Le commandante de la 3e Escadre de Bagotville, William Radiff, serre ici la main du vétéran Jean Cauchy, de Lévis, pilote pendant la Seconde Guerre mondiale, qui se fait honneur de participer à la cérémonie commémorative de la bataille d'Angleterre depuis plusieurs années.

La bataille d'Angleterre commémorée

À 93 ans, le vétéran Jean Cauchy, qui a été pilote pendant la Seconde Guerre mondiale avant d'être fait prisonnier, se fait toujours un honneur d'assister à la cérémonie de commémoration de la bataille d'Angleterre à la base de Bagotville.
La députée de Jonquière, Karine Trudel, a déposé une couronne lors de la cérémonie de commémoration de la bataille de l'Angleterre, dimanche matin, à la base de Bagotville, à l'instar de plusieurs autres dignitaires.
Comme à son habitude, le vétéran avait fait le chemin depuis Lévis pour assister à l'événement. S'il marche maintenant à l'aide d'une canne, le dos légèrement courbé, il n'en demeure pas moins que l'ancien militaire se tenait fièrement debout, tout en faisant le salut militaire, lors de l'interprétation du Ô Canada.
Les militaires et vétérans présents sous le chapiteau du parc commémoratif, situé près du Musée de la Défense aérienne de Bagotville, ont entonné en choeur les paroles de l'hymne national, un moment chargé d'émotions pendant la cérémonie qui marquait le 77e anniversaire de la bataille d'Angleterre, qui s'est déroulée du 10 juillet au 31 octobre 1940 au-dessus de la Manche et de plusieurs pays d'Europe.
Le commandant de la 3e Escadre de la base de Bagotville, William Radiff, en poste depuis juillet, présidait la cérémonie. « La cérémonie d'aujourd'hui nous permet, entre autres, de souligner la chance que nous avons eue de pouvoir compter sur plus d'une centaine de pilotes canadiens, et sur leur bravoure, mais également de se souvenir que, malheureusement, 23 d'entre eux y ont laissé leur vie et ne sont jamais revenus au pays », a-t-il mentionné devant les militaires, dignitaires et civils rassemblés sous le chapiteau, bondé pour l'occasion. Il a aussi souligné la présence du vétéran Jean Cauchy, qu'il a qualifié de héros.
Si le pilote Jean Cauchy n'a pas connu la bataille d'Angleterre, la commémoration de cette campagne militaire lui rappelle de nombreux souvenirs, lui qui a été déployé en territoire ennemi en 1944 avec d'autres membres du 425e Escadron, le premier escadron francophone surnommé « Les Alouettes ». 
Jean Cauchy avait 18 ans lorsqu'il s'est enrôlé. Son rêve : devenir pilote de chasse. « Mais ils n'en avaient pas besoin à ce moment. Ils avaient besoin de pilotes de bombardier. Alors j'ai piloté un bombardier quatre moteurs », a raconté le vétéran lors d'un entretien avec Le Quotidien, pendant qu'il dînait en compagnie du colonel William Radiff, lors de la collation qui suivait la cérémonie.
Le 5 janvier 1945, quelques mois avant la fin de la guerre, son bombardier a été touché et il a dû sauter en parachute au-dessus de Hanovre, une ville du nord de l'Allemagne, avant d'être fait prisonnier. Il a ensuite passé environ quatre mois dans le camp de prisonniers Stalag Luft I, situé en bordure de la mer Baltique. « Quatre mois, ça peut paraître court, mais c'était long en maudit ! On n'avait rien à manger, que des paquets de pois rouges, pour nous tenir en vie. Et il faisait froid », a partagé l'homme dont la lucidité ne laisse pas transparaître ses 93 ans.
De retour au pays, il n'a pu poursuivre son rêve. « J'ai été licencié. L'armée n'avait plus besoin de nous, et être un prisonnier de guerre était mal vu », a-t-il exprimé avec regret.
À contrecoeur, il a entrepris des études en marketing avant de travailler dans des magasins grande surface. Il n'a cependant jamais oublié ses confrères d'armes et se fait un plaisir d'enfiler chaque fois son uniforme orné de plusieurs médailles pour commémorer la mémoire des combattants.
Daniel Ratthé, un vétéran originaire de Jonquière, portait fièrement ses médailles témoignant de ses 42 ans de service.
Un rendez-vous important
La commémoration de la bataille d'Angleterre est aussi un rendez-vous annuel important pour Daniel Ratthé, un vétéran originaire de Jonquière, qui a servi 42 ans.
Il a été déployé en Bosnie, à Chypre, en Afghanistan et dans plusieurs pays d'Europe, notamment, où il oeuvrait dans le mouvement, soit le déplacement des troupes et des équipements.
« Il faut se rappeler les sacrifices des militaires, et pas seulement des militaires, mais aussi des femmes. Les femmes s'occupaient des enfants pendant que nous étions partis », a souligné celui qui est père de trois enfants et pour qui l'armée représente sa deuxième famille.
M. Ratthé travaille maintenant depuis deux ans comme civil, en tant que magasinier aux pièces de CF-18 à la base de Bagotville. Il compte prendre sa retraite au printemps 2018