Une pancarte a été retrouvée tôt lundi matin sur le parvis de l'église de Saint-Honoré.

Une autre pancarte haineuse à Saint-Honoré

La ville de Saint-Honoré n'a pas apprécié que son nom soit propagé aux quatre coins du Canada avec la pancarte « Saguenay ville blanche » à l'entrée du cimetière et a rapidement fait disparaître une nouvelle affiche du même genre qui a été retrouvée très tôt lundi matin sur le parvis de l'église.
Ce second message haineux s'adresse directement à la communauté musulmane régionale. Il s'agit d'une réponse à la décision de l'Association islamique du Saguenay-Lac-Saint-Jean qui a décidé de reprendre les discussions avec les gestionnaires du cimetière Saguenay situé dans les limites de la municipalité.
Joint lundi alors qu'il était à l'extérieur de la région, le maire Bruno Tremblay, qui a vivement dénoncé la première affiche raciste installée à l'entrée du cimetière la semaine dernière, n'était pas véritablement au fait de l'histoire. Il avait brièvement discuté avec le directeur. Les propos du maire laissaient entendre que tout était normal à Saint-Honoré.
Le Quotidien s'est rendu sur place afin de vérifier le contenu de ce second message mis bien en vue sur le parvis de l'église. La réceptionniste ainsi que l'une des employées ont indiqué au Quotidien qu'il n'y avait personne « pour commenter l'affaire de l'affiche », confirmant ainsi qu'il y avait effectivement une deuxième affiche dans le portrait.
Un employé croisé au garage municipal quelques minutes plus tard a expliqué que l'affiche récupérée le matin avait été déplacée à l'hôtel de ville. Il ne semblait pas vraiment préoccupé par cette nouvelle affaire.
Le projet de cimetière musulman à l'intérieur du cimetière Saguenay de Saint-Honoré a été initié il y a deux ans par l'association islamique et la direction de l'Alliance funéraire du Royaume, qui gère les cimetières pour la Corporation des cimetières catholiques de Chicoutimi. Des discussions ont été entreprises et ont été arrêtées. Le président de l'association, Mustapha Elayoubi, a expliqué au Quotidien que le projet avait été arrêté en raison des problèmes avec l'édifice de la mosquée du 555 de la rue Bégin et qui nécessitaient des interventions plus urgentes de la part des responsables.
La direction de la corporation avait proposé à la communauté d'identifier une zone spécifique à l'intérieur du cimetière actuel. L'évêque du diocèse de Chicoutimi avait de son côté donné la permission à la corporation d'accueillir un cimetière d'une confession autre à Saint-Honoré. Il n'y a donc plus aucun obstacle à la réalisation de ce projet qui ne demande aucune modification de zonage.
Le maire de Saint-Honoré, Bruno Tremblay, a vivement dénoncé les actes posés la semaine dernière et ne s'oppose aucunement à la création d'un cimetière d'une autre confession à l'intérieur de celui qui accueille les défunts catholiques.
Le capitaine de la Sécurité publique de Saguenay, Marc Sénéchal, confirme la tenue d'une enquête policière pour intimidation, en lien avec des tracts laissés sur l'immeuble de l'Association islamique régionale ainsi qu'une voiture stationnée à proximité de l'immeuble.
Enquête sur La Meute
Le capitaine Marc Sénéchal de la Sécurité publique de Saguenay a de son côté confirmé la tenue d'une enquête policière pour intimidation. Il s'agit d'une enquête en lien avec le groupe de droite La Meute pour des tracts laissés sur l'immeuble de l'Association islamique de la région ainsi qu'une voiture stationnée à proximité de l'immeuble.
Le document en question portait l'inscription « NON À TOUTES SORTES D'ACCOMODEMENTS RELIGIEUX - ICI C'EST LA LAÏCITÉ, SANS COMPROMIS ! La Meute ». Ce document ne prouve toutefois pas que le geste est l'oeuvre d'un membre de ce groupe qui est actif en ce moment.
Le capitaine Sénéchal n'a toutefois pas commenté le contenu de l'enquête. Il a rappelé que pour le moment, aucun dossier n'a été transmis à la Direction des poursuites criminelles et pénales.
Les dirigeants de La Meute n'ont cependant pas apprécié que les policiers s'intéressent à leurs activités. Le porte-parole de La Meute Éric Proulx a cru nécessaire de lancer un message sur la page Facebook du Clan 02 de La Meute. Il conseille aux membres d'éviter de poser des gestes de cette nature tout en confirmant avoir été contacté par les policiers.
La même organisation n'accepte pas que certaines entreprises de la région produisent des denrées alimentaires destinées à des religions spécifiques. C'est le cas de la Laiterie de la Baie qui fabrique des produits destinés aux marchés de l'alimentation halals et cachères.