Une longue carrière de fraudeur

Un homme de 87 ans qui accumule les délits depuis 1947 est condamné à 12 mois de prison pour une nième fraude, de 100 $.
Le stratagème de Jacques Corbeil est le même depuis quelques années: il se présente chez un commerçant à qui il propose des napperons de papier personnalisés et demande une avance pour l'impression d'une quantité déterminée.
Évidemment, l'impression ne vient jamais et l'argent a été empoché par le fraudeur.
L'informatique ne retient que les condamnations obtenues à partir 1979, ce qui donne une version allégée de 200 pages au casier judiciaire du fraudeur.
Le Directeur des poursuites criminelles et pénales peut obtenir des archives les condamnations obtenues entre 1947 et 1978, mais l'effort demandé pour obtenir un portrait plus complet n'avait aucune influence sur la sentence.
Détenu depuis le 29 janvier
Corbeil est déjà détenu depuis le 29 janvier pour une fraude de 340 $. Il a commis sa plus récente fraude alors qu'il était en attente de décision... pour une fraude antérieure.
Le juge Rosaire Larouche de la Cour du Québec s'est intéressé au phénomène. Le magistrat a déclaré qu'il n'avait jamais lu une conclusion aussi démonstrative que celle de l'agent de probation qui a préparé un rapport présentenciel.
«La seule relation stable de M. Corbeil est avec le système judiciaire et correctionnel ", a écrit l'auteur du rapport qui estime que Corbeil est très confortable en prison et qu'il s'implique régulièrement dans divers comités. Il a même déjà occupé la fonction de président du comité des détenus. Avec sa participation, il est enclin à recevoir des privilèges.
Le temps qui passe affecte la bonne forme du fraudeur qui se plaint d'ennuis de santé et d'arthrite.
Le juge a écouté les explications de Corbeil et en a conclu qu'une personne sensée ne pouvait même pas se fier au contraire de ce qu'il dit pour se convaincre de la vérité.
Slemelin@lequotidien.com