Julie Gagnon-Bond s’est montrée satisfaite du travail fait par Me Pascal Lévesque, de la Couronne, pour sa requête.

Une victime du magicien Girard brise le silence

L’Almatoise Julie Gagnon-Bond ne veut plus se cacher ou se sentir mal. Elle veut parler librement de l’agression sexuelle dont elle a été victime, il y a plus de 30 ans, par le magicien d’Alma Jean-Guy Girard.

La dame a présenté une requête à la Cour supérieure du Québec afin de lever l’interdiction de non-publication de l’identité d’une des victimes de Girard (quatre enfants au total).

Girard, aujourd’hui âgé de 65 ans, a plaidé coupable à des agressions sexuelles sur des fillettes. Les gestes se sont déroulés entre les années 1980 et 2000. L’individu, qui s’adonnait à des tours de magie, utilisait ce talent pour approcher les jeunes filles et porter ses mains là où il n’avait pas à le faire.

L’homme a été condamné à quatre années de pénitencier en mai 2016 pour avoir touché les fesses, les seins et les organes génitaux de ses victimes.

Jeudi, une de ses victimes s’est adressée au juge Louis Dionne, de la Cour supérieure du Québec, afin de faire lever l’interdiction de non-publication de l’identité des victimes dans cette affaire. Julie Gagnon-Bond veut que son histoire soit connue à Alma afin d’aborder plus facilement cet épisode noir de sa vie.

« J’oeuvre dans le monde des arts à Alma, et mon agresseur en faisait aussi partie. Je veux faire connaître cette histoire afin que les gens sachent ce qui s’est passé », a expliqué la dame au magistrat.

« Je le fais aussi pour inciter d’autres personnes, qui pourraient avoir été victimes d’un agresseur sexuel, de ne pas attendre 20 ou 30 ans pour dénoncer ces situations. Je crois que plus nous allons en parler et plus rapidement les gens pourront dénoncer », croit-elle.

L’Almatoise croit pouvoir se libérer d’un énorme poids qui pèse sur ses épaules. « Je n’ai pas l’intention de raconter mon histoire dans les détails, mais je veux que les gens sachent ce qui m’est arrivé pour mieux comprendre », dit-elle.

Julie Gagnon-Bond a même écrit sur sa page Facebook qu’elle n’hésiterait pas à identifier Girard comme un pédophile si elle le croisait, car elle estime que ce n’est pas aux victimes de se sentir mal, mais bien leur agresseur.

Le juge Dionne a accepté la demande de Mme Gagnon-Bond, d’autant plus que l’agresseur et son avocat, Me Luc Tourangeau, ont été avisés de la requête. « Mais vous devez savoir que cette requête n’est valable que pour vous. Les autres victimes n’ont pas fait de demande et n’ont pas à être identifiées, car la levée de l’interdiction ne vaut que pour vous », a rappelé le magistrat.

Me Pascal Lévesque, de la Couronne, a présenté la requête au tribunal et a expliqué qu’il avait longuement discuté avec sa cliente pour qu’elle évalue correctement les impacts de sa décision. « Il s’agit d’un choix éclairé. La dame a évolué jusqu’au point de vouloir en parler ouvertement », de dire Me Lévesque.