Une nuit « d’enfer » en détention pour Marc Claveau

Le Chicoutimien Marc Claveau a eu droit à toute une surprise à sa sortie de la salle d’audience des petites créances du Palais de justice de Chicoutimi, mardi, parce que des policiers l’attendaient pour procéder à son arrestation.

L’individu de 42 ans se trouvait sous mandat d’arrestation pour avoir omis de se présenter aux procédures judiciaires du 15 janvier 2019.

Mardi, lorsqu’il a terminé sa cause aux petites créances, des policiers du Service de police de Saguenay (SPS) et des constables spéciaux du palais de justice ont procédé à son arrestation en raison d’un mandat du tribunal. Comme il était trop tard pour qu’il comparaisse au tribunal, il a été conduit au quartier général du SPS pour y passer la nuit.

« Je suis complètement dépassé par les événements. J’ai toujours respecté les lois. Je vis honnêtement. De me retrouver arrêté et de passer une nuit en détention, ce fut comme un enfer pour moi », a relaté Claveau, menottes aux poignets.

L’homme a comparu devant le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec, mercredi midi. Il a expliqué la raison pour laquelle il était absent du tribunal le 15 janvier.

Claveau a été accusé de voies de fait et de harcèlement, en novembre 2017, après que son grand-père l’ait appelé parce que des individus se trouvaient sur place pour lui dérober son argent.

« Mon grand-père a demandé mon aide. Environ 20 minutes plus tard, j’étais à sa maison, qui était comme ma deuxième résidence. J’agissais comme aidant naturel auprès de mon grand-père », a mentionné Marc Claveau pour expliquer les accusations.

« J’ai dit à ces gens de partir. Ils ont appelé la police et m’ont accusé injustement de voies de fait et de harcèlement. Mais j’étais chez mon grand-père et eux n’avaient pas à être là », dit-il.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a bien tenté de soumettre le dossier de Claveau au programme des mesures de rechange, mais l’accusé a refusé d’y aller.

« Je n’avais pas à m’excuser auprès de ces gens, qui étaient là pour enlever l’argent à mon grand-père », a-t-il poursuivi.

Mais le juge Boudeault lui a expliqué qu’il n’était pas là pour le reconnaître coupable ou non de ces infractions, car il ne s’agissait pas de son procès.

« Je dois déterminer si je vous garde en détention jusqu’à la tenue du procès ou si je vous remets en liberté. Je veux donc connaître les explications pour justifier votre absence du tribunal le 15 janvier dernier », a indiqué le magistrat.

La réponse de Marc Claveau est venue rapidement.

« Je n’étais pas au courant. Je ne le savais pas. Personne ne m’a avisé de la situation. Mon avocat de Québec ne m’a jamais avisé que je devais être présent au tribunal à cette date », a précisé l’accusé.

Le tribunal a d’ailleurs démontré que ni l’accusé ni l’avocat n’étaient présents le 15 janvier pour demander une remise ou une date de procès.

Le juge Boudreault a accepté de remettre Marc Claveau en liberté jusqu’au moment, à court terme, où il se trouvera un nouvel avocat et que celui-ci sera en mesure de fixer une date de procès.

Le magistrat a rappelé que le dossier traîne depuis novembre 2017 et que, selon la décision de la Cour suprême du Canada dans l’arrêt Jordan, un dossier de ce genre doit être réglé dans un délai de 18 mois.