Stéphane Larouche fait face à des accusations d'agression sexuelle sur une femme âgée vulnérable.

Une agression ou un rêve ?

Stéphane Larouche, un individu de 45 ans accusé d'avoir agressé sexuellement une personne vulnérable sous curatelle, aurait été ciblé par sa victime qui avait mentionné vouloir aussi s'en prendre à un autre individu pour son orientation sexuelle.
Le procès de l'individu a repris mercredi matin, au Palais de justice de Chicoutimi. Le premier témoin entendu a été la victime elle-même, qui avait enregistré sur une bande vidéo sa déposition. 
Le juge Pierre Lortie, de la Cour du Québec, chambre criminelle, a accepté à la demande de la poursuite que l'audition du témoignage de même que le   contre-interrogatoire mené par Me Jean-Claude Ouellet se fassent à huis clos.
Les médias ont de plus accepté volontairement de ne pas assister à cette partie du procès alors que le juge Lortie voulait prendre un temps de réflexion avant de décréter un huis clos complet. Tout le volet de ce témoignage, incluant le contre-interrogatoire, a pris fin en milieu d'après-midi. 
Le juge avait toutefois exigé que le témoignage vidéo de la victime soit remis aux journalistes dès la fin de la présentation en cour.
Récit détaillé
Dans cette déposition faite en présence de l'enquêteure Katie Cantin, de la Sécurité publique de Saguenay, la plaignante raconte avec beaucoup de précision les gestes qu'elle reproche à Stéphane Larouche. 
Selon son récit, elle lui aurait même fait remarquer pendant l'agression qu'il était marié, et que sa femme ne serait possiblement pas très contente de connaître cette histoire. « Qu'est-ce qu'elle va penser de ça ta femme ? », a questionné la victime.
Elle raconte aussi ses échanges avec Larouche lorsque ce dernier lui aurait demandé de lui faire une fellation après qu'il lui ait fait des attouchements aux parties génitales. « Il s'est mis à genou dans le lit et il voulait que je le suce. Après, il s'est levé et est parti. Il était tout nu », a ajouté la femme dans la déposition vidéo où elle a relaté les faits qui seraient survenus dans la nuit du 6 au 7 mars 2015.
La policière est revenue sur certains éléments du récit de façon à obtenir des précisions. Ces retours ont amené la victime à demander à la policière si elle croyait qu'elle avait rêvé les événements. 
« Pour vous, vous pensez que j'ai rêvé à ça », a-t-elle dit à la policière. L'enquêteure voulait s'assurer qu'il ne s'agissait pas de la même situation que celle racontée par la même plaignante quelques jours plus tôt concernant un rêve pendant lequel Stéphane Larouche lui faisait l'amour. 
Il a donc été possible d'assister à la déposition d'un premier témoin dont nous ne pouvons révéler l'identité afin de ne pas permettre l'identification de la prétendue victime dans cette affaire.
La femme a donc raconté devant la cour que quelques jours avant l'agression alléguée, en mars 2015, elle était en présence de l'accusé Stéphane Larouche et de la victime lorsque cette dernière a confié qu'elle avait « rêvé que Stéphane lui faisait l'amour ». Le principal intéressé aurait répliqué sans attendre qu'il n'était pas question que cette situation se produise puisqu'il était marié et avait des enfants.
Cette brève conversation aurait eu lieu dans la cuisine quelques jours avant le vendredi 6 mars 2015. Selon les allégations de la victime, c'est dans la nuit du 6 au 7 mars que Dufour aurait commis son agression sexuelle en la rejoignant dans son lit.
Crainte
La témoin entendue mercredi a raconté que ce n'est que le mardi suivant, le 10 mars, que la plaignante lui aurait confirmé avoir été victime de l'agression de la part de Stéphane Larouche. Elle mentionnait de plus craindre les répercussions si jamais elle dénonçait son agresseur. Avant de faire cette révélation aux personnes de son entourage, elle avait contacté la personne responsable de la curatelle pour l'informer de la situation.
Immédiatement après les révélations, les policiers de Saguenay ont entrepris une enquête en rencontrant les principaux témoins des allégations. Le procureur de la défense a contre-interrogé brièvement le témoin de la poursuite de façon à démontrer que la victime avait un caractère particulier et avait des relations qui présentaient un certain niveau de difficulté avec d'autres patients.
Il a demandé à quelques reprises à la témoin de confirmer les propos de la victime concernant sa volonté de faire du tort à un homme en raison de son orientation sexuelle. Elle aurait de plus mentionné dans des discussions que « jamais un homme ne la toucherait », toujours selon le récit du témoin de la poursuite.
Le procès de Stéphane Larouche devrait reprendre au mois d'août. Les procureurs devront confirmer les dates avec le juge Pierre Lortie dans quelques semaines.