L'ingénieur géologue Maurice Lamontagne est l'une des figures les plus connues de la Commission géologique du Canada.

La Commission géologique du Canada fête ses 175 ans

Le 14 avril 2017 marquait un anniversaire important pour le Canada puisqu'il s'agit du 175e de la fondation de la Commission géologique du Canada, la plus ancienne organisation scientifique du pays.
Née avant même le pays, elle a été fondée pour assurer l'essor de l'industrie canadienne des minéraux en établissant les principales bases géologiques sur lesquelles l'industrie pouvait s'appuyer pour entreprendre des recherches plus poussées. 
Son fondateur, William Edmond Logan, a été nommé le premier directeur de la Commission le 14 avril 1842. Andrée Bolduc, directrice du bureau de Québec de la commission, rappelle que le rôle des premiers géologues, à l'époque, tenait davantage de celui de grands explorateurs sillonnant l'immensité du pays en devenir. C'est ce qui a permis à Logan de laisser son nom à de célèbres montagnes autant en Gaspésie que dans l'Ouest canadien.
Outre cette anecdote, la CGC a joué un rôle très important depuis sa création dans le développement des connaissances du territoire autant dans le Grand Nord canadien, l'Ouest pour l'exploration géologique des gisements de houille, l'exploration des plaques continentales sous-marines ayant permis l'établissement des zones limitrophes de pêche ou encore les tracés des grands chemins de fer. 
Il faut dire que le développement économique, la sécurité publique, la protection de l'environnement et la souveraineté nationale exigent une connaissance approfondie de la géologie de la masse continentale et des régions extracôtières du Canada. La mission de la Commission géologique du Canada est d'obtenir et d'interpréter ces données et de les mettre à la disposition de tous les Canadiens, explique Mme Bolduc. « Notre rôle, au bureau provincial, est d'assurer la liaison entre les partenaires comme le ministère des Ressources naturelles du Québec, les universités, autant au Québec qu'au Nouveau-Brunswick ». Avec huit géologues qui parcourent le nord du Québec ou l'Abitibi, le bureau régional de la commission gère le programme fédéral de collaboration dans le domaine des géosciences, dont le mandat consiste à fournir à l'industrie la prochaine génération de connaissances géoscientifiques et de techniques novatrices qui lui permettront de cibler plus efficacement les gisements minéraux enfouis. « Parmi les travaux de recherche sur lesquels nous travaillons, nous oeuvrons dans le nord du Québec, dans le secteur de la mine Raglan, afin de comprendre le gisement de nickel-cuivre qui existe. L'objectif est d'aider à élaborer des stratégies de recherche pour l'industrie. Nous sommes au-devant de l'industrie minière pour tenter de comprendre les grands contextes géologiques ». Les connaissances sur la gestion des eaux souterraines constituent un autre champ de recherche pour la commission au Québec.
tremblement de terre
La Commission géologique fait particulièrement parler d'elle auprès du grand public lorsque surviennent de temps à autre des tremblements de terre. Parmi les membres bien connus du personnel figure Maurice Lamontagne, un ingénieur géologue qui y oeuvre depuis 32 ans et qui se dit très fier de poursuivre l'oeuvre de William Logan. « La recherche entourant les phénomènes géologiques a beaucoup évolué depuis les débuts de ma carrière. C'est le cas aussi pour les instruments de télédétection, la cartographie, qui ont permis de faire exploser les connaissances. La théorie des plaques tectoniques a permis de nous donner un modèle sur ce qui se passe. Elle a pu montrer que la terre n'est pas fixe ».
Presque 29 ans après le tremblement de terre qui a fait frémir le Saguenay le 25 novembre 1988, M. Lamontagne affirme qu'au point de vue géologique, l'événement demeure mystérieux et hors de l'ordinaire. Il n'est pas courant, selon lui, qu'un tel tremblement de terre survienne dans un secteur intra-plaque. Il ajoute que le phénomène aura permis de déterminer que la région se situe en zone sismique. « Depuis 1988, c'est redevenu pas mal mort, contrairement à Charlevoix qui subit annuellement entre 200 et 250 tremblements de terre ».
La CGC soulignera ses 175 ans en juillet prochain à l'occasion d'une exposition qui sera présentée à l'Espace Lafontaine, à Montréal, sur le site de la ferme Logan, ainsi que lors d'une journée portes ouvertes des bureaux de Québec, du 23 au 25 septembre.