Yves Martin

Yves Martin renonce à sa liberté... pour l’instant

Le multirécidiviste de l’alcool au volant Yves Martin ne demandera pas à être remis en liberté... pour le moment.

En temps normal, Yves Martin, un individu de 38 ans, aurait été admissible à une libération conditionnelle pour le temps des Fêtes, soit au sixième de sa peine, un peu moins de trois années après le début de sa détention, lui qui a écopé d’une sentence de 14 années de pénitencier.

Le juge François Huot, de la Cour supérieure du Québec, avait prononcé la sentence le 26 janvier 2017, mais il était détenu depuis le 1er août 2015. Martin a été reconnu coupable au terme d’un procès devant jury, le 2 décembre 2016, de conduite avec les facultés affaiblies et de conduite dangereuse causant la mort.

Il faut se souvenir qu’Yves Martin a enlevé la vie de Mathieu Perron, de sa conjointe Vanessa Tremblay-Viger, qui était enceinte de trois mois, et de leur jeune garçon Patrick, le soir du 1er août 2015.

Conduisant à haute vitesse, soit 121 kilomètres à l’heure dans une zone de 50 km/h, dans le rang Saint-Paul, à Laterrière, il affichait un taux de 0,179 milligramme d’alcool par 100 millilitres de sang. La limite permise est de 0,08.

L’accident avait soulevé l’indignation parmi la population du Saguenay–Lac-Saint-Jean, mais aussi de tout le Québec, d’autant plus qu’Yves Martin en était à sa troisième condamnation pour conduite avec les facultés affaiblies.

« À ma connaissance, mon client a renoncé à demander une remise en liberté conditionnelle, même s’il était en droit de le faire au sixième de sa peine », a commenté le criminaliste Jean-Marc Fradette, lors d’un entretien avec Le Quotidien.

Yves Martin n’a donc toujours pas déposé de demande à la Commission des libérations conditionnelles du Canada (CLCC).

Me Fradette avait laissé voir qu’il aurait été difficile, voire impossible, que son client obtienne une libération au sixième de la détention, en raison de la gravité des accusations et de la réprobation populaire.

À la CLCC, on confirme que cela aurait pu être possible.

« Au sixième de la peine, le délinquant a droit à une semi-liberté. Dans le cas d’Yves Martin, il n’est pas encore arrivé au sixième de sa peine. Mais il n’a pas demandé non plus de pouvoir bénéficier de cette semi-liberté », a expliqué Philippe Mercier, de la Commission des libérations conditionnelles du Canada, lors d’une entrevue.

Tout porte à croire qu’il va attendre à la prochaine occasion pour convaincre les commissaires qu’il s’est suffisamment réhabilité pour sortir des murs du Centre de détention de Donnacona, dans la région de Québec.

Le délinquant pourrait s’adresser à la commission le 26 juin 2020 pour une liberté conditionnelle, soit au tiers de la peine. Et au 25 octobre 2028, il sera admissible à une libération complète, selon le bureau québécois des Services correctionnels du Canada.

Yves Martin doit faire la preuve de sa bonne conduite à l’intérieur des murs du pénitencier et de sa participation aux programmes suggérés par les autorités carcérales.

Selon les informations, Yves Martin aurait un très bon comportement depuis son arrestation et son incarcération, en août 2015.

Cela ne lui garantit pas une permission directe de la commission, mais sa bonne conduite ne peut pas lui nuire.

Par ailleurs, le détenu a renoncé à donner des conférences aux étudiants du secondaire et du collégial sur les dangers reliés à la conduite avec les facultés affaiblies à sa sortie de prison.

Le multirécidiviste de l’alcool au volant a compris, après des discussions, qu’il ne s’agissait pas de sa meilleure idée. En somme, les citoyens ne comprennent pas qu’il veuille procéder ainsi. La plaie est loin d’être guérie dans l’esprit de la population.