Alexandra Gauthier a appris, grâce à un utilisateur du site de rencontres Jalf, qu’un faux profil utilise son nom et sa photo.

Une Almatoise se retrouve sur un site osé à son insu

Une jeune femme d’Alma lance un appel à la vigilance quant au vol d’identité sur les réseaux sociaux après que sa photo se soit retrouvée accolée à un faux compte sur le site de rencontres www.jalf.com. Le pirate aurait opéré à partir de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix. La Sûreté du Québec (SQ) mène une enquête.

Le site Internet Jouer avec le fantasme, dont l’acronyme est Jalf, se présente comme une plate-forme de rencontres « pour adultes libertins, coquins, ou tout simplement curieux, qui veulent réaliser leurs fantasmes de façon réelle ou virtuelle et sans tabous ».

Il y a moins d’une semaine, Alexandra Gauthier a appris, d’une manière inusitée, que des photos tirées de son profil Facebook et son nom étaient à la base d’un profil sur ce site dont elle ne connaissait nullement l’existence.

La jeune femme a reçu une demande d’ajout sur l’application Snapchat qu’elle utilise avec moins d’une vingtaine de personnes, lundi matin. L’utilisateur, qui se présentait sous le prénom de Kevin, lui a alors proposé de poursuivre la conversation amorcée sur le site Internet Jalf.

L’individu de Jonquière aurait discuté précédemment avec le profil relié au pseudonyme alexagothxxx qui affirmait vouloir vivre de nouvelles aventures sexuelles. Il n’aura fallu que d’un bref moment avant que les deux interlocuteurs réalisent le piège. L’utilisateur du Saguenay a rapidement signalé le faux compte qui a été bloqué, sur-le-champ.

Le site Internet Jouer avec le fantasme, dont l’acronyme est Jalf, se présente comme une plate-forme de rencontre « pour adultes libertins, coquins, ou tout simplement curieux, qui veulent réaliser leurs fantasmes de façon réelle ou virtuelle et sans tabous ».

De son côté, Alexandra Gauthier n’a pas hésité à contacter le soutien technique du site Internet ainsi que la SQ qui confirme qu’une enquête est en cours.

Une discussion avec les administrateurs régionaux du site aurait permis de localiser, grâce à l’adresse IP, le pirate. Son emplacement correspondrait à la municipalité de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix.

Originaire de ce secteur du Lac-Saint-Jean, la jeune femme se dit concernée par l’origine du pirate. « J’habite à Alma, mais j’aurais peur de me promener dans ce coin. Est-ce quelqu’un que je connais, quelqu’un de jaloux ou une personne qui a voulu faire son drôle ? Je ne sais pas », exprime celle qui affirme mener ce combat, notamment, en raison de la proximité du pirate.

Rien ne permet de savoir pendant combien de temps le faux profil a été actif. « Même si les photos ne sont pas osées, c’est quand même mon identité qui est en cause. J’ai un nom et une image qui sont importants. Je travaille en garderie. Un parent qui y apporte son enfant pourrait me reconnaître et m’associer à ce site, sans raison », explique celle qui se désole des possibles dommages envers sa réputation.

Selon ce qu’il a été permis d’apprendre, l’Almatoise ne serait pas la seule victime alors que d’autres filles du Lac-Saint-Jean auraient subi le même sort.

La jeune femme déplore que les problématiques vécues sur le Web ne soient pas réellement prises au sérieux. « On voit beaucoup de sensibilisation. Pourtant, quand on cherche de l’aide, ça semble compliqué », conclut-elle.

Des cas de plus en plus fréquents

De son côté, l’avocat criminaliste Jean-Marc Fradette est d’avis que « même si cela fait une vingtaine d’années qu’on apprend à vivre avec Internet, on est dans les premiers balbutiements des accusations criminelles reliées aux médias sociaux et à Internet ».

« Il n’y a pas de tort à innover à retracer les articles du Code criminel qui peuvent s’appliquer à ces situations qui sont de plus en plus fréquentes depuis quelques années et on n’a pas fini d’en voir », ajoute-t-il.