Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge n’apprécie pas que la CSRS ait englouti autant d’argent dans une poursuite vaine et sans fondement.

Une poursuite «vaine et sans fondement»

Le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, n’en revient pas que les dirigeants de la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay (CSRS) aient englouti 600 000 $ dans une poursuite « vaine et sans fondement ». Il invite la présidente Liz Gagné et les commissaires à réfléchir sérieusement à la suite de leur mandat.

Au cours d’un entretien avec Le Progrès, le ministre Roberge a réitéré son désarroi face au dossier de la directrice générale de la CSRS, Chantale Cyr.

Le juge Guy Roy, du Tribunal administratif du travail du Québec, a confirmé dans un jugement de 61 pages que Mme Cyr avait subi du harcèlement psychologique, des lésions professionnelles et avait été congédiée illégalement durant un congé de maladie.

Le magistrat avait sérieusement blâmé la présidente Liz Gagné pour le harcèlement psychologique et avait dénoncé l’aveuglement involontaire et l’incurie des commissaires d’école dans tout le processus.

« Je n’ai pas le pouvoir de démettre des gens de leur fonction. Mais je n’en ai pas moins une très mauvaise opinion de la décision de la présidente et des commissaires d’avoir entrepris cette démarche et d’avoir englouti 600 000 $ dans une poursuite qui était vaine et sans fondement. Ça choque la population », a indiqué le ministre de l’Éducation.

Ce dernier sait aussi que les élus n’ont pas pris de décision, encore, sur la possibilité de porter la décision du juge Roy en appel.

« Je n’ai pas d’idée de leurs intentions, mais en ce qui me concerne, il serait totalement irresponsable et inconcevable d’aller en appel. J’espère que la commission scolaire va se conformer à la décision du tribunal dans les plus brefs délais », ajoute M. Roberge.

Ce dernier n’en revient pas que la facture des avocats de la CSRS puisse s’élever à quelque 600 000 $. Le ministre précise que cela équivaut pratiquement à l’embauche de 10 orthopédagogues. « Ça suffit là », dit-il.

Le ministre Roberge estime que cette saga a assez duré, surtout que ce sont les citoyens qui auront à payer la facture. Il sait très bien que la note risque d’augmenter étant donné que les honoraires de Me Éric Lebel, qui a défendu les intérêts de Chantale Cyr, pourraient être payés par la CSRS.

Jean-François Roberge ne peut exiger la démission de Liz Gagné, mais l’inviter à réfléchir sérieusement à son avenir.

Et c’est sans oublier les sommes qui devront être versées à la plaignante depuis son congédiement remontant à mars 2018 et pour les dommages et intérêts qui seront réclamés.

« Toute cette histoire démontre que le système des commissions scolaires est dysfonctionnel. Ça renforce ma position de vouloir abolir les conseils des commissaires et d’éliminer les élections scolaires et de revoir le fonctionnement de ces organisations », ajoute-t-il.

Démission

Le ministre Jean-François Roberge précise qu’il ne peut exiger la démission de la présidente Liz Gagné et des commissaires.

« Je n’ai pas ce pouvoir. Malgré tout, j’espère qu’ils vont entreprendre une réflexion sérieuse sur le fait de poursuivre leur mandat comme commissaires. Ça leur appartient », note le ministre de l’Éducation.

« Mais je crois que la population a déjà exprimé sa façon de voir les choses de manière assez claire. »

Le ministre donne quelques jours de réflexion aux élus scolaires et à la présidente, mais il n’écarterait pas la possibilité de réagir (article 479 de la loi, voir autre texte).

Si les élus prennent la décision de remettre leur démission au cours des jours à venir, le ministre Roberge tient à se faire rassurant sur la suite des choses.

Une personne du ministère de l’Éducation est déjà prêtée pour donner un coup de main à la CSRS sur le plan administratif et elle poursuivra son travail d’accompagnement.

« Il n’y a pas d’inquiétude à y avoir pour les services à l’élève, le transport scolaire et le fonctionnement de la commission scolaire. Nous ne laisserons pas tomber les élèves, les enseignants, le personnel et la direction. »

« Mais une chose est certaine, les services aux élèves, c’est primordial. Ma collègue des Affaires municipales, Andrée Laforest (députée de Chicoutimi), partage le même point de vue que moi », ajoute le ministre.

Quant à la possibilité que Chantale Cyr veuille absolument reprendre son poste de directrice générale la CSRS, le ministre Roberge indique que dans le nouveau système de gouvernance, ce sera aux membres du conseil d’administration de désigner une personne à ce poste.