Sophie Bolduc est détenue à la prison de Roberval pour voies de fait sur des policiers et bris de probation.

Une accusée perd patience contre la juge

La Chicoutimienne Sophie Bolduc a exprimé son désarroi et sa colère à la juge Isabelle Boillat parce qu’elle passe beaucoup trop de temps en prison.

La femme d’une trentaine d’années, détenue à la prison de Roberval, s’est présentée au Palais de justice de Chicoutimi, afin de régler un dossier de voies de fait sur des policiers (avoir craché sur un agent) et de bris de probation.

Me Jean-Sébastien Lebel, du bureau du Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), et Me Julien Boulianne, en défense, avaient même une suggestion commune à présenter à la magistrate.

Celle-ci s’apprêtait à l’entériner lorsque Bolduc a commencé à interrompre le procureur de la Couronne et la juge et à y aller de divers commentaires.

« J’en ai assez d’être toujours ici. Ça fait quatre mois que je n’ai pas eu mon chèque (aide sociale). Le propriétaire (de l’immeuble où je demeure) ne veut pas m’aider. Ça fait que je me ramasse icitte», a-t-elle répété à quatre reprises. «L’argent, j’en ai besoin pour vivre et manger », a-t-elle ajouté.

La juge Boillat lui a demandé si elle avait autre chose à ajouter. L’accusée a répondu par la négative, mais n’a pas laissé le temps à qui que ce soit de poursuivre, qu’elle a repris ses invectives.

« Je pourrais bien lever des charges contre l’aide sociale, contre mon propriétaire et même vous. Je ne suis pas une malade mentale. Je suis écoeurée de tout ça. Je veux un hébergement en sortant d’ici et je veux de l’argent. J’en ai plein mon casque de tout ça », a poursuivi Sophie Bolduc.

« C’est rien que de la marde ce que vous dites . Vous avez l’air de vous en foutre de ce qui se passe », a lancé la prévenue à l’endroit de la magistrate.

La juge a pris la décision de retourner l’accusée au bloc cellulaire, le temps qu’elle reprenne ses esprits et qu’elle se calme.

Moins de 30 minutes plus tard, Me Boulianne est revenu au tribunal pour mentionner que sa cliente souriait et qu’elle était disposée à bien faire les choses, même si elle venait de frapper dans les murs du bloc cellulaire.

À son retour, Sophie Bolduc a enregistré des plaidoyers de culpabilité. Elle a été condamnée à 30 jours de détention, moins les six jours de détention préventive.