Justin Trudeau est monté à bord de la boîte d’une camionnette, stationnée devant l’Auberge des 21, pour rencontrer des producteurs laitiers. Ils étaient là pour manifester leur inquiétude au sujet de l’avenir du sytème de la gestion de l’offre.

Justin Trudeau se montre rassurant

Le système de la gestion de l’offre n’est pas du tout en danger, assure le premier ministre du Canada, Justin Trudeau.

« On est là pour défendre l’intégrité et défendre notre système de gestion de l’offre pour les producteurs laitiers. On sait que c’est un système qui fonctionne. D’ailleurs, c’est mon père et le gouvernement libéral qui l’ont mis en place dans les années 70. Ça fonctionne pour les consommateurs, ça fonctionne pour les agriculteurs. On a pu signer des accords importants à l’international sans s’attaquer à la gestion de l’offre », a fait valoir le premier ministre, au cours d’une entrevue accordée au Quotidien, réalisée à l’Auberge des 21 de La Baie. Le chef libéral y a fait une visite éclair, entre un bain de foule au centre commercial Place du Royaume et son départ pour La Malbaie, où il prendra part au Sommet du G7 vendredi et samedi.

Le PM a commenté plusieurs dossiers régionaux.

Selon Justin Trudeau, l’inquiétude des producteurs laitiers, qui craignent pour la pérennité du système dans sa forme actuelle, est attisée par l’arrogance du président américain, Donald Trump, qui ne cesse de publier des gazouillis sur Twitter à ce sujet.

« Je comprends les inquiétudes des travailleurs et des producteurs. Trump, il est constamment en train de tweeter là dessus, “Ah oui ! Canada et Dairy ! ”. On voit que c’est un problème. Et je vois pourquoi c’est un problème. C’est parce que je lui dis depuis le début qu’on ne touchera pas à la gestion de l’offre. Je suis là pour défendre notre système et je vais toujours le faire. Et c’est ça qui fait que le président repousse un petit peu par les médias, parce qu’il sait que je refuse de bouger là-dessus », a-t-il martelé.

Le PM a commenté plusieurs dossiers régionaux. Il a assuré que le système de la gestion de l’offre pour la production laitière n’est aucunement en danger et a jeté le blâme sur Donald Trump qui, selon lui, ne cesse d’alarmer les Canadiens sur les médias sociaux. Justin Trudeau a aussi promis de soutenir l’industrie de l’aluminium, grandement affectée par l’imposition, la semaine dernière, de tarifs douaniers par les États-Unis.

Le PM a répété le même discours, après l’entrevue et une mêlée de presse, alors qu’il s’est dirigé à l’extérieur de l’hôtel pour rencontrer des agriculteurs de l’UPA venus à pied du centre Jean-Claude Tremblay pour manifester.

En pleine campagne électorale partielle dans Chicoutimi-Le Fjord, Justin Trudeau n’a pas hésité à sauter à bord de la boîte d’une camionnette pour aller discuter avec le président des producteurs de lait du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Daniel Gobeil. Il a saisi le micro pour parler aux producteurs et a répondu à quelques questions. Sa candidate, Lina Boivin, s’est elle aussi hissée à bord, tout comme le conseiller municipal et producteur laitier, Michel Potvin, qui a plus tard signifié qu’il accordait son appui à la candidate libérale.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, a accordé une entrevue exclusive au Quotidien jeudi, lors de son passage à La Baie alors qu’il était en route vers le Sommet du G7. Il était accompagné de la candidate à l’élection partielle dans Chicoutimi-Le Fjord, Lina Boivin.

Relations tendues
À quelques heures de l’ouverture du Sommet du G7 sur fond de tension avec les États-Unis, où des mesures protectionnistes ont été mises de l’avant avec une surtaxe sur l’acier et l’aluminium canadien, Justin Trudeau a fait part de son intention de demeurer poli, mais ferme.

« C’est certain qu’on va discuter. Avec M. Trump, j’ai toujours été très franc, respectueux et poli. Mais je ne cache pas qu’on est en désaccord et d’ailleurs, je vais expliquer que ce qu’il est en train d’amener comme tarif sur l’aluminium, ça pourrait faire mal aux gens au Canada, mais aussi à des travailleurs et consommateurs aux États-Unis. Il n’y a vraiment aucune logique dans ce qu’il est en train de faire. De suggérer que le Canada peut être une menace à la sécurité nationale du pays, c‘est carrément insultant », a mis en relief le premier ministre.

Justin Trudeau en compagnie de la candidate libérale dans Chicoutimi-Le Fjord, Lina Boivin.

Justin Trudeau a d’ailleurs récemment rappelé à son homologue américain que la piste d’atterrissage où Air Force One touchera le sol vendredi a été construite pour protéger l’industrie de l’aluminium pendant la Deuxième Guerre mondiale.

« C’était tellement important pour l’effort de guerre. On a ces liens qui sont essentiels, que l’on sent justement ici en région. De pouvoir ramener ça, lui parler de ça et des gens de la région, pour moi, c’est important », a-t-il enchaîné.

Les producteurs laitiers s’étaient déplacés en grand nombre pour manifester leur inquiétude au sujet de l’avenir du système de la gestion de l’offre.

Qu’avait à dire le PM pour rassurer les milliers de personnes du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui dépendent de l’industrie du métal gris?

« Pour moi, l’aluminium et cette région sont un exemple de l’avenir de l’industrie au Canada et on va absolument le protéger. On est en train de parler, comme on l’a fait pour la foresterie, avec les propriétaires et les syndicats pour amener les mesures nécessaires. Pour l’instant, je peux vous assurer qu’on va être là pour appuyer les travailleurs en difficulté », a-t-il insisté.

+

CE QUE LE PREMIER MINISTRE A DIT...

Au cours d’une entrevue exclusive de 15 minutes, réalisée à l’Auberge des 21 de La Baie, le premier ministre Justin Trudeau a répondu aux questions du Quotidien. Il était accompagné de la candidate libérale à l’élection partielle dans la circonscription de Chicoutimi-Le Fjord, Lina Boivin. L’entretien a porté essentiellement sur des enjeux régionaux. En voici le compte-rendu. 

L’implantation d’un service de Douanes à Bagotville

«Certainement, on comprend à quel point le tourisme, à quel point les gens qui prennent des vols pour le Sud, c’est important pour la communauté ici, une belle région qui s’épanouit et qui s’agrandit. Question de chiffres, jusqu’à présent, ça prend 50 000 voyageurs à l’international pour qu’un aéroport puisse qualifier pour les douanes. On sait qu’il y en a seulement à peu près 10 000 par année présentement. On sait aussi que c’est un défi de la poule et de l’oeuf. Il y en aurait plus s’il y avait des vols directs et si les gens n’avaient pas à passer par Québec. Ce que je me suis engagé à faire quand j’ai parlé avec la mairesse, c’est regarder comment on peut faire des études pour voir si la présence de douanes permettrait d’atteindre ces 50 000 personnes par année. Est-ce que ce serait justifié?». 

La Base de Bagotville 

«On veut continuer d’investir à Bagotville. Ça fait partie de notre présence et nos ressources pour les Forces armées à travers le pays. On sait qu’il y a déjà le centre d’excellence des drones à Alma, que le ministre Harjit Sajjan a visité l’année passée. Il y a de l’excellent travail qui se fait là-dessus». 

Son estime de la région 

«Je commence à bien connaître cette région. Je suis venu tellement souvent dans les dernières années. J’adore la région. J’ai rencontré d’ailleurs au centre d’achats (Place du Royaume) un monsieur qui travaillait au PFK quand j’étais venu en visite en 1984 avec mon père (voir autre texte). Il était sorti prendre une photo avec nous. Je me souviens tout à fait de ce stationnement et de cette rencontre parce que c’était une des premières fois qu’on a fait manger du PFK à mon père. Juste de voir ces connexions qu’on a de façon très profonde ici, ça me touche énormément. Certainement, avec une partielle ici, ça va être important de garder ce lien de proximité avec les gens de Saguenay. Je veux pouvoir avoir encore une bonne députée qui va être au sein de mon équipe. Quand on parle de l’aluminium, de Bagotville, du tourisme, de l’environnement, on a besoin d’avoir une voix ici à Saguenay». 

Saguenay, capitale des saines habitudes de vie

«Quand on vient au Saguenay, on ne peut pas ne pas apprécier ce bel équilibre, ce magnifique paysage. Les gens qui ont une belle énergie, qui regardent vers l’avenir. On ressent une région en plein épanouissement. Je pense que c’est un super beau projet et aussi d’avoir un peu de compétition à travers le pays pour voir qui peut être la meilleure place pour les saines habitudes de vie. Je suis sûr que Saguenay va très bien le faire. Pour moi, ça continue d’être quelque chose de très intéressant». 

l’achat de nouveaux Brise-glaces par le gouvernement

«On espère pouvoir avoir des annonces très positives bientôt. On ne le fera pas encore, mais on comprend profondément les besoins qu’on a ici en région (notamment en raison de la présence des installations portuaires de Rio Tinto) et à travers le pays pour de nouveaux brise-glaces. On prend cette responsabilité très au sérieux. D’ailleurs, les pourparlers avec la Davie vont très bien. On reconnaît à quel point la qualité du travail que les gens font à la Davie est exceptionnelle. Ils l’ont démontré avec L’Astérix (un navire de ravitaillement de la Marine royale canadienne) et à d’autres moments. On espère avoir des annonces très positives à faire sous peu».

Sa prochaine visite 

«C’est une petite pause aujourd’hui. Je suis en route pour Charlevoix. Je voulais venir voir Lina et voir la communauté ici, mais je peux vous rassurer, je vais revenir pour une plus longue visite la semaine prochaine. On va annoncer quand en temps et lieu, mais toutes les chances sont bonnes pour que je revienne saluer les gens ici».

Le départ de Denis Lemieux

«Ce n’est pas le moment de diviser une équipe qui fonctionne très bien. Justement, avec les enjeux de l’aluminium et les attaques de Trump sur les producteurs laitiers, il faut garder ensemble l’équipe. J’ai besoin d’une députée à mes côtés. Ce serait moins utile d’être en opposition à ce moment-ci. Je compte vraiment sur les gens pour me ramener cette voix forte qu’on avait avec Denis Lemieux. [...] J’ai eu de bonnes conversations avec lui. C’était une décision personnelle. Il continue de m’appuyer et de croire fondamentalement en ce qu’on est en train de faire». 

Lina Boivin «privilégiée»

«Je remercie M. Trudeau. Il est d’un appui incroyable. Je demande aux gens de me faire confiance. Ils ne rateront pas leur coup. Je vais me battre pour eux autres, ça, c’est sûr».