Québec ne modifiera pas le calendrier d'ouverture de la pêche sportive sur le lac Saint-Jean en raison du printemps tardif et n'a reçu aucune demande en ce sens de la communauté de Mashteuiatsh.

La cohabitation inévitable

Québec ne modifiera pas le calendrier d'ouverture de la pêche sportive sur le lac Saint-Jean en raison du printemps tardif et n'a reçu aucune demande en ce sens de la communauté de Mashteuiatsh qui a toujours été réticente à ce qu'il y ait une cohabitation entre la pêche communautaire au filet et la présence des pêcheurs sportifs québécois.
Habituellement, les pêcheurs de Mastheuiatsh tendent les filets devant le territoire de la réserve après le départ des glaces. Ils sortent les filets la veille de l'ouverture officielle de la pêche à la ouananiche, prévue cette année le 23 mai. Cette situation risque d'amplifier le contentieux sur la gestion de la pêche à la ouananiche au lac Saint-Jean alors que la communauté indienne a refusé systématiquement, avec la bénédiction des fonctionnaires du gouvernement du Québec, toute modification au calendrier de pêche.
Dans une missive transmise au Quotidien vendredi, la direction des communications du Ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Faune (MDDEF), confirme qu'il n'y aura pas de report de l'ouverture de la pêche sportive.
«Malgré le printemps tardif qu'on connaît et la possibilité que le lac Saint-Jean se libère de ses glaces tardivement, il n'y aura pas de report de l'ouverture de la pêche sportive. De plus, nous n'avons reçu aucune demande à cet effet de la part du Conseil des Montagnais du Lac-Saint-Jean, tel que prétendu par diverses personnes ou station de radio locale. La date d'ouverture de la pêche sportive sur le lac Saint-Jean est fixée au 23 mai 2014», écrit Mme Geneviève Lebel.
La période de pêche communautaire au filet dure en moyenne trois semaines en fonction de la date du départ des glaces. Dans l'état actuel du lac Saint-Jean, il est de plus en plus probable que cette période de trois semaines sera amputée d'une à deux semaines puisque les glaces, à moins de phénomènes météorologiques hors de l'ordinaire, vont caler très tard en mai et il est même possible que le lac soit libéré quelques jours seulement avant l'ouverture de la pêche sportive.
Le secteur Faune du MDDEF de la direction de Jonquière a été contacté par la communauté de Mashteuiatsh sur la question. L'agent de conservation Régis Girard a indiqué que ces discussions relevaient de la biologiste Karine Gagnon.
Propositions
Au cours des dernières années, le ministère avait proposé des mesures aux Innus pour parvenir à modifier la réglementation et permettre l'ouverture de la saison de pêche plus tôt en période d'abondance du saumon d'eau douce. Cette mesure visait une meilleure gestion des stocks de saumon lesquels, lorsqu'ils sont au sommet du cycle, épuisent les stocks d'éperlans pour en arriver à des creux de cycle des ouananiches comme c'est le cas en ce moment.
Les Innus voulaient ainsi éviter les confrontations inutiles sur le lac Saint-Jean avec les pêcheurs québécois qui désapprouvent depuis des années l'utilisation des filets. Au milieu des années 1980, la pêche sportive et la pêche au filet cohabitaient dans le secteur de Mashteuiatsh.
Il était alors question de baliser un vaste rectangle devant le territoire de la réserve pour limiter la circulation des embarcations des pêcheurs sportifs, mais la démarche a échoué en raison de délais et des désaccords sur les moyens pour accommoder les pêcheurs innus. La pêche communautaire au filet doit, selon ce permis, prendre fin le 31 mai.
Techniquement, le gouvernement délivre un permis de pêche communautaire avec un territoire compris entre les limites Roberval-Mashteuiatsh et Mashteuiatsh-Saint-Pirime jusqu'à 6 kilomètres au large. Ce permis n'a toutefois aucune valeur légale puisque les Indiens de Mashteuiatsh pourraient pêcher partout sans aucune restriction avec des filets.
Prise de position attendue
Le conseil de Mashteuiatsh doit faire connaître sa position en début de semaine. Joint jeudi dernier, le responsable des communications, Carl Robertson, a laissé entendre que la position n'était pas définitive. Il préférait attendre à aujourd'hui avant de donner la position formelle de la communauté.
En acceptant cette année une pêche de cohabitation, les Innus pourront difficilement à l'avenir empêcher Québec d'envisager une ouverture printanière hâtive de la pêche sportive sur le lac Saint-Jean.