Le juge Pierre Simard a accepté la suggestion commune de neuf mois en collectivité, en plus de devoir effectuer 100 heures de travaux communautaires et de rembourser les victimes.

Une fraudeuse évite la prison

En l’espace de quelques mois, la Chicoutimienne Sarah-Kate Boily-Tremblay est parvenue à frauder quelques commerces d’une somme totale de 10 787,41 $ en empruntant les informations de cartes de crédit des clients. Elle remboursera tout le monde.

Le juge Pierre Simard, de la Cour du Québec, a entériné la suggestion commune de Me Jean-Sébastien Lebel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et de Me Luc Tourangeau, en défense.

La femme de 27 ans est condamnée à une peine de neuf mois à purger en collectivité, elle devra effectuer 100 heures de travaux communautaires et devra aviser son employeur actuel et ses futurs employeurs de ses antécédents judiciaires. Et surtout, elle devra rembourser ses victimes.

En juillet 2015, la travailleuse a réussi à soutirer 5552,60 $ à des clients alors qu’elle était employée à la boutique La Senza.

Ensuite, en l’espace de quelques mois, elle a commis d’autres fraudes à hauteur de 3624,54 $, alors qu’elle était à l’emploi de Mobile Expert et a finalement fraudé Capital One (carte de crédit) de 794,52 $, Dynamite de 68,19 $ et de 309,99 $ et Simons de 442,58 $, pour un total de 10 787,41 $

« Le stratagème était toujours le même. Elle volait les données des cartes de crédit des clientes et en profitait pour s’acheter des biens personnels. Et l’accusée est allée jusqu’à mettre des photographies de ce qu’elle s’était procuré sur les réseaux sociaux », a expliqué Me Lebel.

« Alors qu’elle était enquêtée pour les premières fraudes, elle en a commis d’autres », de dire le procureur de la Couronne.

Questionnée sur les raisons qui l’ont poussée à agir ainsi, Boily-Tremblay, qui a essuyé quelques sanglots, a dit ne pas comprendre ce qui s’est passé. Sauf qu’elle voulait posséder plus de biens.

« Je n’étais pas dans le besoin. Je n’avais pas d’enfant à nourrir et je n’avais pas de difficultés à manger. Je m’en veux pour ce que j’ai fait et j’y pense chaque jour. Pourquoi ai-je fait ça ? Ça m’aidait à me donner l’impression d’être capable d’en avoir plus. C’était un moyen facile de me procurer des biens », a mentionné la jeune femme.

« Lorsque j’ai fait ça, je n’avais pas conscience de tout le mal que je faisais autour de moi, aux entreprises pour lesquelles je travaillais. J’ai trompé la confiance que les gens pouvaient avoir envers moi », dit celle qui a étudié dans le domaine de la vente.

Boily-Tremblay n’a pas avisé ses proches immédiatement des enquêtes qui étaient menées à son endroit. Mais après le dépôt des accusations, son conjoint et ses parents ont été mis au courant de la situation.

Remboursement

Le juge Simard a émis de nombreuses conditions à Sarah-Kate Boily-Tremblay dans le cadre de la sentence.

La femme sera confinée à résidence 24 heures sur 24 pour les trois premiers mois de la peine, ensuite de 21 h à 7 h (trois mois) et de minuit à 7 h (trois mois), sauf pour le travail, les présences à la probation ou pour urgence médicale.

Elle ne pourra occuper un emploi qui impliquera la manipulation de cartes de crédit, de débit, de chèques ou de traites bancaires.

Autre élément important : la cliente de Me Tourangeau s’est engagée devant le tribunal à rembourser les entreprises flouées durant cette période.

« En ce qui me concerne, je ne peux pas emprunter une bonne somme d’argent. Ma mère a pris la décision de m’aider. C’est elle qui va rembourser la somme totale, et je verrai ensuite à lui remettre l’argent », a indiqué Boily-Tremblay.

Le magistrat a accepté la suggestion commune et a parlé d’un abus de confiance et de gestes posés de manière sournoise.

« Ce qui est répréhensible aussi, c’est que ce fut répétitif. Il y a encore du travail à faire sur vous, un travail que vous auriez dû commencer il y a un certain temps », a conclu le juge Simard.