La Coalition fjord s’oppose à une reprise rapide du BAPE de GNL

La reprise des consultations du Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) sur le projet d’Énergie Saguenay de GNL Québec « n’aurait aucun sens » dans le contexte actuel, estime la Coalition fjord.

Des audiences publiques exclusivement en ligne ou en limitant le nombre de personnes dans une salle ne permettrait pas une consultation « inclusive », soutient Adrien Guibert-Barthez, co-porte-parole de l’organisme qui milite contre le projet industriel dont l’usine de liquéfaction verrait le jour au port de Grande-Anse, à La Baie, au Saguenay.

« Une consultation du BAPE, dans la situation actuelle, n’aurait aucun sens », a-t-il affirmé, en entrevue avec Le Quotidien, jeudi.

« Nous, ce qu’on veut, c’est que le BAPE pose le plus de questions possible à l’entreprise, que les gens comprennent davantage le projet », a-t-il poursuivi. L’accès à Internet, dans le cas d’une consultation uniquement en ligne, serait un enjeu pour certains citoyens, soulève l’organisme.

Le co-porte-parole critique l’empressement de différents acteurs économiques et politiciens qui voient le projet de GNL Québec comme une solution à la crise économique mondiale engendrée par la crise sanitaire.

« On ne voit pas l’intérêt de pousser maintenant, absolument pour une consultation, alors que projet est mauvais et que ce n’est pas une solution rapide dont on a besoin. »

M. Guibert-Barthez estime que le projet n’est pas une solution à la crise économique en rendant « notre économie de plus en plus dépendante du marché mondial ».

Relance demandée par les chambres de commerce

Rappelons que les cinq chambres de commerce du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont demandé mercredi au gouvernement du Québec et aux autorités du BAPE de « relancer le plus rapidement et efficacement possible les travaux d’évaluation d’Énergie Saguenay ».

« Ainsi, nous pourrons travailler de concert avec les acteurs de notre région, à rendre ce projet encore meilleur », ont souligné les cinq organisations, dans une lettre ouverte envoyée aux médias.

Les porte-parole des chambres de commerce précisent que leur appui au projet d’Énergie Saguenay « est loin d’être un chèque en blanc » et interpellent également GNL Québec afin que l’entreprise s’engage « à maintenir son siège social » dans la région. La poursuite des activités de concertation, la priorisation de l’achat local et le recours aux expertises régionales sont aussi demandés.

« Le projet Énergie Saguenay pourrait bien être la clé de notre reprise économique. De par son envergure, il aurait un rôle similaire même à l’échelle du Québec et du Canada », estiment les représentants des cinq organisations.

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JOSÉE NÉRON NE S’IMMISCE PAS DANS LE DÉBAT

La mairesse de Saguenay ne s’est pas immiscée dans le débat, jeudi, en lien avec la demande des cinq chambres de commerce de la région de relancer les consultations du BAPE sur le projet Énergie Saguenay de GNL Québec.

« On s’entend qu’avec la crise du COVID, on peut faire des choses de façon différente, mais souvent des délais s’ajoutent », a-t-elle répondu, lorsque questionnée sur le sujet, en marge d’une conférence de presse.

Elle s’est limitée à affirmer qu’elle constatait la « création de mouvements » dans différentes organisations en lien avec la relance économique.

La mairesse estime que la position du conseil envers le projet a été « clairement définie » par le passé. Saguenay avait notamment donné son appui à l’initiative « Je crois en ma région », en février dernier, et avait auparavant adopté une motion en appui aux grands projets industriels en juillet.