Après avoir causé un accident, l'accusé a pris la fuite, laissant son amie sur place.

Une longue feuille de route à 22 ans

Même si l'Almatois Alexandre Bouchard a plusieurs antécédents criminels à seulement 22 ans, le juge Pierre Lortie a décidé mercredi de lui laisser la chance d'aller en thérapie fermée de six mois avant de subir son procès notamment pour voies de fait avec une arme prohibée causant des lésions et conduite avec les capacités affaiblies.
L'accusé a donc pu retrouver sa liberté au terme de son enquête sous caution au Palais de justice d'Alma, mercredi. Il était détenu depuis son arrestation le 26 juin, alors qu'il avait donné une fausse identité aux policiers. Le chef d'accusation de supposition de personnes s'ajoutera d'ailleurs prochainement à ceux de possession d'une arme prohibée, soit un poing américain, de voies de fait armées avec lésions, de méfait, de bris de probation, de délit de fuite et de conduite avec les capacités affaiblies causant des lésions.
C'est d'ailleurs la propension du jeune homme à la « fuite », ainsi que ses 29 bris d'ordonnances du tribunal et de ses inculpations dès l'âge de 15 ans, qui motivaient la procureure de la Couronne, Me Sabrina Tremblay, à demander l'incarcération préventive.
« Est-ce qu'on va attendre qu'il tue quelqu'un ? », a-t-elle plaidé devant la Cour du Québec.
Alexandre Bouchard a déjà suivi une thérapie de trois mois pour ses problèmes de consommation de drogues. Il est sorti de détention en novembre 2016, et a commis une nouvelle infraction dès janvier 2017 et une autre en mars. Il a aussi comparu devant le tribunal de la jeunesse il y a quelques années. Les faits reprochés mercredi remontent au 16 avril 2017 et au 4 juin dernier.
Le premier cas s'apparente à une situation de rage au volant. Alexandre Bouchard prenait place dans une voiture comme passager. De la tension s'est accumulée avec un autre véhicule. À un feu de circulation, l'accusé est sorti pour frapper l'automobile avec son poing américain et a blessé une personne.
En juin, le jeune homme a plutôt pris le volant avec une amie après une soirée au camping. Il a mal négocié une courbe et s'est retrouvé au fond d'un ravin, sous un pont. Plutôt que de prêter assistance à la passagère, il a pris ses jambes à son cou. Ce sont d'autres personnes qui passaient par là plus tard qui ont appelé les ambulanciers. La jeune femme n'a pas subi de graves blessures, mais a souffert de migraines répétées après l'accident.
Me Dominic Bouchard, en défense, a admis que son client possède « une feuille de route bien garnie malgré son jeune âge », mais il voyait là justement une raison supplémentaire pour ne pas « lâcher la serviette » et lui accorder la chance de régler son problème de consommation en thérapie. Il appert qu'Alexandre Bouchard change de personnalité lorsqu'il prend de l'alcool ou des drogues, dont de la métamphétamine, de la cocaïne et du GHB.
Le juge Pierre Lortie a avoué qu'« en théorie », il était difficile de redonner sa liberté à Alexandre Bouchard. Il a cependant noté son témoignage positif. Le père de l'accusé devra déposer une caution de 2000 $ et le jeune homme devra suivre plusieurs conditions. Il a fait lui-même les démarches pour être suivi au centre L'autre côté de l'ombre à Bécancour.