La Clinique universitaire en travail social (CUTS) de l’UQAC accompagne les individus et les familles qui ont différentes problématiques.
La Clinique universitaire en travail social (CUTS) de l’UQAC accompagne les individus et les familles qui ont différentes problématiques.

La Clinique universitaire en travail social à la rescousse de l'anxiété

Myriam Arsenault
Myriam Arsenault
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
La COVID-19 est liée à de nombreux nouveaux défis que vivent les ménages. Anxiété omniprésente, tensions dans le foyer, difficultés à effectuer des tâches quotidiennes; la Clinique universitaire en travail social (CUTS) de l’UQAC a remarqué plusieurs de ces problématiques chez les gens qui ont récemment consulté. Heureusement, les étudiants et professionnels de la clinique peuvent fournir une foule d’outils, afin d’aider leur clientèle à traverser plus facilement cette période difficile.

Nathalie Sasseville est directrice de la Clinique universitaire en travail social, en plus d’être professeure à l’UQAC et travailleuse sociale. Elle est accompagnée de Sandra Juneau, elle aussi professeure en travail social et impliquée à la CUTS, pour expliquer les impacts de la COVID-19 sur les jeunes et les familles qui fréquentent la clinique. Depuis le début de la pandémie, les professionnels ont remarqué plusieurs problématiques semblables chez ceux qui consultent.

Le premier constat est que plusieurs souffrent d’un stress directement en lien avec le virus. « Ce sont des gens qui sont moins fonctionnels, qui ne sont plus capables de faire leurs activités quotidiennes parce qu’ils vivent un stress trop élevé relié à la peur de contracter le virus », explique Mme Sasseville.

D’autres vivent également des difficultés qui sont amplifiées par le confinement. Les familles, maintenant toujours ensemble sous le même toit, vivent des situations de tensions qu’elles n’avaient pas à gérer auparavant.

Certaines de ces tensions viennent du fait que les habitudes de ces personnes ont changé, au cours des derniers mois. Les parents ont dû apprendre à maîtriser de nouveaux rôles, comme celui de professeur quand l’enfant est à la maison, ce qui vient assurément leur causer un stress supplémentaire.

La clinique a été créée afin de permettre aux étudiants en travail social de l’UQAC de pouvoir mettre la théorie en pratique avant d’entrer sur le marché du travail.

Ces derniers doivent également surveiller le temps que passe leur enfant devant un écran. « Ça devient difficile pour les parents de jongler avec ça et de mettre des limites sur le temps qu’un enfant passe devant un écran, de décider quand il lui demande de décrocher. Ce temps a d’ailleurs considérablement augmenté puisque c’est souvent le seul outil que l’enfant a pour être en contact avec ses amis », rappelle Mme Juneau.

Mme Sasseville ajoute que le fait d’être toujours en ligne ajoute une surcharge mentale à bien des personnes, ce qui fait qu’elles deviennent plus fatiguées et irritables. Cela cause bien souvent des conflits entre les membres de la famille.

Avec toutes ces nouvelles problématiques, bien des gens, parents ou non, ressentent le besoin de consulter. La CUTS est là pour les outiller à mieux gérer ces nouvelles problématiques.

« Nos services sont soit sur le bien-être de la famille ou encore pour les outiller pour mieux fonctionner ensemble. On fait par exemple beaucoup d’accompagnements dans les compétences parentales, afin d’aider les parents à mieux interagir et mieux communiquer avec leurs enfants », continue Mme Sasseville.


« J’aimerais vraiment dire aux parents de ne pas hésiter à consulter, parce que les plus récentes études démontrent qu’il y a peu de parents, peu de familles qui consultent, malgré le fait qu’il y en a qui vivent de la détresse en plus de différentes problématiques. »
Sandra Juneau
Les services offerts à la clinique sont de niveau professionnel pour une fraction du prix.

Une clinique unique au Canada

La CUTS est unique au Canada. Bien qu’existent de nombreuses cliniques universitaires au sein des établissements d’enseignement, c’est la première qui se concentre exclusivement sur le domaine du travail social.

La clinique a été pensée afin de permettre aux étudiants d’avoir un endroit où mettre la théorie apprise en classe en pratique, en plus d’offrir des services à la communauté. Il y a aussi un volet qui touche la recherche.

Lorsqu’une famille ou un individu se présente à la clinique, il est jumelé à un ou des étudiants en fin de parcours ainsi qu’à une travailleuse sociale.

« Toutes les interventions des étudiants se font soit en compagnie d’une travailleuse sociale expérimentée ou sous la surveillance vidéo d’une professionnelle, afin d’offrir la même qualité de services qu’obtiendrait la personne en se rendant dans des services sociaux », continue la professeure. Les services offerts à la clinique permettent aux familles et aux individus d’avoir accès à des services professionnels rapidement et à bas prix en plus d’aider les étudiants dans leur formation.

Sandra Juneau (à gauche) et Nathalie Sasseville (à droite) sont professeures à l’Université du Québec à Chicoutimi et travailleuses sociales. Elles sont toutes les deux impliquées à la Clinique universitaire en travail social.

Pour consulter

La CUTS recherche actuellement des familles qui vivent des difficultés en lien avec un enfant ou dans leur dynamique familiale. Pour consulter, il faut visiter le www.uqac.ca/cuts/ et remplir un formulaire. « J’aimerais vraiment dire aux parents de ne pas hésiter à consulter, parce que les plus récentes études démontrent qu’il y a peu de parents, peu de familles qui consultent, malgré le fait qu’il y en a qui vivent de la détresse en plus de différentes problématiques », assure Mme Juneau.

Les consultations sont données sur place, en suivant les recommandations de la Santé publique, mais peuvent aussi être données par visioconférence.