Yves Martin pourrait obtenir une libération conditionnelle à la fin de 2018.

Yves Martin pourrait reprendre le volant

Yves Martin, le multirécidiviste de l'alcool au volant, s'est vu imposer une interdiction de conduire à perpétuité. Mais cette interdiction pourrait bien être de quelques années seulement à sa sortie du pénitencier. S'il retrouve son permis de conduire, son véhicule devra être muni d'un antidémarreur jusqu'à la fin de ses jours.
Afin de justifier sa décision, le juge François Huot, de la Cour supérieure du Québec, a rappelé que l'accusé avait eu une interdiction de conduire de 12 mois en 2005 et une autre de 36 mois en 2010, en plus d'avoir un antidémarreur pendant cinq ans. 
« Yves Martin ne conduisait plus de véhicule muni d'un éthylomètre depuis cinq mois et demi tout au plus. Le soussigné ne permettra pas qu'Yves Martin sème à nouveau la mort sur son chemin. Assez, c'est assez ! », a rédigé le magistrat.
Le Quotidien a effectué quelques vérifications auprès de la Société de l'assurance-automobile du Québec (SAAQ) en lien avec l'obtention d'un nouveau permis de conduire. 
Si le dossier n'a pas encore été évalué dans les officines de l'organisation, le porte-parole Gino Desrosiers a expliqué les lignes directrices.
« Il faut tenir compte de plusieurs éléments. Nous n'avons pas encore lu la décision du juge dans le dossier Yves Martin. Nous n'avons pas non plus étudié ses antécédents judiciaires », explique M. Desrosiers.
« En théorie, si aucune interdiction absolue n'est déterminée (un temps minimum sans permis de conduire), nous partons du principe que selon la loi, l'interdiction de conduire minimale est de 12 mois. Ensuite, la personne peut obtenir son permis de conduire, mais doit faire installer un antidémarreur pour la durée de l'interdiction. Dans son cas, ce serait à vie », précise le porte-parole de la SAAQ.
Il ne s'agit là que de théorie. Le dossier sera analysé en profondeur le moment venu.
Avant de redonner un permis de conduire à Yves Martin, plusieurs éléments seront étudiés.
Comme Yves Martin a aussi été reconnu coupable d'une conduite dangereuse causant la mort (condamné à huit années de pénitencier concurrentes aux 14 années de la faculté affaiblie causant la mort), cela risque de compliquer les demandes de l'accusé.
« Ça pourrait effectivement modifier les règles pour l'obtention du permis de conduire. Les antécédents judiciaires vont jouer aussi », d'ajouter M. Desrosiers.
Libération conditionnelle: le chauffard pourrait sortir dans moins de deux ans
Le chauffard Yves Martin pourrait avoir droit à une libération conditionnelle au tiers de sa peine. Il pourrait sortir autour de la période des Fêtes de 2018, donc dans moins de deux ans.
Tout ça est en théorie puisque la Commission des libérations conditionnelles canadiennes aura à analyser le dossier dans les mois à venir.
Le juge François Huot, de la Cour supérieure du Québec, a imposé une sentence de 14 ans de pénitencier à l'homme de 37 ans.
Selon les informations obtenues, Martin, qui a fauché trois vies le 1er août 2015 à Laterrière, aurait droit à une libération conditionnelle au sixième de la peine restante, soit 11 ans et 9 mois, ou au tiers de la sentence de 14 ans.
Dans les deux cas, cela pourrait signifier une libération avant Noël 2018. Si cela devait s'avérer, Martin aurait passé l'équivalent de 50 mois en détention, mais il n'en aurait fait véritablement que 41, soit les 18 mois avant la sentence qu'il faut multiplier par 1,5, ce qui donne 27 mois, et environ 23 après sa sentence.
« Avant d'obtenir une libération conditionnelle, plusieurs conditions seront analysées. Le calcul de la peine commence normalement au moment du verdict (26 janvier 2017). Lorsqu'il pourra faire une demande, les commissaires des libérations conditionnelles analyseront son comportement au pénitencier, son implication, s'il a travaillé à l'intérieur des murs, sa participation à des thérapies et s'il a un plan à sa sortie », note Me Jean-Marc Fradette.
« Il serait surprenant qu'on le libère au sixième de la peine. Même au tiers, ça pourrait être difficile. Il faut savoir que les libérations conditionnelles pourraient tenir compte de la médiatisation du dossier. Elles pourraient tenir compte que le procès a retenu l'attention et que la population aura certainement une réaction », reprend Me Fradette.
Roberval-Montréal
Maintenant qu'Yves Martin sait à quoi s'attendre pour une certaine période de sa vie, il a repris, jeudi soir, le chemin de la prison de Roberval. 
Il devrait y demeurer environ 30 jours, le temps que les délais d'appel soient écoulés.
« Il sera ensuite transféré à la Montée Saint-François (Sainte-Anne-des-Plaines) où il sera sous évaluation durant quelques mois. Les autorités détermineront ensuite l'endroit où il sera envoyé pour la balance de sa détention. Ça devrait être le pénitencier Archambault, à sécurité minimale, étant donné qu'il ne représente pas un danger », a conclu son procureur, Me Jean-Marc Fradette.