La moyenne du temps d’attente dans les urgences de la région est de 8,9 heures.

Urgences: baisse de six minutes dans la région

L’Institut économique de Montréal (IEDM) a annoncé jeudi matin que malgré des statistiques publiées en novembre dernier faisant état d’une baisse des temps d’attente, la durée de séjour des patients dans les salles d’urgence du Québec aurait plutôt augmenté. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, les patients ont connu une maigre amélioration de six minutes.

Par voie de communiqué, l’analyste en politiques publiques à l’IEDM avance l’idée que pendant plus de 40 ans, les études en lien avec le temps d’attente utilisaient une mesure inefficace, ce pour quoi les données restaient sensiblement les mêmes d’une année à l’autre. Plutôt que de regarder la moyenne du temps d’attente, ce dernier suggère de se pencher davantage sur la médiane, puisque moins sujet aux variantes extrêmes.

« En regardant la médiane, on voit rapidement que les données disponibles ne sont pas représentatives de la situation. Par exemple, la durée moyenne de séjour dans l’ensemble des urgences du Québec indique une moyenne de 7,3 heures contre 7,8 heures l’année dernière, mais pour ces mêmes patients, la durée médiane de séjour présente un temps de 4,5 heures d’attente alors qu’il était à 4,4 en 2017. On se retrouve avec une augmentation légère d’une demi-heure, mais après cinq ou dix ans, on se retrouve avec une augmentation énorme », explique M. Déry rejoint au bout du fil.

Pour renverser cette situation qui inquiète, l’analyste de l’IEDM croit dur comme fer que deux solutions s’imposent. Premièrement, la mise en place du financement à l’activité prévue prochainement, permettant une concurrence saine entre les hôpitaux où plus le nombre de patients traités sera élevé, plus ils auront accès à des fonds monétaires.

Dans un deuxième, temps, M. Déry parle de recourir à l’innovation du secteur privé où la gestion des hôpitaux pourrait être attribuée à des entreprises spécialisées en la matière.

« Toutes les promesses et la bonne volonté du monde seront sans effet si les paramètres fondamentaux de notre système ne changent pas. Lorsqu’on parle de privatisation des soins, les gens pensent aux États-Unis qui ne sont vraiment pas un exemple à suivre. À peu près tous les pays développés avec une couverture universelle comme la nôtre comptent sur le privé, il y a une variété de modèles qui fonctionnent très bien, comme c’est le cas en Allemagne, par exemple, où seulement un pour cent des patients attendent plus de cinq heures pour être soignés », continue M. Déry.

Baisse légère dans la région
Bien que le temps d’attente soit moins élevé que dans les grands centres comme Montréal, la donnée médiane pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean affiche une légère baisse puisqu’elle est passée de 4,1 à seulement 4 heures en 2017, soit une maigre amélioration d’environ six minutes.

Au CIUSSS de la région, on ne peut commenter ces chiffres puisqu’on n’utilise pas la donnée médiane. Amélie Gourde, du service des communications, rappelle que son organisation doit respecter une cible de temps passé à l’urgence de moins de 12 heures. Là-dessus, le réseau de la santé a fait ses devoirs puisque la moyenne est de 8,9 heures. Avec Normand Boivin