Billy Beaudreault discute avec son avocat, Me Charles Cantin, sachant fort bien que la détention ferme l’attend dans les prochaines semaines.

Victime battue pour 100 $: une peine jusqu'à huit ans demandée

Pour récupérer une dette de seulement 100 $ et avoir laissé pour morte sa victime, le Jonquiérois Billy Beaudreault risque de se retrouver au pénitencier pour une période pouvant aller jusqu’à huit années.

Le jeune homme de 20 ans a entendu Me Michael Bourget, de la Couronne et Me Charles Cantin, en défense, y aller de leur plaidoirie respective devant le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec.

Billy Beaudreault a plaidé coupable, le 20 avril 2017, à des accusations d’introduction par effraction, de vol, de voies de fait armées et de complot dans une première affaire. Il a aussi reconnu sa culpabilité pour une deuxième introduction par effraction, un autre vol, des menaces, des bris de condition, de méfait et de voies de fait.

En novembre 2016, Beaudreault et quatre de ses complices se rendent chez la victime en pleine nuit. Ils y entrent par effraction et se mettent à battre l’individu qui dort à poings fermés. Le jeune homme a été battu à coups de bâton et a été laissé pour mort sur les lieux.

Les cinq individus ont vidé l’appartement de son contenu, en volant notamment des appareils électroniques, des vêtements et le chaton de leur victime.

Lundi, Beaudreault s’est adressé à sa principale victime. Il s’est tourné vers lui dans la salle d’audience pour lui exprimer ses remords.

« Je suis vraiment désolé. Je n’étais pas dans mon état normal. Je revis ça chaque jour et j’imagine que c’est la même chose pour toi. Si je pouvais revenir en arrière, je ne referais pas ça. Tu n’as plus rien à craindre de moi », a lancé Beaudreault.

Malgré les regrets et la volonté de se reprendre en main, l’accusé n’a pas totalement convaincu Me Bourget qu’il devait éviter une longue peine. 

« Un des complices, un mineur, a voulu appeler les secours en voyant l’état de la victime. Il le croyait mort. Mais les autres lui ont dit d’oublier ça », mentionne Me Michael Bourget.

« Cette invasion de domicile et le fait d’avoir battu une victime comme ça s’est fait demeurent l’un des crimes les plus graves du Code criminel canadien. Et ça doit être puni sévèrement », croit le procureur de la Couronne.

Ce dernier a aussi mentionné les autres crimes commis par Beaudreault, dont le fait d’avoir battu la même première victime après avoir appris qu’elle avait porté plainte à la police. L’accusé a aussi donné une volée à un individu qui passait dans la rue.

« Les crimes sont graves, mais en contrepartie, l’accusé semble offrir un beau profil de réhabilitation. Nous en entendons beaucoup nous dire qu’ils vont se reprendre en main, mais ça n’arrive pas souvent. Avec lui, on y voit un vent de fraîcheur », admet Me Bourget.

« Mais le crime est important et les fourchettes de peine sont assez élevées. On parle souvent de 6 à 16 ans. Je demande une peine de 72 mois (6 ans) pour le principal crime et de 12 à 18 mois consécutifs pour les autres infractions. Au total, ça pourrait être une peine de sept ans et demi à huit ans de détention », suggère le procureur de la Couronne.

Parité

Pour sa part, Me Charles Cantin estime que la suggestion de son confrère est nettement exagérée, surtout qu’il croit que le tribunal doit tenir compte de la parité des peines, comme celle de 27 mois imposée au complice de son client, Mathieu Lagacé-Gagnon. 

« Je suis surpris et stupéfait de la plaidoirie de mon confrère. Ce qu’il demande, c’est une peine de trois à quatre fois plus élevée pour les mêmes crimes. Si la victime a été laissée pour morte, la preuve démontre qu’elle ne se souvenait pas de ce qui s’était passé. Le lendemain de l’agression, les policiers l’ont vu et noté qu’il marchait sur ses deux jambes », note Me Cantin.

« Mon client a été un peu plus actif que son complice dans ces affaires. Mais il s’est repris en main, a suivi une thérapie de six mois avec succès et est maintenant bien entouré », a conclu le criminaliste.

La décision sera rendue le 3 mai.