Pour Marilena Carullo, tailler une barbe est un travail de précision.

La «barbière» Marilena

S'il existe un métier qui ne court pas les rues aujourd'hui, c'est bien celui de barbier. Imaginez ce qu'il en est, alors, pour une «barbière». Le mot ne figure même pas dans le dictionnaire. Dans le quartier du Bassin, à Chicoutimi, il existe toutefois un oiseau rare en la personne de la barbière Marilena.
Installée au salon Parenthèse Beauté, sur la rue Bossé à Chicoutimi, Marilena Carullo est l'une des rares à pratiquer le métier de « barbière ».
Installée au salon Parenthèse Beauté depuis le début du mois d'août, Marilena Carullo pratique son métier avec passion. La femme de 47 ans a terminé un cours de coiffure au début de l'âge adulte. Après avoir oeuvré brièvement auprès d'une clientèle féminine, elle a décidé d'accrocher ses ciseaux.
«Ce n'était pas pour moi. Je n'étais pas bien là-dedans», raconte-t-elle. 
La Montréalaise d'origine italienne a travaillé comme préposée aux bénéficiaires pendant une quinzaine d'années. Pendant tout ce temps, le travail de précision inhérent à la profession de barbier et les compétences nécessaires au maniement de la lame la titillaient. Fille de barbier, elle a décidé de suivre son coeur et de réaliser son rêve en s'inscrivant à un cours à l'École de coiffure internationale de Montréal. Il s'agit d'une formation condensée de trois mois.
«Je suis minutieuse et perfectionniste. J'aime le travail de précision et j'aime le contact avec les gens. Je me sens à l'aise avec les hommes. C'est une clientèle différente avec qui je suis bien», dit Marilena Carullo, qui est arrivée en région il y a cinq ans pour s'établir à Saint-David-de-Falardeau avec sa conjointe.
Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les barbiers sont une espèce en voie de disparition. Il en est tout autrement dans la métropole, alors que le métier fait de plus en plus d'adeptes. Les barbiers pullulent, note Marilena, et plusieurs néophytes s'autoproclament spécialistes de la barbiche. Il s'agit d'un phénomène déploré par la principale intéressée, qui croit en l'importance de préserver les plus pures traditions du métier.
Traités aux petits oignons
Son poteau bleu, blanc, rouge n'est pas encore installé devant le salon de coiffure de la rue Bossé, mais Marilena prend ses aises rapidement et s'adapte à son nouvel environnement. Déjà, plusieurs hommes ont eu droit à sa médecine et y ont pris goût. Ils apprécient la chance de se faire traiter aux petits oignons. Car il faut dire que Marilena Carullo ne fait pas que raser des barbes, elle en fait aussi le modelage, l'entretien et la stylistique, selon les goûts et envies de chacun.
«Mes clients ne sortent pas d'ici tant qu'ils ne sont pas complètement satisfaits. Quand je taille une barbe, je la fais comme le client la veut. Les lignes doivent être bien droites. Ça doit être parfait», note-t-elle.
La barbière a un espace bien à elle dans le salon de coiffure où elle travaille, le tout dans le but de respecter le désir d'intimité des hommes. Entre les murs de son petit local, elle offre divers traitements. Les clients peuvent bénéficier d'un rasage complet suivi d'un massage, le tout rehaussé par une musique d'ambiance.
«Les gars ne sont pas habitués de relaxer et de s'offrir des traitements comme ça. J'en ai qui reviennent chaque semaine parce que ça leur fait du bien», poursuit celle qui reçoit également des femmes, pourvu qu'elles réclament une coupe courte. Les enfants font aussi partie de sa clientèle en construction.
Les outils de Marilena.
La barbe en vogue
En plus de manier avec doigté un outil tranchant, Marilena Carulla fait face à un autre défi : demeurer créative. 
Selon elle, le port de la barbe connaît un essor chez les messieurs. Certains d'entre eux veulent se démarquer et la pilosité faciale demeure, pour eux, une façon de s'exprimer. 
Dans ce contexte, la technique et la créativité sont la quintessence du métier pratiqué par Marilena Carulla, qui se plaît à tailler, sculpter ou modeler avec audace et minutie. 
« Les barbes reviennent à la mode. Chacun a sa coupe différente », dit celle qui s'est longuement pratiquée à raser des barbes de mousse sur des ballons, avec pour objectif de ne jamais les crever de sa lame.
Une coupe de cheveux pour homme réalisée par la barbière Marilena coûte 20 $. Un homme qui souhaite se faire tailler la barbe devra débourser 13 $. S'il veut obtenir le traitement royal, soit le rasage complet avec serviettes chaudes, il devra s'attendre à payer 25 $.