Jason Roy-Lagacé a été acquitté d’agression sexuelle causant des lésions après que la plaignante ait abandonnée son témoignage en plein contre-interrogatoire.

Une plaignante d'agression sexuelle abandonne son témoignage

Confrontée à de plus en plus de questions serrées, une des plaignantes dans le dossier de l’ex-militaire Jason Roy-Lagacé a abandonné son témoignage en plein contre-interrogatoire, mercredi. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a donc retiré plusieurs accusations, dont une d’agression sexuelle causant des lésions.

Le client de Me Charles Cantin faisait face à 11 chefs d’accusation en lien avec trois plaignantes. Des accusations de harcèlement criminel, de méfait et d’agressions sexuelles pesaient contre l’individu pour des événements survenus entre 2014 et 2016.

Au cours de la quatrième journée du procès de Roy-Lagacé devant le juge Jean Hudon, de la Cour du Québec, Me Charles Cantin, en défense, a entrepris, mercredi après-midi, le contre-interrogatoire de la troisième plaignante.

Après l’avoir interrogée sur certains éléments de son témoignage principal et insistant pour obtenir des réponses qui ne venaient pas, le criminaliste a fait valoir quelques contradictions.

Me Cantin a d’abord interrogé la témoin sur un coup de poing au nez qu’elle aurait donné à l’accusé. La femme a d’abord nié, pour ensuite confirmer ce fait après avoir entendu son interrogatoire vidéo avec les policiers de Saguenay.

La situation est devenue plus corsée lorsque le criminaliste est revenu sur l’épisode où l’accusé aurait sodomisé la plaignante durant son sommeil et sans aucune préparation. Le geste lui aurait fait très mal. Elle dit lui avoir demandé d’arrêter, mais Roy-Lagacé n’aurait pas écouté.

« Pourtant, dans votre déclaration aux policiers, vous avez plutôt parlé d’un dildo qui avait été inséré dans votre anus et non pas que c’est l’accusé qui vous avait agressée », a lancé Me Cantin.

La plaignante a hésité de longues secondes avant de répondre. Elle a indiqué à quelques occasions qu’elle ne comprenait pas les questions, que ça allait trop vite et que l’avocat de la défense l’embrouillait.

Le juge Hudon s’est alors levé de son banc et a ordonné une suspension de quelques minutes afin de rétablir la situation.

Lorsque les parties sont revenues au tribunal, la greffière a demandé à deux reprises à ce que la témoin se présente à la salle 2,07 du Palais de justice de Chicoutimi. Comme rien ne se passait, Me Karen Inkel, du DPCP, s’est rendue au bureau du Centre d’aide aux victimes d’actes criminels (CAVAC) pour s’enquérir de la situation.

« La plaignante ne veut plus venir témoigner. J’ai discuté avec elle et elle me fait part de plusieurs raisons pour ne plus être présente dans la barre des témoins », a laissé entendre Me Inkel.

« Je vous demande un arrêt des procédures dans les dossiers concernant cette plaignante », a ajouté la procureure de la Couronne.

Le juge Hudon a donc acquitté Roy-Lagacé de méfait, de harcèlement criminel, de voies de fait, de menaces et d’agression sexuelle causant des lésions.

« L’accusation la plus importante est tombée, soit celle d’agression sexuelle causant des lésions. C’est beaucoup plus important dans un procès », note Me Cantin.

« C’est arrivé quelques fois, mais ce n’est pas quelque chose qui est courant, surtout à une certaine étape d’un contre-interrogatoire. On peut en déduire certaines choses. Il est certain que l’étau se resserrait quant à moi. Et j’avais d’autres questions. C’est un soulagement, mais ce n’est pas terminé », a poursuivi le criminaliste.

Jason Roy-Lagacé, âgé de 33 ans, doit témoigner jeudi.

LA LUNE DE MIEL TOURNE AU CAUCHEMAR

L’ex-militaire de Bagotville, Jason Roy-Lagacé, aurait fait passer sa relation amoureuse avec son ex-conjointe de la lune de miel à un véritable cauchemar en l’espace de quelques mois. L’homme attentif au lit les premières fois en serait venu à sodomiser la présumée victime, alors qu’elle dormait.

Mercredi matin, la troisième plaignante au dossier est venue raconter, avec beaucoup de difficulté, ce que Roy-Lagacé lui a fait subir durant les cinq mois de leur relation.

Ils se sont connus par le biais du réseau Tinder et ont rapidement eu un premier rendez-vous à un chalet que la plaignante avait loué à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix avec une amie, en mars 2016.

«Dès le moment où je lui ai ouvert la porte, j’ai eu une illumination. Il était tellement beau. On a jasé et on a fini la soirée ensemble dans le lit. Notre première relation sexuelle était parfaite. Il semblait lire dans ma tête comme dans le film Ce que femme veut (avec Mel Gibson)», a raconté la jeune femme.

«Les trois premières semaines, c’était comme un conte de fées. Il était fin, attentionné, plein de surprises et me faisait des compliments. J’étais heureuse. C’est après que nous avons commencé à nous pogner, à nous chicaner», a poursuivi la plaignante.

La jeune femme se remémore que Roy-Lagacé n’appréciait pas qu’elle ne réponde pas immédiatement à ses messages textes. Il n’avait pas aimé, non plus, qu’elle se rende, sans lui, chez son ex-conjoint pour y récupérer des effets personnels. L’accusé l’avait suivie en voiture et avait démontré son mécontentement.

Après trois semaines de relation, les chicanes sont devenues fréquentes, mais les amoureux se réconciliaient et avaient ensuite des relations sexuelles. 

Quelques semaines avant la séparation, le couple s’est rendu en République dominicaine et la plaignante avait demandé l’accusé en fiançailles. Il avait dit oui.

Pourtant, le lendemain, la femme a couché sur le seuil de la porte de la chambre d’hôtel, parce que Roy-Lagacé ne voulait pas la voir à la suite d’une crise de jalousie de part et d’autre.