Steeve Marquis risque une sentence de 14 ans de détention s’il est reconnu coupable des différents chefs de voies de fait (armées et causant des lésions) qui pèsent contre lui.

Une relation de violence

Le Jonquiérois Steeve Marquis a démontré des signes de violence dès les premiers mois de la relation de quatre ans qu’il a entretenue avec son ex-conjointe. Il l’a frappée de ses mains ou avec un manche à balai jusqu’au jour où il lui aurait fracturé la mâchoire.

C’est ce qui ressort du témoignage de la jeune femme qui est en fait la plaignante dans cette affaire. Le procès se déroule devant juge et jury à la chambre criminelle de la Cour supérieure du district judiciaire de Chicoutimi devant le juge Louis Dionne.

Steeve Marquis fait face à 10 chefs d’accusation comprenant ceux de voies de fait, voies de fait causant des lésions, voies de fait armées et harcèlement à l’endroit de son ex-conjointe, qui est aussi la mère de sa fille.

Ce n’est pas sans difficulté que la présumée victime a raconté cette période de sa vie où elle a admis avoir consommé de l’alcool et certaines drogues. La jeune femme a admis avoir dissimulé à ses proches les violences de son ami de cœur. L’événement le plus grave de cette relation serait survenu alors que la plaignante séjournait à Montréal avec Steeve Marquis et un ami, à la toute fin du mois de juillet 2016.

À ce moment, alors que la présumée victime est à Montréal, sa mère transmet un message sur le téléphone de leur ami disant qu’elle est recherchée par la police. L’ami du couple est furieux et décide de sortir de l’appartement pour fumer sur la galerie.

La plaignante se rappelle s’être levée pour aller en direction de Steeve Marquis. « Il m’a donné un coup de poing sur la mâchoire. J’ai vu le sang et je n’étais pas capable de fermer la bouche », raconte aujourd’hui la jeune femme.

Après l’incident, elle a pris un bain et souffrait beaucoup. Le lendemain, le couple a pris la route en direction de Jonquière. Dans les heures qui ont suivi son arrivée dans la région, elle s’est rendue à l’urgence. Elle a par la suite choisi de se rendre chez un dentiste qui a constaté la double fracture et demandé une consultation avec le docteur Marc Blackburn. 

Dans le récit de sa relation avec Marquis, la plaignante a expliqué avoir constaté un changement de comportement de la part de ce dernier. Elle se rappelle que Steeve Marquis n’était plus le même homme après un séjour à Montréal en compagnie de Marc-Étienne Côté. Elle croyait que son conjoint s’était rendu sur la Côte-Nord pour travailler.

Elle n’a jamais su ce qui s’était passé à Montréal pour qu’il change aussi radicalement dans ses comportements et son regard. « D’une certaine façon je l’aimais, mais j’avais peur de ce qui allait arriver. Ma mère, je lui en cachais beaucoup. Je voulais le protéger », a insisté la jeune femme pour justifier le fait de ne pas avoir porté plainte contre Marquis à cette époque.

Coup de bâton

Dans les événements racontés devant le jury, celui du coup de bâton sur une main a soulevé un certain intérêt. La fillette du couple avait alors trois mois. Sans raison, Steeve Marquis aurait fracassé un manche de serpillière ou de balai en bois sur la main droite de sa conjointe de l’époque. Sa main enflée a attiré l’attention de sa sœur. La plaignante ne voulait pas que sa mère soit informée du coup de balai alors que sa sœur pensait le contraire.

À un autre moment, alors que le couple avait emménagé dans un appartement de Jonquière, Steeve Marquis aurait lancé un couteau en sa direction. Le couteau est passé au-dessus de sa tête.

La présumée victime a d’autre part admis qu’il lui était arrivé de « péter les plombs » contre Steeve Marquis pendant cette relation. Elle a par contre assuré n’avoir jamais posé de geste violent contre ce dernier de peur des représailles.

C’est à partir de l’événement du coup au visage qui aurait causé la fracture de la mâchoire que l’entourage de la jeune femme a mis de la pression afin que cette dernière porte plainte contre Steeve Marquis.

Leur relation a pris fin quand le père de la jeune fille s’est présenté à l’appartement du couple. Elle affirme que Steeve Marquis l’a pris à la gorge avant de la frapper à coup de pied.

En contre-interrogatoire, Me Louis Belliard a surtout tenté d’obtenir des précisions sur un certain nombre d’événements relatés en interrogatoire principal par la plaignante. 

Le procès reprendra mercredi matin avec la poursuite du contre-interrogatoire.

+ UN IMPACT ASSEZ PUISSANT

Le chirurgien maxillo-facial Marc Blackburn a été le médecin traitant pour la fracture à la mâchoire que Steeve Marquis aurait infligée à son ex-conjointe.

Le spécialiste a examiné la jeune femme le 4 août 2016. Il a alors constaté une double fracture de la mandibule inférieure.

Une fracture avec déplacement de la mâchoire a été diagnostiquée dans l’angle de la mandibule. La seconde fracture, sans déplacement, a été diagnostiquée juste à la gauche du menton.

Selon le spécialiste, une telle fracture est habituellement causée par un impact assez puissant. Il serait surprenant qu’elle soit causée par un coup à main ouverte. Le médecin affirme que ce genre de blessure est habituellement causé par un accident de voiture, des coups portés avec une barre de fer, un bâton de baseball ou une bataille entre hommes dans un bar.

Le docteur Blackburn se rappelle que la plaignante ne voulait pas vraiment discuter de la façon dont la blessure avait été causée. Il a procédé aux soins avec les techniques habituelles pour replacer la mâchoire.