La présumée fausse infirmière Nathalie Bélanger brillait encore par son absence, mardi, au Palais de justice de Chicoutimi.
La présumée fausse infirmière Nathalie Bélanger brillait encore par son absence, mardi, au Palais de justice de Chicoutimi.

Une preuve de 1500 pages pour la fausse infirmière présumée

Le dossier de la présumée fausse infirmière de Jonquière Nathalie Bélanger était de retour au Palais de justice de Chicoutimi, mardi matin. Après avoir plaidé non coupable aux accusations criminelles et pénales qui pèsent contre elle, l’accusée et ses avocats ont reçu la volumineuse preuve que détient l’Ordre des infirmiers et des infirmières du Québec, qui s’étend sur 1500 pages. La femme de 50 ans brillait encore par son absence, en salle de cour, mardi.

Nathalie Bélanger, qui est accusée d’avoir pratiqué le métier d’infirmière durant 20 ans à l’hôpital de Jonquière sans qu’elle n’ait les formations et les diplômes requis, est poursuivie par l’Ordre des infirmières du Québec pour un montant de 683 000 $ et fait face à 40 chefs d’accusation pénale. Au criminel, elle fait face à neuf chefs.

Son nom figurait sur le rôle statuaire du Palais de justice de Chicoutimi, mardi, mais sa présence n’était pas requise, comme ce fût le cas vendredi dernier, lors de sa comparution en chambre criminelle. Des plaidoyers de non-culpabilité avaient été enregistrés autant au criminel qu’au pénal par les avocats de Nathalie Bélanger, Me Luc Tourangeau et Me François Dionne.

Le dossier a été reporté au 26 mai, puisque la défense devra prendre le temps d’analyser les quelque 1500 pages de preuve, remises mardi par la poursuite, qui représente l’Ordre.

40 chefs pénaux

L’Ordre des infirmières du Québec l’accuse d’avoir exercé illégalement la profession et d’avoir usurpé le titre d’infirmière.

L’organisation lui reproche aussi d’avoir illégalement évalué la condition physique et mentale de patients, d’avoir effectué des examens et des tests diagnostiques invasifs, d’avoir administré des médicaments et d’avoir utilisé des mesures de contention.

Le stratagème de Nathalie Bélanger, qui a notamment pratiqué au bloc opératoire de l’hôpital de Jonquière, a été découvert au printemps 2019. La femme aurait utilisé le numéro de permis d’une autre infirmière qui porte le même nom et qui travaille également au sein d’un établissement du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Le pot aux roses a été découvert lorsque la femme s’était inscrite à une formation de perfectionnement dédiée aux infirmières. Le numéro d’identification de la femme ne concordait pas avec le lieu de pratique. Une enquête interne avait alors été ouverte.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay–Lac-Saint-Jean avait aussitôt congédié la femme, avant de porter plainte à la police de Saguenay.