Louise Tremblay a fait une véritable croix sur son amour avec son ancien impresario.

Une histoire de coeur chantée au juge

L'amour est mort, n'en parlons plus, chantait Gilbert Bécaud. Le criminaliste Luc Tourangeau l'a mentionné au tribunal pour démontrer que l'histoire d'amour entre la chanteuse Louise Tremblay et son impresario et amoureux est bel et bien terminée.
La femme de 71 ans est condamnée à 50 jours de détention (moins 45 jours de détention préventive) pour s'être introduite par effraction dans le logement de son ancien gérant afin d'y récupérer ... le système de son qu'elle prétend avoir acheté et payé. 
Cette histoire sonne le glas entre la chanteuse et son gérant. Ils ont formé un groupe et ont chanté durant un certain temps ensemble. Mais ils ne remonteront plus sur les planches un à côté de l'autre.
La sexagénaire, qui n'avait pas souvent mis les pieds dans un palais de justice, a connu une période difficile en juillet dernier.
Après la rupture en avril 2017 avec son impresario, la dame, qui habite l'appartement à côté de son ancien amoureux sur la rue de l'Hôtel-Dieu, à Chicoutimi, a voulu récupérer le système de son. 
Mais l'homme n'a pas voulu le lui remettre. Les prétentions des deux parties sont que l'appareil leur appartient.
Au début de juillet, une première accusation a été déposée et la dame a dû faire quelques jours de détention. Mais à peine sortie de prison, elle a invectivé l'homme et la dame qui l'accompagnait.
S'adressant à la dame, Louise Tremblay lui a lancé : « Ne lui parle pas à lui, car il va t'envoyer en prison. »
Voyant que l'homme de 69 ans s'apprêtait à se rendre au poste de police et qu'il allait traverser la rue, Mme Tremblay a ajouté : « si tu peux te faire frapper, je vais enfin être débarrassée de toi .»
Le juge Michel Boudreault s'est informé auprès de l'accusée si elle reconnaissait les faits. Elle a fini par dire oui, mais continuait en même temps à faire des signes de tête de désapprobation devant le résumé des faits.
Le magistrat s'est impatienté et s'est adressé directement à elle afin de savoir ce qui n'allait pas.
« Il n'y a rien de vrai là-dedans. Ce sont des menteries », a-t-elle lancé.
Le juge Boudreault a rétorqué qu'elle venait pourtant de plaider coupable aux diverses accusations déposées contre elle et qu'elle avait reconnu les faits.
« Cela doit signifier qu'il y a du vrai là-dedans », de noter le juge.
La peine
Au moment d'imposer la peine, le juge a dû prendre en compte le fait que l'accusée et la victime demeurent l'une à côté de l'autre dans le même immeuble à logements. L'impresario ne veut pas la voir, car il craint son ancienne protégée.
En plus des 45 jours de détention déjà effectués, Me Karen Inkel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), a suggéré 15 jours supplémentaires de prison, alors que Me Luc Tourangeau, en défense, croyait que le temps fait était suffisant.
Le juge a laissé voir que la dame devra se trouver un autre logement. Il lui impose finalement cinq jours de détention de plus, afin de lui donner le temps de se tourner de bord.
« Je ne peux pas (rester en prison). J'ai un contrat de chansons à faire à compter de dimanche à Québec », a indiqué la dame.
« Je n'ai pas porté plainte contre mon ancien impresario, car nous avons fait de la musique ensemble et parce que j'ai aimé cet homme », a-t-elle ajouté.
Elle a poursuivi en chantant : « Je vous aime, je vous adore », avant de voir son procureur lui demander d'arrêter, car elle se trouvait au tribunal. « Il faut bien mettre un peu de baume dans nos coeurs », a-t-elle conclu, sans être en mesure de récupérer son système de son.