La chaufferie pourrait finalement demeurer dans le paysage de la rue Jacques-Cartier.

La Centrale de chauffage SENC pourrait survivre

La Centrale de chauffage SENC inc. de Chicoutimi, qui devait tomber sous le pic des démolisseurs le printemps prochain, pourrait bien demeurer dans le paysage de la rue Jacques-Cartier, avec ou sans la longue cheminée qui la caractérise, grâce à l’ajout d’une bouilloire alimentée au gaz naturel et à la biomasse forestière.

C’est du moins ce qui ressort des analyses réalisées après que les membres de cette corporation à but non lucratif, regroupant des institutions publiques et privées, aient décidé de procéder à la fermeture du complexe en exploitation depuis 1951.

La décision des représentants du CIUSSS, des congrégations des Antoniennes, du Bon Conseil et des Augustines et du Cégep de Chicoutimi reposait essentiellement sur les coûts d’exploitation élevés de la centrale découlant de son imposante capacité de production de vapeur. La bouilloire a été pendant un certain temps alimentée au charbon et elle fonctionne depuis plusieurs années avec du gaz naturel.

« Nous travaillons sur de nouvelles hypothèses en fonction des besoins de chacun des clients de la centrale. Nous avons aussi tenu compte de toute la question des gaz à effets de serre et des économies qu’il serait possible de réaliser. Nous sommes encore en analyse. La décision sera prise lors du conseil d’administration du CIUSSS de décembre. Pour le moment, rien n’est encore arrêté », précise le directeur de la logistique et des équipements au CIUSSS, Michel Maltais, également président du conseil d’administration de la chaufferie.

Au moment de prendre la décision de fermer la centrale, la chaufferie livrait l’énergie à ses clients via un réseau de conduites au coût de 34 $ par unité de 10 000 livres de vapeur. À ce moment, en fonction du prix du gaz naturel, le véritable coût de l’énergie selon le marché était de l’ordre de 20 $ pour la même unité.

La quantité de vapeur produite obligeait les gestionnaires à maintenir une surveillance permanente des opérations. Il s’agit de normes imposées par la Régie du bâtiment pour les systèmes de production de vapeur avec des bouilloires. Les clients de la chaufferie ont procédé, au fil des ans, à la mise en place de programmes d’économie d’énergie, comme la géothermie, au Cégep de Chicoutimi. Ces initiatives ont eu un impact à la baisse sur les besoins de vapeur.

Selon le président de l’OBNL, le volume maintenant nécessaire pour combler les besoins des clients pourrait être produit en fonction de normes différentes. Il est ainsi possible pour la chaufferie de fonctionner sans surveillance permanente, ce qui permettrait de diminuer les frais de fonctionnement.

Au moment d’opter pour la fermeture de la chaufferie, les clients devaient procéder à des analyses pour chacun des immeubles afin de déterminer la nature des coûts pour l’implantation de systèmes au gaz naturel. Pour l’hôpital de Chicoutimi, le nouveau plan d’opération de la chaufferie représenterait une économie de quelque 300 000 $ par année, sur des coûts de chauffage de 2,4 M$.

Michel Maltais signale qu’un système de chauffage à la biomasse et au gaz est utilisé par l’hôpital de Jonquière depuis plus de 20 ans et fonctionne très bien. L’hôpital de Roberval a toutefois connu des problèmes avec un système à la biomasse il y a quelques années.