Une peine en société révoquée

Carl Tremblay, de Saint-Fulgence, aura tout le temps nécessaire pour réfléchir aux conséquences de ne pas respecter ses conditions de liberté. Il a vu sa peine en société être révoquée et droit prendre le chemin de la prison.

L’homme de 45 ans s’est présenté mercredi matin dans le box des accusés au Palais de justice de Chicoutimi. Menottes aux poignets, le client de Me François Dionne a bien tenté d’expliquer à la juge Isabelle Boillat, de la Cour du Québec, pourquoi il avait manqué à ses conditions à neuf occasions entre juillet et septembre, mais il n’aura pas réussi à la convaincre.

Tremblay avait été condamné à une peine de 18 mois en société en mai dernier pour une série de vols. Les procureurs s’étaient entendus pour ne pas retourner l’homme derrière les barreaux (il avait purgé une peine de 20 mois en 2016 pour diverses infractions), car les vols pour lesquels il a été reconnu coupable en mai s’étaient produits avant la détention.

Si les deux premiers mois de la peine en société se sont déroulés correctement, les choses ont commencé à se gâter en juillet. Tremblay a enregistré ses premiers manquements. Il n’a pas fait installer une ligne téléphonique fixe dans les délais prescrits, n’a pas répondu aux appels de son agent de probation, même si celui-ci laissait sonner plusieurs coups. Il a manqué à de nombreuses reprises.

Le tribunal lui a imposé des périodes supplémentaires de couvre-feu de 24 heures sur 24. Malgré des avertissements, la situation ne s’est pas résorbée au point où l’accusé a été ramené devant le tribunal le 8 septembre. Le magistrat lui a révoqué sa liberté pour une période de trois semaines.

Le 26 septembre, au moment de se retrouver à l’extérieur des murs de la prison, l’agent de probation a rencontré Tremblay pour l’aviser de ses conditions de remise en liberté, afin qu’il fasse en sorte de les respecter. Il semblait avoir compris.

Mais ça n’aura pas duré 24 heures. Dès le 27 septembre, au lendemain de sa sortie de détention, l’accusé a communiqué avec les policiers pour leur faire part d’une chicane de couple. 

À leur arrivée, les patrouilleurs ont noté que Tremblay se trouvait en état d’ébriété (c’était interdit) et ont trouvé une pipe à haschisch et un flacon vide de cannabis (autre interdiction) dans son logement.

Mercredi, la juge Boillat s’est dite sensible aux efforts de l’accusé de vouloir se reprendre en main, mais note tout de même que son discours n’est pas assez convaincant. 

Car si le passé est garant de l’avenir, il faut savoir que Tremblay possède de nombreux antécédents judiciaires, dont plusieurs bris de probation.

« Votre comportement porte atteinte à la crédibilité du système judiciaire et sur les peines rendues. Vous ne semblez pas comprendre ce qu’est une peine en société et ce que signifie le respect des ordonnances de la cour », note la juge Boillat.

Ainsi, Carl Tremblay passera la balance de sa sentence en société derrière les barreaux, pratiquement jusqu’à la fin de 2018.