La canicule qui s’installe sur la région risque d’avoir des répercutions sur la qualité de la récolte de foin pour les producteurs laitiers. Les producteurs ont encore en mémoire la saison des récoltes 2018 alors que les pertes ont été considérables en raison du temps chaud et sec qui a perduré. 
La canicule qui s’installe sur la région risque d’avoir des répercutions sur la qualité de la récolte de foin pour les producteurs laitiers. Les producteurs ont encore en mémoire la saison des récoltes 2018 alors que les pertes ont été considérables en raison du temps chaud et sec qui a perduré. 

La canicule sème l’inquiétude chez les agriculteurs

La canicule qui s’installe sur la région depuis mardi arrive à un très mauvais moment pour les producteurs laitiers qui sont dans la première récolte de foin alors que l’eau a manqué, depuis les semis, et qu’il y a un risque d’amplifier la problématique si jamais le temps chaud et sec perdure après cette première coupe.

Le président de l’UPA du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Mario Théberge, confirme au Quotidien que la situation peut différer d’un secteur à l’autre de la région et qu’il semble y avoir des problèmes plus importants au Saguenay. Le moment de la première coupe est important puisqu’il permet aux producteurs de récolter du foin contenant un maximum de nutriments nécessaires à la production laitière.

«Pour des plantes, ça prend du soleil, de la chaleur et de l’eau. Nous sommes dans les journées les plus longues de l’été et où il y a le meilleur potentiel de croissance, mais c’est sec. Certains producteurs vont attendre alors que d’autres vont commencer en espérant un peu de pluie afin de ne pas tout perdre», explique le président de l’UPA, qui considère la gestion du fourrage de plus en plus complexe en raison des deux coupes au programme pendant la saison.

Tous les agriculteurs réalisent aujourd’hui au moins deux coupes pour le fourrage et, dans certains cas, une troisième coupe pour la luzerne au Saguenay. Selon des agriculteurs consultés, une journée de pluie additionnelle aiderait à compléter la pousse de la première coupe. Il y a toutefois une canicule en cours et les agriculteurs ne peuvent savoir si la pluie sera suffisante pour protéger la repousse.

«Si la coupe se fait et qu’il n’y a pas de pluie, ça va faire comme le gazon quand on coupe et qu’il fait soleil. Ça finit par sécher et ça prend plus de temps pour la repousse. C’est ce qui se produit en ce moment. La décision revient à chacun, mais en général, les producteurs décident de ramasser le fourrage quand il est en quantité et en qualité au lieu d’attendre», note le président de l’UPA.

Le président de l’UPA du Saguenay-Lac-Saint-Jean Mario Théberge mentionne que chaque producteur prend sa décision quant à l’opportunité d’entreprendre ou non la première coupe malgré les conditions météorologiques qui ne sont pas optimales en ce moment ai raison du manque de pluie.

Il est encore trop tôt pour connaître l’ampleur des dommages. Ce sont les spécialistes de la Financière agricole qui procèdent aux évaluations dans les différents secteurs de récolte afin d’établir des moyennes et d’offrir des compensations aux agriculteurs. Ces derniers ont cependant en mémoire la saison 2018, alors qu’une sécheresse avait sérieusement hypothéqué les récoltes dans la région. Les producteurs ont alors dû acheter du fourrage afin de compenser.

Dans ces situations, les producteurs peuvent acheter du fourrage, qui se vend habituellement beaucoup plus cher en situation de sécheresse, ou diminuer sensiblement le nombre de bêtes dans leur troupeau. Certains producteurs de la région ont déjà commencé à acheter du foin, puisque les réserves sont épuisées et la première coupe accuse un certain retard.

«Quand on attend trop pour la première coupe, il y a un problème de croissance. Le foin sèche et il y a une diminution de nutriments dans la plante. Ça représente une augmentation des coûts de production puisqu’il faut ajouter ce qu’il manque dans l’alimentation des troupeaux en surplus pour espérer être en mesure de produire du lait en quantité suffisante», explique Mario Théberge.

Le président régional de l’UPA ne veut pas tout peindre en noir, mais il souligne qu’au fil des ans, les coûts de production ont augmenté pour les producteurs agricoles. Les marges bénéficiaires sont réduites et les dépenses additionnelles induites par les problèmes de cette nature fragilisent les entreprises à la longue.

Les prochains jours auront donc une incidence importante pour les producteurs laitiers de la région pour ce qui est de la qualité de la première coupe et de l’état des champs pour la repousse.

L’agriculture, évoque le président de l’UPA, est devenue un secteur économique réglé au quart de tour. Les producteurs doivent réussir à tirer le maximum de chaque étape de la production pendant l’année afin d’assurer la rentabilité de leur entreprise et être en mesure de faire les investissements nécessaires pour garantir la pérennité de l’exploitation.