Yves Ntetu a témoigné avec confiance, mercredi après-midi.
Yves Ntetu a témoigné avec confiance, mercredi après-midi.

Yves Ntetu témoigne à son procès

«Je joue ma carrière, ma liberté, c’est normal que j’en mette.» À plusieurs reprises, mercredi après-midi, l’homme d’affaires Yves Ntetu s’est excusé à la juge Isabelle Boillat, de la Cour du Québec, pour ses longues envolées oratoires. Celui qui fait face à des accusations de harcèlement criminel, de voies de fait et de voies de fait causant des lésions a été invité à «recadrer» son témoignage et à se concentrer sur les faits par la juge et son avocat, Me Julien Boulianne.

Yves Ntetu, notamment connu pour s’être mis dans la peau d’un itinérant pendant 24 heures à deux reprises, en plein hiver, témoignait à son procès. Les procédures sont frappées d’une ordonnance de non-publication et tous les détails qui permettraient d’identifier le plaignant ne peuvent être divulgués. Au total, neuf événements en particulier ont été rapportés à la cour.

«Je viens ici et je suis transparent, même si mon nom est dans le journal», a dit M. Ntetu en parlant des épisodes où il a consommé de la cocaïne, ajoutant être «un des meilleurs banquiers du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord, avec des prix dans mon bureau pour le prouver». Un peu plus tard, il a dit n’avoir aucun reproche à se faire, car il sait ce qu’il a à perdre. Selon lui, il est «impossible de travailler dans le domaine financier avec des accusations criminelles».

À quelques reprises pendant son témoignage, Yves Ntetu a reproché aux policiers «d’être tellement occupés à le coincer», alors que l’enquêteuse au dossier était assise juste derrière lui. L’avocat de la Couronne, Me Sébastien Vallée, a même dû intervenir pour demander à l’accusé d’arrêter de dénigrer les témoins précédents.

En matinée, pendant que la victime subissait le contre-interrogatoire mené par Me Boulianne, M. Ntetu a pris beaucoup de notes. Mains jointes sur sa poitrine, jambes croisées et assis de biais derrière le témoin, il écoutait attentivement et était en contact constant avec son avocat. À un certain moment, Me Boulianne l’a d’ailleurs invité à se taire, car il réagissait aux propos avec des sons ou des mots.

Le plaignant dans le dossier a parlé d’une période difficile et pensait mourir. «Je ne trouvais tellement pas d’issue que j’ai pensé mettre fin à mes jours.»

À deux reprises, le procès a été suspendu pendant quelques minutes et Yves Ntetu en a profité pour dire à la journaliste du Quotidien de «prendre des notes, les contradictions s’en viennent».

Jeudi matin, l’accusé sera interrogé par l’avocat de la Couronne.

Justin Trudeau

Yves Ntetu fait aussi face à des accusations en lien avec le passage de Justin Trudeau, en avril 2019, à l’hôtel Delta de Jonquière.

Après avoir refusé d’obtempérer à un ordre des policiers en lien avec une infraction au Code de la sécurité routière, il avait pris la fuite et s’était retrouvé au Delta, où le premier ministre du Canada prenait part au Gala du mérite économique de la Chambre de commerce et d’industrie Saguenay-Le Fjord. Il avait couru dans les corridors avant d’être maîtrisé par les policiers.

Les dossiers en lien avec cet événement se retrouvent sur le rôle de jeudi, au Palais de justice de Chicoutimi, mais Me Boulianne a confirmé au Quotidien que ce sera reporté à une autre date afin de se concentrer sur le procès en cours.