Dominic Gagnon, agent à la prévention et aux communications du Service de police de Saguenay.

Une évaluation psychiatrique demandée pour celui qui a foncé sur un homme avec sa voiture

Jessy Gravel, 21 ans, devra subir une évaluation psychiatrique, à la demande commune de la Couronne et de la défense, afin de déterminer sa responsabilité criminelle à la suite d’une altercation entre deux ex-conjoints d’une femme qui a dégénéré, mercredi soir, à Jonquière. Le jeune homme aurait foncé sur l’autre homme avec son véhicule, avant de prendre la fuite, faisant perdre le contrôle à une auto-patrouille lors d’une poursuite, et crevé des pneus à l’aide d’un couteau de chasse, sous les yeux des agents.

Le jeune homme qui réside à Jonquière, sur la rue Francoeur, fait face à dix chefs d’accusation après les événements qui sont survenus vers 20h15, sur le boulevard du Royaume, près de la jonction de l’autoroute 70, en direction de Larouche.

Jessy Gravel, qui était auparavant inconnu des services policiers, fait maintenant face à des accusations de harcèlement criminel, d’avoir proféré des menaces de mort, de voies de fait armées, de conduite dangereuse, d’entrave au travail des policiers, d’avoir omis d’arrêter son véhicule et de méfait de moins de 5000 $ sur deux automobiles.

Le jeune homme a comparu devant le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, jeudi en après-midi, au Palais de justice de Chicoutimi, fixant le vide devant lui.

Mercredi soir, les policiers ont tout d’abord été appelés afin d’expulser Jessy Gravel de la résidence de son ex-conjointe. « Quand les policiers sont arrivés, l’individu était sur place. Il n’a pas voulu parler aux policiers, il a quitté avec son véhicule », a expliqué Dominic Gagnon, agent à la prévention et aux communications du Service de police de Saguenay (SPS), jeudi.

Il fuit et revient sur les lieux

Pendant que les agents rencontraient la plaignante à l’intérieur de la résidence, un autre ex-conjoint de la femme s’est présenté sur les lieux. Jessy Gravel serait revenu sur place et une altercation verbale aurait éclaté entre les deux hommes, à l’extérieur.

« Il a foncé sur lui avec son véhicule. L’individu n’a pas été blessé, car il s’est paré avec les mains, sur le capot du véhicule », a poursuivi l’agent Gagnon. Le jeune homme aurait ensuite pris la fuite à bord de son véhicule, en direction de Larouche, en empruntant le chemin Saint-André.

Selon ce qu’il a été possible d’apprendre lors la comparution de l’accusé, la poursuite aurait atteint jusqu’à 150 km/h, dans des zones de 70 km/h, faisant perdre le contrôle à une auto-patrouille. Les agents n’ont cependant pas été blessés lors de la sortie de route. Pendant la poursuite, les agents étaient en communication avec le jeune homme, qui aurait demandé à plusieurs reprises aux policiers de le tuer, au lieu de l’arrêter.

Jessy Gravel aurait ensuite rebroussé chemin vers la résidence de son ex-conjointe, où il a été arrêté, vers 21h30. Il n’a pas résisté à son arrestation.

Au cours des événements, le jeune homme aurait même utilisé un couteau de chasse pour crever des pneus des véhicules de son ex-conjointe et de l’autre ex-conjoint impliqué, sous le regard des policiers, a exposé Me Sébastien Vallée, de la Couronne.

Il a rapporté les propos de l’ex-conjointe de Jessy Gravel, qui a soutenu que sa santé mentale s’était détériorée depuis la séparation, le jeune homme faisant preuve d’instabilité, d’impulsivité et d’agressivité.

Diagnostic d’épilepsie

Me Nicolas Gagnon, de l’Aide juridique, a ajouté que les parents du jeune homme avaient remarqué un changement subi dans son comportement, depuis qu’il consommait le médicament Epival, depuis le début de 2018, après avoir reçu un diagnostic d’épilepsie. Des antécédents familiaux de problèmes de santé mentale, de bipolarité diagnostiquée tardivement, notamment, laissent également croire à ses proches qu’il pourrait souffrir de problèmes de santé mentale qui n’ont pas été diagnostiqués.

Pour ces raisons, les deux parties ont demandé, de façon conjointe, à ce que Jessy Gravel subisse une évaluation psychiatrique pour déterminer sa responsabilité criminelle, demande à laquelle le juge Richard P. Daoust a consenti. Un plaidoyer de non-culpabilité a été enregistré pour tous les chefs d’accusation.

Jessy Gravel sera ainsi détenu à l’unité psychiatrique de l’hôpital de Chicoutimi et sera de retour devant le tribunal, dès que le rapport d’évaluation sera complété, au plus tard le 1er février.

Me Nicolas Gagnon, de l’Aide juridique, a souligné qu’il est peu fréquent que la Couronne et la défense demandent de façon commune une évaluation psychiatrique pour déterminer la responsabilité criminelle d’un accusé.

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UNE DEMANDE CONJOINTE PEU FRÉQUENTE

Il est peu fréquent que la Couronne et la défense demandent de façon conjointe une évaluation psychiatrique pour déterminer la responsabilité criminelle d’un accusé, a souligné l’avocat de Jessy Gravel, Me Nicolas Gagnon.

« Ça témoigne de la nature assez spécifique du dossier », a exprimé Me Gagnon, de l’Aide juridique, en mêlée de presse.

Il a précisé que son client consentait à recevoir des soins. « Dans son état actuel, il est conscient qu’il y a quelque chose de mal qui va dans sa tête, il est conscient de son état de santé, qui est assez fragile. »

« Il consent d’aller à l’hôpital, c’est ça l’idéal, a-t-il poursuivi. Je pense que tout le monde ici est conscient qu’une personne qui n’a aucun antécédent judiciaire ne va pas éclater du jour au lendemain pour faire des événements aussi spectaculaires. »

Une situation qui est également difficile pour les parents du jeune homme, qui étaient présents lors de sa comparution au Palais de justice de Chicoutimi, jeudi après-midi.

Me Sébastien Vallée, de la Couronne, a pour sa part indiqué que le rapport rédigé permettra d’obtenir un portrait clair de la situation. « L’évaluation sur la responsabilité criminelle fait en sorte que la personne est amenée à l’hôpital, où elle est sous la garde du service hospitalier. Le médecin, un médecin psychiatre, bien évidemment, rencontre la personne et rédige un rapport », a-t-il expliqué.