Miguel Boivin devra purger encore 109 jours de détention, après avoir plaidé coupable à des chefs d’accusation de voies de fait et de menaces contre son ex-copine.

Violence conjugale: il admet ses torts, mais répète qu’il ne faisait que se défendre

Miguel Boivin, détenu depuis l’automne pour un dossier de violence conjugale, a finalement admis certains gestes, mercredi, alors que devait reprendre son procès au Palais de justice de Chicoutimi. L’individu de 26 ans a plaidé coupable à des chefs de voies de fait simple, de menaces de mort et de bris de condition, tandis que les accusations de voies de fait armées et de séquestration ont été abandonnées par la Couronne. Le contexte de violence dans lequel évoluait le jeune couple, autant de la part de l’accusé que de la plaignante, explique en partie ce dénouement.

Miguel Boivin a admis que le soir du 23 septembre dernier, il a empoigné sa copine par le cou et par les épaules, qu’il lui a dit qu’il allait la tuer et qu’il l’a empêchée d’appeler la police, en jetant son cellulaire dans les toilettes.

Il a toujours nié avoir utilisé un couteau pour commettre ses voies de fait et nie aussi l’avoir empêchée de quitter la résidence.

Miguel Boivin a décidé de plaider coupable, mais les chefs les plus graves ont été retirés. Des chefs de voies de fait armées et de séquestration avaient initialement été portés par le ministère public.

Lors de son témoignage, le mois dernier, la plaignante au dossier avait admis avoir usé de violence contre son copain à certains moments et que leur relation de couple était malsaine, en raison, notamment, de la consommation de drogue et d’alcool.

Si Miguel Boivin a plaidé coupable, il a tout de même répété au juge avoir commis ces gestes pour se défendre. Il a toutefois ajouté qu’il n’aurait pas dû agir de la sorte et qu’il reconnaissait ses torts.

Après discussions entre les procureurs de la Couronne et de la défense, Me Élise Tremblay et Me Olivier Théorêt, une suggestion commune a été soumise au juge Richard P. Daoust.

« Ce couple évoluait dans un contexte dysfonctionnel, avec de la violence et de la consommation de part et d’autre », ont avancé les deux procureurs, qui ont proposé une peine de détention de sept mois et demi, que le juge Richard P. Daoust a acceptée.

Miguel Boivin a également plaidé coupable à un bris de condition, alors qu’il avait été épinglé avec un cellulaire lorsqu’il était en thérapie fermée, ce qui est interdit. Il était allé en thérapie au début du mois d’octobre dernier, lors de son arrestation. Après avoir été pincé avec le cellulaire, il avait été envoyé en détention à Roberval. Il a donc déjà purgé environ quatre mois en temps préventif.

« Tout ce qui vous a mené là, c’est la consommation. Vous êtes jeune, vous pouvez faire quelque chose », a souligné le juge Daoust.

Miguel Boivin, qui a plusieurs antécédents judiciaires à son actif, a répondu au juge qu’il était « en train de se rebâtir » et qu’il était sobre.

Une fois sa détention terminée, le jeune homme devra respecter une probation de deux ans et ne peut entrer en contact avec sa victime d’aucune façon.