Sophie Boily, son fils Zachary et sa fille Léa travaillent ensemble au restaurant McDonald’s de Roberval.
Sophie Boily, son fils Zachary et sa fille Léa travaillent ensemble au restaurant McDonald’s de Roberval.

La « McFamille» de Roberval

Samuel Duchaine
Samuel Duchaine
Le Quotidien
Il y a quatre ans, Zachary Vézina faisait son entrée sur le marché du travail au restaurant McDonald’s de Roberval. Deux ans plus tard, sa soeur Léa s’est ajoutée à son tour à l’équipe et voilà qu’il y a six mois, sa mère, Sophie Boily, les a rejoints. Aujourd’hui, la « McFamille » se dit heureuse et plus unie grâce à cet emploi.

« Quand Zachary a commencé, je l’ai un peu forcé, parce qu’il était très gêné. Ça l’a beaucoup aidé et il est même devenu leader d’équipe. Léa, c’était un peu la même histoire. Elle était elle aussi trop gênée. Je lui ai dit : “Tu vas aller travailler là, toi aussi”. Elle ne voulait pas, mais à la longue, elle est sortie de sa zone de confort, s’est fait des amis. Depuis qu’ils travaillent chez McDonald’s, mes enfants ont développé plusieurs aptitudes qui les suivront tout au long de leur carrière, comme le travail d’équipe et le sens de l’organisation », raconte Sophie Boily.

Mme Boily avait déjà un peu d’expérience dans la restauration, mais au cours des dernières années, elle occupait plutôt un emploi de femme de ménage dans des résidences privées. Voyant à quel point ses enfants appréciaient leur emploi, elle a souhaité explorer les occasions de développement professionnel qui pouvaient s’offrir à elle.

« Je voyais que mes enfants avaient du plaisir et je me suis dit : “Je vais penser à ça ! ” J’étais tannée d’être seule dans ma bulle et je suis bien contente de mon choix. Tu te poses toujours des questions et je n’ai jamais été quelqu’un avec beaucoup d’amis. J’ai repris confiance en moi, j’ai développé des liens avec plusieurs personnes et je ne pensais pas pouvoir avoir un impact sur les gens comme ça », avoue la mère de famille, qui compte bien gravir les échelons.

Selon Mme Boily, ce lien d’emploi a permis à la famille de se rapprocher. « On a toujours été proches, mais pas tant que ça. Parce qu’on travaille ensemble, dans le même environnement, on s’est rapprochés beaucoup. Mes enfants me parlent pas mal plus et c’est génial », s’enthousiasme Sophie Boily, dont l’autre fils, âgé de 13 ans, a déjà hâte de se joindre au trio.

« Des gens attachants »

Pour le propriétaire franchisé de la succursale de Roberval, Louis-Michel Bradette, il est important d’encourager les membres d’une famille à travailler au même endroit, mais il ne faut surtout pas tomber dans le piège du favoritisme.

« On essaie de les traiter comme des individus qui n’ont pas de liens. Souvent, ce sont des gens qui sont dans la gestion qui accueillent leur enfant dans l’équipe. Dans ces cas, il ne faut pas commencer à faire de passe-droits. Mais on encourage ça. Ça rend l’esprit familial de l’équipe peut-être un peu plus concret », commente celui qui détient huit restaurants au Saguenay–Lac-Saint-Jean.

Ce n’est pas la première fois qu’il a autant de membres d’une même famille dans l’un de ses restaurants. « Je ne peux pas dire que ça arrive souvent, mais j’en ai toujours quelques-unes dans mes restaurants. À Alma, j’ai déjà eu le père, la mère et les deux enfants. Dans le cas de Sophie, Zachary et Léa, ça se passe très bien. C’est facile avec eux et ce sont des gens attachants », raconte M. Bradette.

Difficile de recruter

M. Bradette ne cache pas qu’il est victime de la pénurie de main-d’oeuvre, bien qu’il avoue bien s’en tirer grâce à la fermeture des salles à manger, notamment. Même si de nombreuses personnes sont arrêtées dans le domaine de la restauration, il ne reçoit pas plus de candidatures qu’en temps normal, même encore moins.

« On s’en tire bien parce que notre service au volant était déjà très bien organisé et on avait déjà un gros pourcentage de nos clients qui utilisaient ce service. On ne manque pas d’employés parce qu’on est en zone rouge et que les salles à manger sont fermées, mais le jour où elles vont rouvrir va arriver et là, il va falloir être prêts. Présentement, on anticipe que ça va être difficile et pas juste pour nous », confie M. Bradette.

M. Bradette fait beaucoup de publicité localement pour embaucher du personnel, et pas seulement des jeunes. « On fait beaucoup de campagnes locales ciblées dans les médias de proximité et les médias sociaux. On vise les jeunes, mais pas seulement eux. On cherche aussi les personnes plus âgées qui cherchent à travailler 15 ou 20 heures par semaine, au moment, ou presque, qu’elles le veulent », conclut M. Bradette.