Le juge Michel Boudreault
Le juge Michel Boudreault

Une chicane de voisines se transporte devant le juge

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Une chicane entre deux voisines qui résident dans un immeuble à logements de Saguenay s’est transportée devant la cour, vendredi dernier, au Palais de justice de Chicoutimi. L’une des dames accuse sa voisine de l’avoir poussée et de lui avoir fait un doigt d’honneur, alors que l’autre femme se défend de simplement avoir voulu faire respecter les règles de distanciation sociale.

Les deux femmes d’un certain âge se sont présentées devant le juge de la Cour du Québec, Michel Boudreault, vendredi dernier. L’une des femmes désire que le magistrat ordonne à sa voisine de ne pas l’approcher, puisqu’elle craint pour sa sécurité (article 810). Il ne s’agit donc pas d’accusations déposées à proprement parler.

Les faits reprochés à la voisine se seraient déroulés au cours des derniers mois. La dénonciatrice explique que sa voisine l’a poussée dans son appartement à un moment et lui a fait un doigt d’honneur à une autre occasion, disant aux autres voisins qu’elle était alcoolique.

La dénonciatrice dit avoir peur.

La dame visée par ces allégations a dit ne pas trop comprendre pour quelle raison elle avait été convoquée en cour. Lorsque le juge lui a demandé si elle l’avait bel et bien poussée, la femme a répondu que non, qu’elle voulait simplement faire respecter la règle du deux mètres. À la question si elle lui avait fait un doigt d’honneur, elle a répondu qu’elle ajustait souvent ses lunettes avec le majeur, ce qui a pu porter à confusion.

Les deux voisines devront revenir en cour à la fin du mois d’août, pour débattre de la question. Le juge Michel Boudreault décidera ensuite si l’émission d’un 810 est nécessaire.

Qu’est-ce qu’un «810»?

Un « 810 » est un engagement de ne pas troubler l’ordre public. C’est une promesse écrite qui est signée devant un juge. On l’appelle « 810 » en raison de l’article du Code criminel auquel il fait référence.

Un « 810 » peut aussi être ordonné quand une personne en craint une autre, même si aucun crime n’a été commis. La personne faisant l’objet d’un « 810 » doit alors s’engager à ne pas entrer en contact avec l’autre.

Lorsqu’un juge ordonne un « 810 », il reconnaît que le plaignant avait raison d’avoir peur. Toutefois, la personne qui signe un « 810 » n’est pas reconnue coupable d’un crime et n’aura pas de casier judiciaire.