Me Luc Tourangeau représente l'homme accusé d'agression sexuelle

Une accusation sur fond d'héritage

Une femme qui a envoyé des lettres de chantage à la famille de sa soeur pour obtenir un héritage s'est tournée vers le système judiciaire pour l'accuser d'agression sexuelle à l'âge de 12 ans, en 1973.
Hier, la femme a décrit avoir été abusée sexuellement à trois ou quatre occasions, dont deux relations complètes. Les agressions se seraient étalées sur plusieurs mois et auraient cessé quand la soeur a découvert son conjoint en pleine action avec l'adolescente.
Personne n'aurait parlé de ces événements pendant des décennies, mais la plaignante a accusé le couple de dissimulation, au cours d'une réunion de famille récente concernant les mesures à prendre pour le décès d'un de leurs parents. La plaignante a déclaré qu'elle ne voulait pas que sa soeur participe parce qu'elle n'avait pas dénoncé son conjoint à l'époque où elle était mineure.
Cette révélation retardée a causé un choc dans la famille. Au décès du parent, la plaignante a fait parvenir plusieurs lettres au couple afin d'obtenir leur renonciation à leur part d'héritage en sa faveur, sans quoi elle prendrait les moyens judiciaires pour révéler le passé.
Le couple a refusé la spoliation et la plaignante s'est rendue à la police pour faire une déclaration.
Problèmes de santé mentale
Hier, au procès du conjoint, la plaignante a raconté les événements d'une manière aggravée par rapport à la déclaration faite aux policiers. Questionnée par l'avocat de la défense, Me Luc Tourangeau, la femme a reconnu qu'elle a écrit ces lettres à une époque où elle avait des problèmes de santé mentale, mais qu'elle savait ce qu'elle faisait.
Elle a aussi reconnu avoir fraudé son employeur quelques années auparavant pour une somme importante et a été condamnée à une peine dans la collectivité.
Le juge Rosaire Larouche de la Cour du Québec a eu de la difficulté à suivre la plaignante dans ses raisonnements, lui demandant fréquemment de préciser ses propos.
Deux personnes qui ont assisté à la réunion de famille ont confirmé l'essentiel des échanges et la dispute entre la plaignante et la conjointe de l'accusé.
Le procès continue ce matin avec la version de la défense.