Luc Girard compte six conduites avec les facultés affaiblies, un refus de se soumettre à un test de détection d’alcool et deux conduites pendant interdiction.

Une dernière chance de s'en sortir

Le multirécidiviste de l’alcool au volant, Luc Girard, de Saint-Ambroise, obtient une dernière chance d’éviter une longue peine de détention. S’il réussit une thérapie de six mois, le tribunal en tiendra compte, et s’il échoue, il se retrouvera derrière les barreaux pour de nombreux mois.

L’individu de 39 ans a plaidé coupable, vendredi matin, à une accusation de garde et contrôle de son véhicule alors que ses facultés étaient affaiblies par l’alcool, et d’une conduite pendant une interdiction de sept années, qui était entrée en vigueur en 2012. Un avis de récidive a été signifié et cela implique que la peine imposée sera au minimum de quatre mois. 

Il faut savoir que Girard a été condamné à 19 mois de détention en 2010 pour sa dernière faculté affaiblie et que la prochaine peine pourrait être plus importante.

Bien assis dans le box des accusés, le client de Me Jean-Marc Fradette avait un air de découragement, d’autant plus que sa mère, sa copine actuelle et son ex-conjointe se trouvaient dans la salle d’audience.

Le dernier événement reproché à Girard s’est déroulé vers 6 h 20, le 30 mars, dans un rang à Labrecque. Un témoin a aperçu une camionnette montée sur une falaise de neige. L’homme a communiqué avec les secours qui lui ont demandé de vérifier si quelqu’un se trouvait à bord.

Girard y était profondément endormi. À leur arrivée, les policiers ont même eu de la difficulté à le réveiller. Au poste de la Sûreté du Québec, il a soufflé des taux de .173 et de .163, plus de deux fois la limite autorisée. 

Après l’enregistrement des plaidoyers de culpabilité, le criminaliste a demandé à ce que son client soit dirigé vers la Maison Carignan, à Trois-Rivières, pour une période de 25 semaines au minimum.

Sa mère est d’ailleurs venue témoigner en ce sens. Elle estime que son fils a besoin d’une thérapie et que la prison n’est pas sa place.

« Je n’approuve pas ce qu’il a fait. Je suis même en colère. Mais vous devez savoir qu’il a été élevé par un père alcoolique et violent et par une mère qui vivait des dépressions. Depuis l’âge de neuf ans, Luc travaille sept jours par semaine et travaille de 16 à 20 heures par jour. Je lui demande pardon pour les parents qu’il a eus. Mais maintenant, il doit travailler sur lui. Il a un problème important et grave d’alcoolisme », a témoigné la maman.

Luc Girard a mentionné au tribunal vouloir se reprendre en main avant qu’il ne soit trop tard. Il est conscient qu’il est chanceux de ne pas avoir perdu la vie ou de ne pas avoir enlevé la vie à d’autres personnes en raison de sa façon d’agir.

L’homme semble vouloir cesser sa consommation d’alcool, qui n’a fait que lui attirer des ennuis. 

« Je n’ai jamais fait de thérapie. Je n’avais pas le temps. J’étais toujours occupé. Je crois qu’il est temps que je me prenne en main. L’alcool a nui à ma vie. Je suis en train de tout perdre. J’ai perdu ma conjointe et si ça continue je vais perdre ma compagnie », a mentionné Girard.

L’individu compte six conduites avec les facultés affaiblies, un refus de se soumettre à un test de détection d’alcool et deux conduites pendant interdiction. Il est encore sous une interdiction de conduire de sept années, qui était entrée en vigueur en 2012.

Mais actuellement, Girard détient une dernière chance de démontrer au tribunal qu’il veut reprendre le droit chemin.

« Il serait facile pour moi de refuser de vous envoyer en thérapie. Je pourrais vous infliger une peine fédérale et régler le dossier en quelques minutes », lance le juge Boudreault.

« Vous avez étiré l’élastique jusqu’au bout et il vient de vous péter en pleine face. Je vais vous envoyer en thérapie. C’est votre dernière chance. Je vais en quelque sorte vous laisser le soin de décider de votre peine. Dans la sentence, je vais tenir compte de la réussite de la thérapie, mais si vous ne réussissez pas, je vais en tenir compte aussi », explique le juge.

Michel Boudreault a aussi passé un message clair à l’accusé en lui disant qu’il n’avait pas le droit de faire souffrir son fils comme il le fait présentement.