Un maître-chien avait participé à la perquisition réalisée à l’appartement de la rue Jacques-Cartier, mercredi soir, où Villeneuve a été arrêté.

Karl-Emmanuel Villeneuve comparaît

Suspect dans l’affaire du meurtre d’Alexandre Larouche, Karl-Emmanuel Villeneuve a comparu en début de soirée, jeudi, au Palais de justice de Chicoutimi, pour des accusations reliées à la possession illégale d’un fusil de calibre 12 tronçonné et d’un pistolet de calibre .45. D’autres charges pourraient être déposées par la poursuite, puisque l’enquête est toujours en cours.

Arrêté mercredi soir lors d’une perquisition dans un appartement de la rue Jacques-Cartier à Chicoutimi, Villeneuve, 20 ans, a été interrogé par les policiers de la Sûreté du Québec jeudi. Il a été détenu de nombreuses heures au quartier général avant de comparaître devant le juge Pierre Simard, de la Chambre criminelle et pénale de la Cour du Québec, vers 18 h. Le magistrat lui a interdit d’entrer en contact avec deux personnes.

« La journée a été difficile pour lui. Il n’a pas beaucoup dormi. Il a des problèmes de santé [physique] et c’est important qu’il prenne sa médication », confie Me Mélanie Décoste, qui représentait l’avocat du jeune homme, Me Jean-Marc Fradette.

Karl-Emmanuel Villeneuve a été transféré du quartier général de la Sûreté du Québec vers le Palais de justice de Chicoutimi sous la pluie, jeudi.

Karl-Emmanuel Villeneuve, qui n’a pas d’antécédents criminels, est accusé d’avoir possédé entre le 6 et le 9 août une arme à feu prohibée non chargée avec des munitions facilement accessibles, sans avoir l’autorisation nécessaire et le certificat d’enregistrement du fusil en question. On l’accuse aussi d’avoir eu, vers le 8 août, une arme à autorisation restreinte sans être titulaire d’un permis qui l’autorise à posséder un pistolet.

« L’enquête est toujours en cours, et c’était les seules accusations que je pouvais déposer hors de tout doute raisonnable, avec la preuve dont je disposais. Un suspect arrêté doit comparaître dans les 24 heures, et c’est important pour la poursuite de respecter les droits de l’accusé », explique Me Mélanie Paré, du Directeur des poursuites criminelles et pénales.

La procureure de la Couronne a demandé un délai de trois jours au juge pour pouvoir remettre la preuve à la défense, preuve qu’elle-même n’a pas toute reçue. Villeneuve doit être de retour en cour le mardi 14 août pour son enquête de remise en liberté.

Permission spéciale
Le Palais de justice de Chicoutimi ferme normalement ses portes à 16 h 30. Afin de respecter les droits du suspect et de permettre à la Sûreté du Québec d’accomplir son travail, une permission a été demandée au tribunal pour que la comparution puisse se faire plus tard. En plus du juge, des employés du palais de justice ont aussi allongé leur journée de travail. « Ça arrive parfois, par exemple quand il y a des trafiquants de stupéfiants arrêtés en masse », précise Me Mélanie Paré.

Étant donné l’heure tardive et les accès restreints, Villeneuve a été escorté par les policiers par les corridors principaux, au lieu des couloirs destinés aux détenus. « On va où, là ? », a-t-il demandé impatiemment, sourcils froncés, avant de passer devant les journalistes, seuls membres du public encore présents à cette heure.

Avant d’entrer dans la salle d’audience, il a échangé un moment avec deux avocats, avant d’opter pour les services du bureau de Me Fradette au lieu de l’Aide juridique.

Perquisitions
Alexandre Larouche, 22 ans, a été retrouvé mort le 1er août dans la résidence de ses parents, sur la rue Johanna, à Chicoutimi-Nord. Il a été rapporté que son homicide était lié au crime organisé. Cet endroit a été examiné de nouveau mercredi par les policiers, avec un maître-chien, avant la perquisition à l’appartement au coin des rues Jacques-Cartier et Maltais. Un autre lieu aurait aussi été ciblé par la Sûreté du Québec.