Bryan Poirier connaîtra sa sentence le 26 août prochain.
Bryan Poirier connaîtra sa sentence le 26 août prochain.

Violence conjugale: l’ex-conjointe de Bryan Poirier rêve qu’il «vient finir la job»

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
L’ex-conjointe de Bryan Poirier, accusé de voies de fait graves contre elle, fait encore des cauchemars, un peu plus de deux ans après qu’il l’ait étranglée avec une corde de nylon. Elle rêve « qu’il revient pour finir la job », la poussant dans une tombe, a-t-elle expliqué, dans une déclaration lue par la procureure de la Couronne, lors des observations sur la peine qui avaient lieu lundi, au Palais de justice de Chicoutimi.

Bryan Poirier, un homme du Saguenay, pourrait écoper de cinq ans de pénitencier pour avoir étranglé son ex-conjointe avec une corde au point de lui faire perdre connaissance et pour lui avoir fait vivre un enfer durant 60 minutes en la frappant et en la traînant au sol, à l’été 2018. L’individu, qui avait plaidé coupable à une accusation de voie de fait grave en avril 2019, connaîtra son sort le 26 août prochain. La défense demande entre 18 et 24 mois d’incarcération. 

Le 22 juillet 2018, Bryan Poirier s’en est violemment pris à son ex-conjointe, une dame âgée dans la cinquantaine. Ils étaient séparés depuis quelque temps, mais vivaient toujours ensemble, le temps de mettre de l’ordre dans les biens communs. Un soir, la victime était partie chez des amis, ce qui a mis Poirier hors de lui. Alors qu’elle rentrait chez elle, Poirier l’a étranglée par-derrière avec une corde et l’a traînée au sol. Il l’a amenée jusqu’au sous-sol et l’a menacée d’un couteau, qui était caché dans les coussins d’un divan. Il l’a frappée, tout en serrant la corde assez fort pour que la dame perde connaissance. Il a menacé de la pendre. Il avait finalement lâché son emprise après une heure de torture. En plus des traumatismes psychologiques, la victime a encore des douleurs au cou.

Bryan Poirier était initialement accusé de tentative de meurtre, mais l’homme avait finalement accepté de plaider coupable à un chef de voies de fait graves.

L’individu est libre durant les procédures judiciaires. Il a purgé 25 jours après avoir été arrêté.

Après avoir été retardée plus d’une fois au cours des derniers mois, c’était l’étape des observations sur la peine, lundi, au Palais de justice de Chicoutimi. 

La Couronne, représentée par Me Marianne Girard, a plaidé pour une peine de cinq ans de pénitencier, compte tenu de la gravité et de la violence des gestes posés, mais aussi parce que l’homme n’a fait aucune thérapie sur la gestion de la colère depuis les événements. L’avocate craint la récidive. La victime de Poirier n’a pas témoigné en cour, mais une déclaration a été lue au juge de la Cour du Québec, Richard P. Daoust. La dame a expliqué avoir eu peur de mourir et qu’elle vivait toujours avec ce traumatisme. Elle en fait toujours des cauchemars, craignant que Poirier vienne la tuer.

L’avocate de la poursuite a expliqué, durant ses plaidoiries, que les cas de violence conjugale représentaient le quart de tous les crimes de violence commis au Québec. Parmi les victimes de violence conjugale, 78 % sont des femmes, a-t-elle précisé. 

L’accusé a lui aussi témoigné en cour, lundi, s’adressant à la victime et lui exprimant ses regrets, en pleurant. 

La défense, représentée par Me Luc Tourangeau, a demandé une peine variant entre 18 et 24 mois pour son client. 

Le juge Richard P. Daoust a pris la question en délibéré et rendra sa sentence le 26 août prochain.