Karl-Emmanuel Villeneuve était un peu plus attentif aux propos prononcés au tribunal. Il est déclaré apte à comparaître et à subir son procès pour le moment, mais il est préférable qu’il demeure sous les soins hospitaliers.

Une accusation de meurtre imminente

Karl-Emmanuel Villeneuve pourrait officiellement être accusé du meurtre d’Alexandre Larouche. Mercredi, après avoir reçu les soins médicaux appropriés, il a été déclaré apte à comparaître et éventuellement à subir son procès.

Le jeune homme de 20 ans est revenu au Palais de justice de Chicoutimi, mercredi après-midi, après être passé devant les membres de la commission d’examen du Tribunal administratif du Québec (TAQ).

Ceux-ci en sont arrivés à la conclusion, après avoir entendu des témoins, qu’il est apte à comparaître. Les membres de la TAQ recommandent toutefois qu’il demeure détenu à l’hôpital de Chicoutimi afin de maintenir son aptitude à comparaître.

« C’est assez rare comme situation. Nous avons dû chercher les articles du Code criminel pour nous assurer de bien comprendre. Il est préférable qu’il soit détenu à l’hôpital afin qu’il maintienne son aptitude. Le juge (Pierre Simard) a accepté sa détention au D-8 en raison des conclusions du rapport. Il est mieux là qu’au Centre de détention de Roberval », explique Me Jean-Marc Fradette.

L’arrestation de Villeneuve fait suite au meurtre d’Alexandre Larouche, survenu dans la maison de sa mère, à Chicoutimi-Nord. Il est soupçonné de cet homicide, mais n’a pas encore été accusé. Il a plutôt été accusé de trafic de cocaïne et de possession d’une arme tronçonnée sans avoir les permis nécessaires.

Au début du mois d’août, les policiers du Service de police de Saguenay (SPS) ont découvert le corps inanimé du jeune Larouche au domicile de sa mère. Une arme à feu aurait servi pour lui enlever la vie. Le meurtre du jeune homme de 22 ans pourrait être relié au milieu criminalisé. Une dette pourrait aussi expliquer ce geste.

Meurtre
Maintenant qu’il est déclaré apte à comparaître et à subir son procès, il est de plus en plus probable qu’une accusation de meurtre soit déposée à son endroit. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) laisse entrevoir cette possibilité depuis quelques semaines. Me Fradette a été avisé que cela pourrait se concrétiser au cours des prochains jours.

« Nous allons réserver l’orientation (à donner dans les dossiers) étant donné que d’autres accusations pourraient être déposées la semaine prochaine. On me laisse entendre qu’une accusation de meurtre pourrait être signifiée, explique Me Fradette. La Couronne laisse toujours cette épée (de Damoclès) au-dessus de la tête de mon client. Ce n’est pas une certitude, mais ça pourrait arriver. Nous venons de recevoir une partie de la preuve dans le dossier », ajoute le criminaliste.

Pour le moment, il est peu probable que l’accusé puisse subir son enquête de remise en liberté à court terme. D’abord, son avocat croit qu’il est préférable que son client demeure sous les soins des médecins afin de maintenir son état de santé. « En raison de son état de santé, qui demande des soins pour encore quelques semaines, je pourrais demander un délai de quelques semaines pour la tenue de l’enquête de remise en liberté. Ça nous permettrait d’offrir à la Couronne des conditions viables pour qu’elle accepte de le remettre en liberté. »

« Mais on est loin de là, car si une accusation de meurtre est déposée, la Couronne ne consentira pas à une remise en liberté », de dire Me Fradette.

Durant sa comparution devant le juge Pierre Simard, Karl-Emmanuel Villeneuve s’est montré un peu plus attentif qu’à sa dernière présence en cour. Cela ne l’a pas empêché d’échanger quelques mots avec un agent correctionnel.

« Sans entrer dans les détails du rapport médical, qui ne peut être dévoilé, je peux vous dire qu’il va beaucoup mieux, que le travail des médecins a été extraordinaire et que la médication a fait son oeuvre. Il y a aussi la quiétude du D-8 qui a aidé. »

« Tout ça me permet de vous dire qu’il va très bien et qu’il comprend les procédures. C’était le seul fardeau à établir devant le TAQ et la cour, à savoir s’il comprend où il est, s’il comprend les accusations et s’il est en mesure d’aider son avocat. La commission (TAQ) a répondu oui à ces questions », conclut Me Jean-Marc Fradette.