Une chicane de voisins continue

La chicane entre les voisins de Shipshaw, Pierre Pilote et Yvon Roy, semble loin de s’estomper. Pilote a de nouveau été arrêté et accusé de bris de condition et de voies de fait pour une histoire de bâton lancé sur le terrain de son voisin.

L’homme de 51 ans a comparu mercredi au Palais de justice de Chicoutimi devant le juge Michel Boudreault, de la Cour du Québec.

Le client de Me Julien Boulianne a été en mesure de recouvrer sa liberté en fin d’après-midi, mais les conditions imposées sont importantes. Il a dû faire un dépôt de 200 $, s’engager à garder la paix, à ne pas communiquer avec son voisin, ne pas l’importuner. Il doit absolument laisser la première barrière du terrain ouverte en tout temps.

Et jusqu’à la tenue du procès, le 9 octobre, Pierre Pilote ne pourra demeurer chez lui et y travailler (il a son entreprise dans le garage), sauf pour la période du 4 au 19 septembre, car il se marie et tiendra la réception chez lui.

Ce nouvel épisode judiciaire fait suite à une histoire de bâton. L’accusé s’amusait avec un chien. L’animal devait ramener le bâton lancé. Celui-ci s’est retrouvé à une vingtaine de pieds du voisin, qui a porté plainte pour voies de fait. Pierre Pilote a en plus été accusé de bris d’engagement, lui qui s’était engagé à ne pas importuner le voisin.

Me Julien Boulianne a été en mesure de remettre Pierre Pilote en liberté en prévision de son mariage.

Conflit
Cette chicane de voisinage dure depuis quelques années. Le plaignant au dossier, Yvon Roy, demeure derrière la résidence de l’accusé, située sur la rue Delisle, dans le secteur de Shipshaw. Lorsque M. Roy veut accéder à sa maison, il doit passer sur le terrain de son voisin. Il a obtenu ce droit avec un acte notarié.

La situation ne semblait pas causer de problèmes jusqu’au moment où Pierre Pilote a pris la décision, tout en avisant son voisin, d’ériger une clôture autour de sa propriété, afin d’éviter notamment que le chien ne se rende sur le terrain de M. Roy.

Pilote a profité de l’occasion pour installer deux barrières, lesquelles empiétaient sur le terrain où le droit de passage avait été accordé.

La présence de ces barrières obligeait Yvon Roy à les ouvrir avant d’avoir accès à son domicile. Chaque fois qu’il voulait entrer ou sortir, il devait débarquer de son véhicule, ouvrir et fermer les barrières.

Sans être devin, il fallait bien croire que la situation était pour s’envenimer. Ce qui s’est produit.

Les deux parties épient leurs moindres faits et gestes depuis ce temps. Une action civile a été intentée par M. Roy à l’endroit de M. Pilote.

Et il y a quelques mois, Yvon Roy a déposé des plaintes au criminel pour voies de fait, harcèlement et méfait de la part de Pierre Pilote.

Il y a deux mois, le 28 juin 2018, le dossier est revenu devant le juge Rosaire Larouche, de la Cour du Québec. Avant de tenir le procès pour les accusations criminelles contre Pilote, les procureurs au dossier, Me Nicole Ouellet, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et Me Charles Cantin, en défense, ont suggéré une rencontre de médiation ou de facilitation avec le juge coordonnateur.

Le magistrat avait apprécié l’initiative, estimant qu’il n’était pas normal que des voisins installent des caméras de surveillance afin d’épier les moindres faits et gestes de l’autre.

Le dossier du mois de juin avait été remis en octobre et le juge Larouche avait dit espérer un climat de sérénité entre les deux individus.

Il semble bien que ça n’ait pas fonctionné.

offre
Selon les informations obtenues, Pierre Pilote aurait voulu régler une partie du problème en mettant en place un nouvel accès au domicile d’Yvon Roy.

Le couple Pilote-Brassard (Nadia) aurait même offert de payer une bonne partie de la facture pour la mise en place d’un nouveau chemin d’accès sans avoir à passer par le terrain actuel.

L’offre aurait été refusée à trois reprises.

Les parties se retrouveront devant le tribunal le 9 octobre.

D’ici là, ils n’ont pas le droit de s’adresser la parole.