transmis au ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge.

Le document fait suite aux mesures d’encadrement qui ont été imposées à la commission scolaire par un arrêté ministériel entériné le 27 novembre par le ministre Roberge. L’arrêté ministériel exige la production et la transmission de documents d’ici le 20 décembre, le 20 janvier ou encore le 20 février, selon les mesures imposées. Elles concernent autant les frais liés aux procédures judiciaires en cours avec l’ancienne directrice générale Chantale Cyr, l’application de la politique contre le harcèlement, un plan de saine gouvernance ou encore de redressement financier.

« Ce qu’on a expliqué, c’est ce qui est fait, c’est-à-dire tout le plan de la direction générale, de son évaluation, de ses attentes signifiées. Ce qui est fait, c’est tout ce qui touche la délégation de pouvoirs », a expliqué Mme Gagné en marge de la séance, devant les médias. L’adoption du projet de loi 40, qui prévoit l’abolition des commissions scolaires et leur remplacement par des centres de services, amènerait des changements au chapitre de la délégation des pouvoirs, a-t-elle précisé.

Le conseil des commissaires a adopté mardi un premier rapport trimestriel en réponse aux mesures correctrices demandées par le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur à la fin du mois de novembre.

Le rapport trimestriel, qui concerne les mois d’octobre, de novembre et de décembre 2019, s’inscrit à la suite de l’arrêté ministériel, mais assure également le suivi du mandat d’accompagnement dont fait l’objet l’organisation et qui a été prolongé par le ministre en septembre dernier.

« La majorité des choses, c’est complété », a assuré Mme Gagné, en précisant que le dossier des ressources humaines demeure cependant à travailler.

« Dans le droit chemin »

À la suite de la production du rapport, la présidente de la commission scolaire se questionne sur la démarche du ministre Roberge. « Pourquoi il a fait ça ? C’était peut-être pour s’assurer que nous sommes dans le droit chemin, mais nous sommes dans le droit chemin », a-t-elle assuré, en mentionnant par la suite qu’elle jugeait la démarche « tout à fait légitime ».

Lors de la présentation du rapport, pendant la séance, il a été souligné que la plupart des objectifs et demandes avaient été atteints. « On est vraiment dans la bonne voie, puis je peux vous dire qu’on est une des commissions scolaires les plus proactives dans tout ce qui touche nos pratiques de gestions », a réagi Mme Gagné par la suite, devant les médias. La présidente a réitéré son intention de demeurer en poste jusqu’à la fin de son mandat.

Un prochain rapport trimestriel devra ensuite être transmis au ministre en février.

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Une évaluation légale et non une offre

Le commissaire-parent Carl Bergeron, porte-parole dans le dossier des procédures judiciaires avec l’ancienne directrice générale Chantale Cyr, réfute que la commission scolaire ait offert un règlement de 250 000 $, affirmant qu’il s’agissait plutôt d’une évaluation légale qui a été transmise par l’organisation.

« C’est pas une offre, c’est le détail de la position de la commission scolaire, face aux demandes de la partie adverse. Ce n’est pas notre position finale, sinon on n’essaierait pas de négocier une entente hors cour », a-t-il affirmé.

Le commissaire a refusé de commenter davantage les suites du dossier mardi soir, en marge de la séance des commissaires. « Le dossier de madame Chantale Cyr suit son cours », s’est-il contenté de répéter devant les médias.

En l’absence d’une entente, chacune des parties est appelée prochainement à déposer sa plaidoirie auprès du juge Roy du Tribunal administratif du travail, a-t-il ajouté. Rappelons que Chantale Cyr réclame près d’un million de dollars à la suite de son congédiement illégal en 2018 et du harcèlement psychologique subi, reconnus dans un jugement du juge Roy en septembre dernier.