Billy Beaudreault passera les prochaines années dans un pénitencier.

Une dette de 100$ mène Beaudreault au pénitencier

Billy Beaudreault, ce jeune homme qui a laissé pour morte sa victime pour récupérer une dette de 100 $, a pris le chemin du pénitencier, jeudi, au Palais de justice de Chicoutimi.

Le jeune homme de 20 ans a reçu une peine de quatre ans et huit mois pour introduction par effraction, voies de fait armées, complot, vol, menaces et méfaits. Son avocat, Me Charles Cantin, analyse la possibilité de porter le jugement en appel.

En novembre 2016, Beaudreault et quatre de ses amis se sont rendus au domicile de la victime en pleine nuit. Les complices ont utilisé un bâton pour frapper l’homme qui dormait. Au moins un des complices croyait que la victime était décédée lorsqu’ils ont quitté les lieux.

« Les circonstances entourant cette affaire sont particulièrement troublantes. Ainsi, l’accusé, en tant que leader, commande et planifie l’attaque chez la victime en raison d’une supposée dette de 100 $, ce qui démontre un non-respect pour la vie et la sécurité d’autrui. Il offre de l’argent à ses complices. La victime est impuissante, étant agressée par cinq personnes. Elle est laissée pour morte. Des mineurs sont entraînés dans l’aventure. L’accusé nettoie l’arme après l’agression et vole tout ce qu’il peut prendre dans le logement », a déclaré le juge Lortie.

Aujourd’hui, la victime souffre encore de séquelles psychologiques et physiques de cet événement, notamment de problèmes à la mâchoire et à un genou. 

L’avocat de Beaudreault, Me Charles Cantin, proposait 27 mois de détention en se basant sur le principe de parité. Un de ses complices de cette agression a obtenu une peine d’environ deux ans pour ce même événement. Le ministère public réclamait près de huit ans de prison pour ces délits.

Le juge Pierre Lortie semble avoir tranché entre les deux suggestions.

« C’est un jugement à la Salomon. Je visais la parité, car les deux personnes avaient le même profil. Et l’autre accusé avait échoué sa thérapie, alors que mon client l’a réussi, ce qui jouait en sa faveur à mon avis », a exprimé Me Cantin. 

« C’est un crime très grave. Il faut se souvenir que c’est une invasion de domicile et une personne a été laissée pour morte. Et ça, pour 100 $. Il y a les séquelles physiques, mais aussi psychologiques, notamment le sentiment d’insécurité », a insisté Me Michaël Bourget, représentant du ministère public.  

Me Cantin évaluera dans les prochains jours la possibilité de porter le jugement en appel, principalement sur la quantité de détention préventive réalisée par Beaudreault. Le juge Pierre Lortie n’a pas considéré la thérapie de six mois comme une forme d’emprisonnement effectuée pendant les procédures judiciaires.

« La preuve ne précise pas le degré d’encadrement durant la thérapie. Dans ce contexte, le Tribunal n’accordera pas un crédit mathématique, mais, tel que recommandé par la poursuite, tiendra compte de cet élément comme une circonstance atténuante », a expliqué le magistrat.