Billy Pothier est accusé d’avoir menacé deux inconnus d’une arme à feu et d’un couteau.

Une 2e thérapie pour Billy Pothier

Billy Pothier, ce jeune homme de 20 ans qui aurait menacé deux inconnus armé d’un calibre .12 tronçonné, mardi soir, passera les six prochains mois en thérapie fermée. Alors que le ministère public s’opposait à ce que le Jonquiérois soit libéré pour régler ses problèmes de consommation, puisqu’il craignait pour la sécurité du public, le juge Richard P. Daoust, de la Cour du Québec, a finalement penché du côté de la défense. Ce sera la deuxième thérapie de Billy Pothier en moins de deux ans en lien des problèmes de consommation.

Toute la famille de Billy Pothier était dans la salle d’audience du Palais de justice de Chicoutimi, vendredi, afin d’assister à l’enquête sur remise en liberté de celui qui aura 21 ans le 21 mai. Selon ce qui a été relaté en cour, Billy Pothier aurait téléphoné à une connaissance, mardi soir, afin de le menacer de mort. Il lui aurait dit qu’il s’en allait chez lui pour lui régler son cas. En route, Billy Pothier, armé d’un calibre .12 tronçonné et d’un couteau dont la lame mesurait environ 12 pouces, se serait arrêté devant une résidence de Jonquière, où deux personnes étaient assises sur la galerie. Ces deux personnes, un homme et une femme, n’auraient aucun lien avec Pothier.

«As-tu un problème?», aurait lancé l’accusé à l’attention des deux présumées victimes.

Billy Pothier aurait ensuite monté les marches menant à la galerie, menaçant les deux personnes avec son arme à feu.

«Es-tu prêt à mourir? Et ta blonde, elle, est-tu prête à te voir mourir?», aurait lancé le jeune homme. Billy Pothier aurait ensuite baissé son arme, mais aurait continué ses menaces à la pointe d’un couteau, affirmant qu’il «allait le percer, et qu’il ne serait pas le seul à soir à être percé». La panique se serait évidemment installée, et la femme serait rentrée à l’intérieur, en état de choc.

C’est à ce moment que la conjointe de Pothier serait arrivée, sommant son copain d’arrêter et de laisser tranquille le couple.

Pothier aurait battu en retraite, retournant chez lui. La police, qui avait déjà été alertée par la première présumée victime – l’homme qui avait reçu des menaces par téléphone –, a donc reçu un nouvel appel à l’aide du couple. Selon la procureure de la Couronne, Me Marianne Girard, la femme souffrirait d’un choc post-traumatique.

Billy Pothier a finalement été arrêté chez lui, non loin de là, au petit matin. Il est détenu depuis ce temps. Présumé innocent, le jeune homme a plaidé non coupable.

Problèmes de consommation

Vendredi, lors de son enquête sur remise en liberté, les problèmes de consommation d’alcool de Pothier ont été évoqués en cour. Son avocat, Me Julien Boulianne, a demandé à ce que son client soit envoyé en centre de thérapie, afin de régler ce problème.

Il faut savoir que Billy Pothier a subi une première thérapie fermée, qui s’est terminée en avril 2018, cette fois pour des problèmes de consommation de drogue. Cette thérapie avait été suggérée après que Billy Pothier ait été accusé de méfait. Selon ces propres dires, Billy Pothier consommait alors du cannabis, du crack, de la cocaïne, de l’ecstasy et du buvard. Il prend également une médication quotidienne, notamment un antipsychotique.

Billy Pothier a dit au juge qu’il n’avait pas retouché à la drogue depuis sa première thérapie, ce qui a été confirmé par sa mère, appelée à témoigner, mais qu’il avait développé une dépendance à l’alcool depuis quelques semaines. Il pouvait boire jusqu’à 12 bières chaque soir, mais n’a jamais consommé pendant ses heures de travail, a-t-il assuré.

En larmes, le jeune homme a supplié le juge d’accepter de l’envoyer en thérapie, «puisqu’il voulait en finir avec ça (l’alcool) et avoir une vie de famille». Sa conjointe porte d’ailleurs son enfant.

Si l’accusé a beaucoup pleuré durant son enquête sur remise en liberté, il souriait régulièrement en direction de ses proches, envoyant également des «bisous soufflés» à sa conjointe.

La procureure de la Couronne, Me Marianne Girard, s’est opposée à ce que l’accusé soit envoyé en thérapie. Elle a plaidé que le risque de récidive était important et que la sécurité du public pouvait être compromise, si Pothier sortait de détention. Le jeune homme aura droit à des sorties si sa thérapie se passe bien.

De son côté, Me Boulianne a affirmé que l’accusé était bien supporté par sa famille et que ce genre de thérapie s’apparentait davantage à une détention qu’à une liberté.

Le juge Richard P. Daoust a affirmé que le jeune âge de l’accusé et le fait que sa famille soit à ses côtés étaient encourageants.

Billy Pothier a donc pris le chemin du centre de thérapie L’Envolée, situé à Shefford.

Le rapport de sa thérapie sera déposé en cour le 15 novembre. S’il est reconnu coupable au terme de son procès, Pothier risque une peine de cinq ans de détention, puisque le crime a été perpétré à l’aide d’une arme à feu.