Ce sont de gros géniteurs de ce genre que les dirigeants de la CLAP recommandent aux pêcheurs de remettre à l’eau volontairement pour protéger la ressource.

La CLAP recommande une taille maximale de 47 cm pour les dorés

Les gestionnaires de la Corporation LACtivité pêche (CLAP) Lac-Saint-Jean recommandent aux pêcheurs sportifs de remettre à l’eau les dorés jaunes de plus de 47 centimètres, dans le but, selon eux, de protéger les reproducteurs de grande taille et d’assurer la pérennité de la ressource et la qualité de la pêche.

«Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) statuera sur cette recommandation l’automne prochain, dans le cadre de la biennale de la réglementation de pêche», a indiqué le président de la CLAP, Michel Bouchard, mercredi matin, dans le cadre d’une conférence de presse au camping municipal de Saint-Gédéon.

Le directeur général de la CLAP, Marc Archer, reconnaît que cette mesure n’est pas recommandée sur une base scientifique, mais que c’est une demande formulée par les pêcheurs. À l’ouverture de la saison 2014 de pêche au doré dans le lac Saint-Jean, des sportifs ont constaté un succès de pêche impressionnant alors que des adeptes avaient capturé leur limite quotidienne de dix dorés composée uniquement de gros géniteurs.

Marc-André Gagnon, vice-président de la Corporation LACtivité pêche, Michel Bouchard, président, et Marc Archer, directeur général , ont lancé une campagne de remise à l’eau volontaire des dorés de plus de 47 cm dans le lac Saint-Jean pour protéger la ressource.

«En 2014, les pêcheurs de doré devaient se mettre à deux pour transporter leur glacière chargée de gros géniteurs. Ces images ont marqué l’imaginaire collectif. On pense qu’on pourrait vivre les mêmes conditions de pêche cette année avec le printemps tardif. Les pêcheurs ne veulent plus voir ce genre de situation», clame le directeur général, qui veut protéger la génétique des gros dorés.

«L’ouverture de 2014 avait pris l’allure d’un véritable carnage de gros reproducteurs. Les pêcheurs avaient profité de conditions de pêche exceptionnelles pour récolter un nombre démesuré de dorés de très grande taille. Ces abus constatés dans certains tributaires du lac avaient soulevé beaucoup d’indignation parmi les pêcheurs qui ne cessent depuis de réclamer une modification réglementaire», a soutenu le président de la CLAP.

Croissance lente

Marc Archer estime que les conditions à l’ouverture de la pêche au doré, prévue pour le vendredi 24 mai, risquent d’être semblables aux conditions de 2014. «La direction régionale du MFFP est favorable à une telle mesure, mais ne peut pas l’inscrire dans un cadre réglementaire avant 2020. Nous y allons donc de la recommandation d’une taille maximale de 47 cm en comptant sur la collaboration volontaire des pêcheurs», fait valoir le directeur général.

«La croissance des dorés est lente dans le lac Saint-Jean alors qu’ils mettent près de 15 ans en moyenne pour atteindre 47 cm. Les plus gros peuvent mesurer jusqu’à 80 cm de longueur et peser plus de 7 kg à un âge de 35 à 40 ans. Les gros dorés sont souvent des femelles et celles-ci pondent des milliers d’oeufs chaque année, soit 50 000 par kg dans le lac Saint-Jean», a lancé en rafale le président de la CLAP pour expliquer la recommandation.

La CLAP a d’ailleurs fait imprimer 2500 règles de mesures, à coller à bord de l’embarcation, comme référence afin que les pêcheurs de doré puissent mesurer la longueur de leur prise. La CLAP rappelle également aux amateurs de bonne chère que le guide de consommation du poisson de pêche sportive en eau douce du Québec indique qu’on peut consommer huit repas par mois de petits dorés de 30 à 40 cm; quatre repas par mois de moyens dorés de 40 à 50 cm; et un repas par mois de gros dorés de plus de 50 cm.

La concentration en mercure dans le doré augmente avec l’âge du poisson et les adeptes de ce poisson savent que les petits filets de doré ont meilleur goût.

Le Quotidien a formulé une demande d’entrevue avec les biologistes régionaux du MFFP, mais il faudra attendre quelques jours avant de leur parler, car les demandes d‘entrevue doivent être autorisées par le bureau de Québec.